Sarbatoarea Gustului / La fête du goût 2020/2030 pentru educație incluzivă privind alimentația sustenabilă în România.

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Sarbatoarea Gustului / La fête du goût 2020/2030 pour une éducation formelle de Roumanie inclue l’alimentation durable.

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De l’Europe et de Roumanie, traditions plurielles et révolutions délicieuses.

Quelques nouvelles, impressions, réflexions et visions d’hier pour demain.

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Selon le classement final publié par la Commission nationale roumaine pour l’UNESCO, l’Association Sărbătoarea Gustului a été admise et figure à la 17ᵉ place des 29 organisations sélectionnées pour le mandat 2026-2029.

Cette sélection signifie que l’association intègre officiellement le réseau des Associations et Clubs pour l’UNESCO en Roumanie pour la période 2026-2029. À ce titre, elle bénéficie de l’accréditation de la Commission nationale roumaine pour l’UNESCO et est autorisée à utiliser la dénomination « Association pour l’UNESCO » ainsi que l’identité visuelle correspondante, conformément aux règles de l’UNESCO.

Félicitations à Sărbătoarea Gustului pour cette reconnaissance officielle, qui récompense son engagement en faveur de l’éducation, de la culture, de l’alimentation durable et des valeurs portées par l’UNESCO.

« La Fête du Goût », une initiative éducative qui encourage le libre arbitre des jeunes élèves des écoles primaires, ambassadeurs auprès des familles, afin qu’ils deviennent des citoyens informés et actifs quant à leur consommation alimentaire. Quand il existe la conscience du choix, la liberté de manger sain nous appartient.

Selon la CNR-UNESCO, le processus de sélection, lancé au début du mois de mars 2026, s’est déroulé conformément au cadre réglementaire adopté par l’UNESCO et aux recommandations du guide international Associations and Clubs for UNESCO: A Practical Guide (2021). Les candidatures ont été évaluées notamment sur :

  • la pertinence des activités dans les domaines de l’UNESCO ;
  • l’expérience organisationnelle et la capacité administrative ;
  • l’impact des projets réalisés ;
  • le respect des valeurs et des principes éthiques de l’UNESCO ;
  • la durabilité et les perspectives de développement des organisations

« La Fête du Goût », une initiative éducative qui encourage le libre arbitre des jeunes élèves des écoles primaires, ambassadeurs auprès des familles, afin qu’ils deviennent des citoyens informés et actifs quant à leur consommation alimentaire. Quand il existe la conscience du choix, la liberté de manger sain nous appartient.

L’éducation au goût, un incontournable de la soutenabilité pour les générations de demain. L’éducation au goût et à l’alimentation au coeur du programme éducatif créé par Sarbatoarea Gustului depuis 2014.

Nos systèmes alimentaires sont au cœur des enjeux de la transition écologique. Le prix est l’indicateur de la qualité nutritionnelle des produits.

Ces résultats montrent que la nutrition ne relève pas uniquement du choix individuel. Elle dépend aussi du pouvoir d’achat.

Quand les produits sans additifs à risque coûtent en moyenne 63 % plus cher, l’accès à une alimentation saine devient un privilège !

C’est effarant … mais tellement logique : quand le seul objectif est de produire moins cher, additifs, conservateurs, exhausteurs de goût et autres épaississants, sucre ajouté et sel sel deviennent des outils au service de cette stratégie, … au prix de négliger les problèmes de santé publique qu’ils posent. Et on accuse les produits qui se passent de ces artifices d’être trop chers. Derrière un prix bas, il y a toujours quelqu’un qui trinque…

Journée de la gastronomie durable : autorités, détaillants et chefs débattent de l’avenir alimentaire de la Roumanie

À l’occasion de la Journée de la gastronomie durable, célébrée chaque année le 18 juin, l’association La Fête du Goût, avec le soutien de la Fondation Auchan, a réuni des représentants des institutions gouvernementales, des ministères spécialisés, des distributeurs, des producteurs locaux et des chefs lors d’un événement de gastrodiplomatie visant à promouvoir une alimentation respectueuse des ressources de la planète. La conférence, suivie d’un cocktail dînatoire mémorable, avait pour objectif d’intégrer l’éducation au goût dans les programmes scolaires et de développer des circuits courts, de la graine à l’assiette, afin de garantir un modèle de consommation responsable.


Citeşte întreaga ştire: Ziua Gastronomiei Sustenabile: autorități, retaileri și chefi dezbat viitorul alimentar al României.
Cet événement a également marqué la fin du voyage pédagogique « Leçons du Goût » de l’année scolaire 2025-2026. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du programme éducatif « Bien-être, alimentation variée et consommation durable », a touché cette année plus de 2 500 élèves de CM1 issus de 17 écoles (70 classes). Sous la coordination du chef Daniel Dobre, les élèves ont appris à décrypter les étiquettes, à reconnaître les produits certifiés et à privilégier les aliments locaux et de saison. À l’échelle nationale, plus de 25 000 élèves ont utilisé les supports pédagogiques du projet, tels que le cahier d’exercices et le livre « L’Art de bien manger », signé par le chef renommé Alain Alexanian. « Sensibiliser les jeunes générations, dès leur plus jeune âge et à l’école, à une alimentation durable fait partie des 17 objectifs de développement durable des Nations Unies et plus particulièrement de l’objectif 4 : Éducation de qualité. Cela a également une influence positive sur les objectifs 3 : Santé et bien-être, 8 : Travail décent et croissance économique, 10 : Inégalités réduites, 12 : Consommation et production responsables et 13 : Lutte contre les changements climatiques », déclare Daniel Dobre, président de la Fête du Goût.
Citeşte întreaga ştire: Ziua Gastronomiei Sustenabile: autorități, retaileri și chefi dezbat viitorul alimentar al României.

Sarbatoarea-Gustului a eu l’honneur d’une introduction officielle de la conférence par le conseiller d’état, Monsieur Laszlo Borbely, du Département pour le développement Durable près le premier Ministre. Secrétariat d’Etat déjà présent en 2019, (Dans le cadre de la saison France/Roumanie) pour la publication du Livre d’Alain Alexanian, „L’Art de bien manger BIO” édité à 6000 exemplaires et distribué dans toutes les bibliothèques des écoles primaires de Roumanie, afin d’assister les cadres didactiques pour parler d’Alimentation durable avec les élèves tout au long de l’année par les aspects historiques, culturels, économiques et gastronomiques.

„Pour les classes de primaire, la gastronomie durable est un élément important de l’éducation des enfants, car, en plus de la pyramide alimentaire, les notions environnementales, le gaspillage alimentaire et l’économie circulaire forment un ensemble cohérent d’enseignements sur ce sujet. À partir de l’année scolaire 2026-2027, nous mettrons en place de nouveaux programmes scolaires au collège et au lycée, comprenant des activités axées sur les principes et les objectifs du développement durable”, a déclaré Daniela Călugăru, représentante du ministère de l’Éducation et de la Recherche.

Nos tomates ont le goût de tomates car nous privilégions avant tout les variétés savoureuses et nous assurons une livraison rapide : les tomates cueillies la veille arrivent rapidement chez Auchan. De plus, nous produisons de manière durable. Par exemple, nous avons opté pour la technologie des serres semi-fermées, ce qui nous permet de réduire considérablement le nombre de fenêtres et d’optimiser la ventilation pour économiser la chaleur », explique Silvia Răileanu, productrice. Le dialogue est passé de la théorie à l’expérience gastronomique lors du Dîner Cocktail, orchestré par le chef Alain Alexanian, étoilé Michelin et Palme d’Or, accompagné des chefs Dumitru Bucșa, Patrick Pierre Pettenuzzo et Daniel Dobre. Ils ont mis en valeur les produits locaux et de saison à travers un menu dédié exclusivement aux tomates de la région, servi selon le rituel du « repas gastronomique des Français », inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, qui reflète la culture de l’hospitalité, la pérennité et le respect des ingrédients.
Citeşte întreaga ştire: Ziua Gastronomiei Sustenabile: autorități, retaileri și chefi dezbat viitorul alimentar al României. Lire l’article de Libertatea

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Des fruits et une foultitude de légumes à sublimer en Juillet

En été, les étals des marchés regorgent de magnifiques fruits et légumes. Pêches, nectarines, abricots, brugnons, tomates, courgettes, concombres… De quoi ravir vos papilles ! En été, pour notre plus grand bonheur, la liste des fruits et légumes disponibles s’allonge !

Quoi de plus agréable que de se réunir en famille ou entre amis pour déguster de délicieux fruits et légumes frais au soleil ?

A vous gaspachos, grillades et des salades fraîches à base de concombres, tomates, maïs, carottes, radis et poivrons… Sans oublier les délicieux et rafraîchissants sorbets de fruits.

Profitons de fruits gorgés de soleil

La pastèque est la star de l’été car le fruit le plus désaltérant qui soit. Et comme elle est peu calorique, soyons gourmand ! Elle doit être lourde, d’aspect cireux et brillant. Elle se conserve quelques jours au réfrigérateur.

Brugnons, pêches, nectarines, melons, fraises sont aussi les incontournables du mois de juillet.

C’est également le moment de savourer abricots, mûres, myrtilles, figues, cassis…

De quoi ravir les papilles des grands et des petits quand la chaleur apparaît !

Les légumes de l’été

La tomate, qui est d’ailleurs un fruit même si elle est classée comme légume, est la star incontestée de l’été.

Sa saison est de mai à fin septembre. On a tendance à l’oublier tant la grande distribution s’est organisée pour en proposer toute l’année. La tomate se décline sous de nombreuses variétés aux formes, couleurs et qualités gustatives variées. Les plus connues sont la Coeur de Boeuf, les tomates cerises (idéales pour l’apéro !), la Green Zebra, la Noire de Crimée, l’Ananas, la Poire Jaune ou encore la Cornue des Andes.

En juillet, l’aubergine se décline presque à l’infini de nos envies et créations : grillée au four ou au barbecue, en caviar, en salade ou cuisinée en moussaka, des recettes variées presque à l’infini. Elle est riche en fibres, vitamines, calcium et est pauvre en calories.

La courgette est aussi un légume de saison. Vous pouvez la consommer crue, frit, poêlée ou encore à la vapeur.

La liste des fruits et légumes de juillet et leurs bienfaits

Les légumes-feuilles

Blette : Riche en vitamines A, C et K, la blette contribue à la bonne santé des yeux, du système immunitaire et des os. Ses fibres aident à réguler le transit intestinal et à maintenir un bon équilibre glycémique.

Cresson : Le cresson est une excellente source de vitamine K, essentielle pour la santé des os et la coagulation sanguine. Sa teneur en antioxydants aide à protéger les cellules contre le vieillissement.

Épinard : Les épinards sont riches en fer et en magnésium, aident à réduire la fatigue et à maintenir une bonne santé musculaire. Ils contiennent aussi des vitamines C renforçant l’immunité.

Laitue : Faible en calories et hydratante, la laitue est idéale pour favoriser la digestion et maintenir une bonne hydratation. Elle contient aussi des vitamines A et K, qui contribuent à la santé de la peau et des os.

Les légumes-fruits

Aubergine : L’aubergine est faible en calories et riche en fibres, soutenant la satiété et une digestion saine. Elle contient des antioxydants tels que les anthocyanines, aidant à protéger les cellules.

Concombre : Composé à 95% d’eau, le concombre est hydratant et idéal pour une digestion légère. Riche en vitamines K et C, il soutient la coagulation sanguine et renforce le système immunitaire

Cornichon : Faible en calories, le cornichon est une bonne source de fibres, contribuant à la sensation de satiété. S’il est mariné, il apporte également des probiotiques bénéfiques pour la flore intestinale.

Courgette : La courgette est hydratante et riche en vitamine C, aidant à maintenir une peau saine et des défenses immunitaires fortes. Ses fibres douces facilitent la digestion.

Poivron : Le poivron est riche en vitamine C, surpasssant même les agrumes, ce qui renforce le système immunitaire. Riche en antioxydants tels que le bêta-carotène et la lutéine, il contribue à la protection cellulaire et à la santé oculaire. Il est aussi faible en calories.

Tomate : La tomate est une bonne source de lycopène, un antioxydant puissant, qui protège les cellules contre le vieillissement et pourrait réduire le risque de certaines maladies cardiovasculaires. Elle contient également de la vitamine A et C.

Les légumineuses

Fève : Riche en protéines végétales et en fibres, la fève aide à maintenir la satiété et un bon transit intestinal. Elle contient également du fer, essentiel pour la formation des globules rouges.

Haricot vert : Le haricot vert est riche en fibres et en vitamine C, contribuant à la digestion et au renforcement du système immunitaire. Il contient également du magnésium, aidant à la santé musculaire.

Lentille : Les lentilles sont une excellente source de protéines végétales et de fer, soutenant l’énergie et la formation des globules rouges. Elles contiennent également des fibres, favorisant un transit intestinal optimal.

Petit pois : Les petits pois sont riches en protéines végétales et en fibres favorisant la sensation de satiété. Ils sont également riches en vitamines B, notamment la B9, essentielle à la production d’énergie et au bon fonctionnement du système nerveux.

Pois mange-tout : Les pois mange-tout sont riches en fibres, aidant à réguler la digestion, et en vitamine C, soutenant l’immunité. Ils sont faibles en calories, parfaits pour un repas léger.

Les légumes-racines ou tubercules

Carotte : Riche en bêta-carotène, un antioxydant que l’organisme convertit en vitamine A, essentielle pour la santé des yeux et de la peau. Ses fibres aident également à maintenir un bon transit intestinal.

Navet : Riche en vitamines C et B6, ainsi qu’en minéraux tels que le potassium et le magnésium, le navet contribue au bon fonctionnement du système immunitaire et à la santé cardiovasculaire

Pommes de terre : La pomme de terre est une source de glucides complexes, fournissant une énergie durable. Elle contient également du potassium et de la vitamine C, bénéfiques pour le système cardiovasculaire.

Radis et radis long : Croquant et rafraîchissant, le radis est hydratant et favorise une bonne digestion. Il contient de la vitamine C, renforçant les défenses naturelles de l’organisme.

Mais aussi…

Ail nouveau : L’ail nouveau est riche en composés soufrés, aux propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires. Il contient également des antioxydants qui aident à protéger les cellules.

Artichaut : Riche en fibres, l’artichaut soutient une bonne digestion et aide à détoxifier le foie grâce à la cynarine. Il contient également des antioxydants bénéfiques pour la protection cellulaire.

Asperge verte (et blanche) : L’asperge est riche en fibres et en folates, soutenant la digestion et la santé cellulaire. Elle contient aussi de la vitamine K, essentielle pour les os.

Brocolis : Le brocoli est riche en vitamines C soutenant l’immunité. Ses fibres et composés soufrés contribuent à la digestion et à la protection cellulaire.

Chou-fleur : Le chou-fleur est riche en fibres, favorisant une digestion saine et contribuant à la satiété. Il contient également des antioxydants, tels que le sulforaphane, qui aident à protéger les cellules contre le stress oxydatif et peuvent réduire le risque de certaines maladies chroniques

Fenouil : Le fenouil, connu pour ses propriétés digestives, aide à apaiser les ballonnements et favorise une bonne digestion. Sa vitamine C renforce le système immunitaire et soutient la santé de la peau.

Maïs : Le maïs est une source de glucides complexes, offrant de l’énergie durable et une bonne satiété. Il contient également des fibres et des vitamines B, soutenant la digestion et la santé nerveuse.

Oignon : L’oignon contient des antioxydants comme la quercétine, qui aident à réduire l’inflammation. Il possède également des propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires, contribuant à renforcer le système immunitaire et à améliorer la santé cardiovasculaire.

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Les recettes du chef Alain Alexanian

Velouté glacé de tomates vertes et concombre

Inspirée d’un velouté vert venu tout droit d’Espagne, nommé salmorejo, cette soupe rafraîchissante, riche en vitamines, sera parfaite lors des grosses chaleurs d’été, lorsque les journées s’étirent sous un ciel lumineux. Un souffle de fraîcheur andalouse, où la verdeur des légumes rencontre la délicatesse d’un thé glacé. Recette à apprécier entre la douceur végétale et l’élégance aromatique : la touche de thé glacé Kamélya lui offre une profondeur subtile qui évoque les jardins méditerranéens baignés de soleil.

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Eau de tomate à la livèche

Trop de tomates dans le jardin ou un coup d’enfer en fin de marché ? Voici une autre manière de les consommer. L’eau de tomate est claire et délicate, extraite de tomates mûres : elle est pure et naturellement incolore. Débarrassée de toute pulpe — que vous servirez à part sur une tartine — elle concentre l’essentiel du fruit, avec une saveur fraîche et légèrement acidulée.

La fraîcheur végétale de la livèche épouse merveilleusement la douceur de l’eau de tomate, à déguster de toute urgence. Voir la progression de la recette

Soupe de cerises aux pétales de roses

Une préparation fraîche et délicate où la cerise conserve tout son éclat, tandis que les épices apportent une chaleur discrète et élégante. Si vous avez la chance d’avoir encore des roses fraîches, leurs pétales embaumeront cette soupe de cerises, même sans toutes les autres épices — mais surtout pas celles d’un fleuriste. Servi avec ou sans glace aux amandes, c’est un dessert que vous n’oublierez jamais. Voir la progression de la recette

 

Tarte aux orties et aux noix

Si vous en avez dans le jardin, c’est avant tout le signe d’un sol riche en azote. L’ortie est une plante à la fois comestible et médicinale. Jeunes, ses pousses se cuisinent sautées comme des épinards ou en soupe reminéralisante, riche en fer et en vitamines. Cueillez-les le plus tôt possible au début du printemps, avant la floraison de juillet. Ici, c’est une recette d’entrée, mais pour un végétarien, c’est un vrai plat !

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Interview d’Alain Alexanian dans Business Review

1.  La durabilité est devenue l’un des thèmes majeurs de la gastronomie moderne. Au-delà du simple effet de mode, que signifie concrètement une cuisine durable ?

Une cuisine durable peut se définir par des nouvelles recettes à inventer ou mettre à jour les liens entre la terre nationale de chaque pays, les producteurs, les consommateurs et les générations futures dans une même chaîne de responsabilité, le mieux mais pas toujours réalisable toute l’année c’est de positionner sa production régionale la plus saine possible en avant.

C’est tout un art de nourrir les femmes et les hommes en préservant les ressources naturelles, en valorisant les produits locaux, en respectant les saisons, en limitant le gaspillage alimentaire et en transmettant un patrimoine culinaire vivant aux générations qui suivent. 

En une seule phrase, la cuisine durable, c’est une cuisine qui nourrit aujourd’hui sans compromettre la capacité à se nourrir demain.

2.  Comment votre approche de l’approvisionnement en ingrédients a-t-elle évolué au cours de la dernière décennie ?

L’approche du cuisinier de demain ne consistera plus seulement à maîtriser les techniques culinaires, mais à devenir un observateur attentif des transformations du vivant. Le cuisinier c’est la sentinelle du terroir, réapprendre à travailler avec une nature devenue plus imprévisible. Une nouvelle lecture de la saisonnalité évoluera, entre les récoltes plus précoces et celles plus tardives, entre la disparition des espèces dû à la surpêche ou à la forte chaleur et peu de pluie, tout ça, sans compter sur les nouvelles cultures qui apparaîtront dans des régions où elles étaient autrefois inconnues. Nous sommes les artisans du vivant, en quelques phrases : 

  • Observer les saisons sans suivre les calendriers de dates fixes.
  • Adopter les cartes en fonction des ressources réeles.
  • Valoriser les nouvelles espèces, donc développer une cuisine d’opportunité et plus celle de la disponibilité permanente. 
  • Un produit parfait provient du vivant, le cuisinier devra réconcilier le consommateur avec l’imperfection. En une phrase : 

Le chef n’est plus seulement celui qui transforme les produits, il devient un passeur entre la terre et l’eau qui change, entre les producteur qui s’adaptent et les citoyens qui vont manger autrement. C’est à mes yeux une mission à la fois culinaire, culturelle et écologique.

3.  Quelle est, selon vous, la plus grande idée reçue que les consommateurs entretiennent à propos de l’alimentation durable ?

Il n’y a qu’une seule grande idée reçue sur l’alimentation durable ” Manger durable coûte forcément plus cher”.

La seule raison est la comparaison du produit industriel et celui du produit fermier voir bio. Le combat financier n’est pas le même entre celui qui intègre : la proximité, la biodiversité, la saisonnalité, la rémunération des producteurs, la préservation de l’eau et la lutte contre le gaspillage… et celui qui ne le fait pas !

Entre l’alimentation de nos parents et grands-parents qui avaient besoin de calories car leurs travaux étaient plus pénibles et celui d’aujourd’hui, il y a un monde. lI est impératif de manger moins de tout mais mieux et plus de saison. Nous dépensons physiquement beaucoup moins de calories qu’auparavant, sachez juste qu’en mangeant la même quantité que nos ainés, vous stockez en dépensant plus sans en avoir besoin.

En une phrase, la véritable alimentation durable ne consiste pas à acheter plus cher, elle consiste à redonner de la valeur à ce que nous mangeons…..

9.  Quelles pratiques durables mises en œuvre dans les cuisines étoilées Michelin pourraient, de manière réaliste, être adoptées par les restaurants grand public ?

Voici quelques pratiques pertinentes de restaurants étoilés qui peuvent être adoptées par la restauration grand public.

* Travailler le produit dans son intégralité.

* Construire les menus autour des arrivages.

* Renforcer les liens avec les producteurs.

* Réduire le gaspillage alimentaire par la mesure.

* Développer les conservations artisanales.

* Mettre davantage de végétaux dans l’assiette.

* Former les équipes à la culture du produit.

* Faire de la saisonnalité un argument commercial.

La durabilité ne devrait pas être perçue comme un modèle réservé à une élite gastronomique. Elle peut devenir une pratique quotidienne, accessible à la cantine scolaire ou autres, à la brasserie de quartier, au bistrot familial ou à la restauration associative. La différence ne réside pas tant dans le budget que dans le regard porté sur les produits, les producteurs et le territoire. 

En une phrase : Faire passer les principes de la haute gastronomie durable du monde de l’exception à celui du quotidien.

  1. Si vous deviez définir la gastronomie durable en une seule phrase, quelle serait-elle ?

Pour conclure sur la gastronomie durable, elle n’est pas une manière de cuisiner, c’est une manière d’habiter un territoire, de respecter ceux qui le cultivent et de transmettre aux générations futures, le goût du vivant. La voici synthétisé en une seule phrase :

« La gastronomie durable est la rencontre harmonieuse entre le goût, la terre et le temps ».

Business-review – sustainability du 6 juillet 2026

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Le Sofitel Bucarest transforme un palais historique en hôtel cinq étoiles 

Le nouvel hôtel Sofitel Bucharest occupera l’ancien palais Oscar Maugsch. Les travaux ont été autorisés en mars 2025 pour un budget de 20 millions d’euros L’ancien Palat BCR de la Université deviendra un hôtel Sofitel, marquant une ouverture prévue pour 2027 et une montée en puissance de l’exploitation hôtelière jusqu’en 2029.

La marque de luxe Sofitel, appartenant au groupe hôtelier Accor, fait son retour en Roumanie, dans le centre historique de Bucarest. Le nouvel établissement Sofitel Bucharest a reçu l’autorisation de rénovation de l’ancien Palais Oscar Maugsch* (Siège BCR), situé place de l’Université, de la part de l’ancien maire de Bucarest et actuel président de la Roumanie, Nicușor Dan.

*Un palais chargé d’histoire : Le Palais de la Compagnie d’Assurances Generala (ou simplement Palais Generala) est un monument historique situé dans la commune de Bucarest, œuvre de l’architecte Oscar Maugsch. [3] Il fut construit sur l’emplacement de l’ancien jardin du Palais Suțu, sur le modèle du palais du boulevard Haussmann à Paris. Son architecte, Oscar Maugsch, était d’origine allemande ; né à Iași le 13 décembre 1857, il étudia à Dresde et travailla comme architecte au ministère des Cultes et de l’Instruction publique.

Le BCR Palace, construit entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, se compose de deux ailes s’étendant sur 1,6 hectare. L’hôtel comptera 203 chambres et 15 suites, réparties sur les premier, deuxième, troisième et les combles. Au rez-de-chaussée, la cour intérieure entre les bâtiments A et B sera recouverte d’une verrière et transformée en hall d’entrée. Ce niveau comprendra également des espaces de restauration et une salle de réception, tandis que le sous-sol abritera un vaste spa. Fidèle à la philosophie de Sofitel, « l’Art de Vivre », le cabinet d’architecture d’intérieur Ran & Morris s’est attaché à concevoir un projet positionnant cet hôtel de luxe comme une expression du luxe à la française, imprégnée de l’histoire de Bucarest, autrefois surnommée « macula Paris » (Petit Paris). Lire la nouvelle

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Huit conseils pour créer et gérer le menu de votre restaurant

Reflet de l’identité de votre restaurant, le menu est l’une des clés de voûte de votre activité. Vous souhaitez réaliser un menu structuré, attractif et alléchant ?

A quelle fréquence mettre à jour sa carte de restaurant ?

Idéalement, il faudrait revisiter la carte chaque 2–3 mois (ou à chaque changement de saison) ou en fonction des arrivages et des ventes, tout en gardant quelques plats “stables” signatures.

Rendre son menu visible et accessible

Votre menu est l’une des premières choses que les clients regardent : il faut donc veiller à le faire apparaître sur de multiples canaux de communication : le site internet du restaurant ; les réseaux sociaux ; les plateformes de livraisons ; la fiche Google My Business…

Si vous souhaitez optimiser la gestion de votre restaurant, vous pouvez aussi opter pour le menu digital, à scanner grâce à un QR code. Outre le respect des mesures sanitaires, ce type de menu interactif vous permettra de gagner du temps, de limiter les dépenses liées aux impressions du menu et d’éditer la carte du restaurant plus facilement.

Enfin, pensez aussi à traduire votre menu en anglais, a minima, voire dans d’autres langues si votre restaurant attire beaucoup de touristes internationaux.

  • Lorsqu’il s’agit de créer le menu de votre restaurant ou de le modifier, il convient de se focaliser sur 20-30 propositions maximum à la carte.
  • Les prix sont le premier challenge des restaurateurs face à des consommateurs qui se rendent moins souvent au restaurant et choisissent des plats moins chers. 
  • Pour autant, face à l’inflation des matières premières, il existe des méthodes pour fixer le prix de vente juste pour votre rentabilité et pour le consommateur final (coût par portion, food cost, taux de marge, menu-engineering). 
  • Le logiciel pour restaurateurs Zenchef vous permet de créer votre menu en ligne simplement, à partir de modèles personnalisables puis de le transformer en QR code.
  • Disposer d’un menu papier et d’un menu digital vous permet de faire des changements mis à jour directement sur votre site web, sur la fiche Google Maps et sur le QR code scanné par vos clients. 
  • Zenchef vous propose également une fonctionnalité de traduction automatique de vos menus pour attirer une clientèle touristique ou multilingue dans votre établissement.

Les chiffres clés qui rendent le menu stratégique pour votre restaurant

  • ‍47% des Français disent avoir déjà utilisé une solution digitale en restaurant (menu QR code, commande, paiement à table)
  • 42% des Français qui se rendent au restaurant ont choisi des plats moins chers pour réduire leur addition (RMS 2025)
  • 58% des restaurateurs estiment que l’inflation des matières premières est source de défi pour leur activité.
  • 1 restaurateur sur 2 a prévu d’investir dans la technologie pour digitaliser son restaurant (menu, POS, fichier client, paiement…)

Découvrez nos 8 conseils pour créer et gérer le menu de votre restaurant.

  1. Créer un menu court et épuré
  2. Bien fixer les prix de son menu
  3. Bien organiser la mise en page du menu
  4. Mettre en valeur les plats « vedettes ».
  5. Soigner le design du menu
  6. Soigner l’appellation des plats
  7. Faire évoluer le menu de son restauran
  8. Rendre son menu visible et accessibleCalculer le coût de chaque plat par portion.

C’est la somme du coût de tous les ingrédients nécessaires à la préparation d’une portion d’un plat.

Calculer son food cost (ratio matière) : Le food cost est généralement compris entre 25 à 35 % du prix de vente du plat du menu. Pour le calculer, la formule est la suivante : (coût des matières premières / prix d’un plat dans le menu) × 100 = food cost ou beverage cost.

Définir son taux de marge : Le restaurateur peut fixer librement le taux de marge nécessaire pour garantir la bonne santé financière de son activité. Ce taux doit permettre de couvrir les coûts des matières premières mais aussi les frais généraux de l’établissement (loyer, charges de personnel, charges d’exploitation, taxes…).Pour calculer la marge brute = (chiffre d’affaires hors taxes – coûts des matières premières) / chiffre d’affaires hors taxes.Il existe, en outre, plusieurs méthodes de fixation des prix ainsi que de nombreux indicateurs financiers permettant de définir ses coûts et ses marges. Voir l’étude complète

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Avant-propos : Un peu déçu, mais prévisible, ce mois d’août 2025, nous allions au Mirazur pour Sarbatoarea-Gustului, à l’improviste pour essayer de rencontrer le grand Mauro, qui en termes de restauration durable en connaît un rayon. C’est donc son chef qui prend un peu de temps pour nous accueillir. Autour d’un café nous présentons notre fête du goût, nos toques « collector » en notre possession.

Mirazur 2006 – 2026 : 20 ans de créativité, d’audace et d’engagement – Mauro Colagreco, un Chef hors normes – Un anniversaire hors normes. Par le petit lu gourmand.

Il était une fois le Mirazur…

C’est en 2006 qu’un jeune chef italo-argentin, alors totalement inconnu du grand public, ouvrait les portes de son restaurant. Fougueux, presque inconscient, mais assurément audacieux, il choisit de s’installer loin du centre-ville de Menton, non loin de la voie ferrée, dans une maison blanche des années 1930, perchée et blottie entre mer et montagne mais offrant une vue spectaculaire sur la Méditerranée et la vieille ville. De ce qui pouvait sembler être quelques maigres atouts, Mauro Colagreco a su en faire une force, bâtir une identité unique et a fait de son Mirazur l’une des tables les plus désirées au monde.

Né le 5 octobre 1976 de parents italiens à La Plata, en Argentine, Mauro Colagreco a grandi entre deux cultures, deux sensibilités, et déjà cette intuition profonde que la cuisine pouvait être un langage universel. Après des études hôtelières en Argentine puis en France, notamment au Lycée hôtelier de La Rochelle, il se forme auprès des plus grands noms de la gastronomie française. D’abord chez Bernard Loiseau, où il apprend l’exigence et la rigueur, puis auprès d’Alain Passard à L’Arpège, où il découvre une cuisine plus instinctive, profondément connectée au végétal. Il poursuit ensuite son parcours auprès d’Alain Ducasse au Plaza Athénée, avant de rejoindre Guy Martin au Grand Véfour. Mais très vite, Mauro Colagreco ressent le besoin de créer une cuisine qui lui ressemble. Une cuisine libre, sensible, vivante.

En 2006, il ouvre son Mirazur, dans cette étonnante maison blanche perchée entre mer et montagne, à Menton. Un lieu presque improbable à l’époque, loin des grands circuits gastronomiques, mais porté par une vision singulière et profondément sincère. Très rapidement, le talent du chef éclate au grand jour. Six mois seulement après l’ouverture, il est élu « Révélation de l’année » par le Guide Gault&Millau, qui le nommera ensuite « Cuisinier de l’année » en 2009. En 2007, le Mirazur décroche sa première étoile au Guide Michelin, une seconde suit en 2012.

 

Place ensuite à une assiette terre-mer d’une grande précision : le pigeon, cuit rosé céleste, s’y déploie dans la profondeur de son jus, en résonance avec l’iode viscéral du concombre de mer. Perles de tapioca et consommé vinaigré viennent structurer l’ensemble, apportant relief, tension et fraîcheur.
La dégustation se construit comme une narration moderne et classique à la fois, où gourmandise terrienne, intensité marine et finesse aérienne se répondent dans une harmonie continue, presque silencieuse, comme un dialogue entre les éléments.

L’article complet et remarquable du Petit Lu Gourmand.

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„Parce qu’il est temps de faire bouger les lignes” !

Donnons à nos enfants et à chaque consommateur les clés d’une alimentation saine, durable, autonome et réflexive !

​L’Association de l’Alimentation Durable a pour but de promouvoir, sur le territoire national, une alimentation saine, durable et locale auprès de différents publics, tout au long de la vie.64f5d096639a6_logo-eco-ecole.png

Pourquoi un manifeste ?

Le déjeuner à l’école est un repas essentiel pour les enfants, parfois le seul repas équilibré de la journée.

Les cantines scolaires jouent un rôle fondamental en matière de santé publique, d’éducation à l’alimentation, de soutien aux producteurs locaux, et représentent un levier évident pour la transition écologique et davantage de justice sociale.

L’étude Cantines Rêvolution (IFOP 2024) et le livre Mission cantines scolaires – quand une maman professionnelle de l’alimentation s’engage (Éditions Michalon, 2025), ont permis de révéler les disparités existant dans les cantines scolaires de France tout en mettant en lumière de nombreux exemples montrant qu’il est possible de proposer une restauration scolaire de qualité et d’engager une dynamique tournée vers l’éveil et l’accès au bien manger pour le plus grand nombre dans les territoires.

​Or, les cantines des écoles publiques sont sous la responsabilité des mairies. Les élections municipales sont donc une formidable opportunité de faire du bien manger à l’école une priorité pour les futur.e.s maires et les équipes municipales.

​Face aux réalités contrastées dans les cantines scolaires de France, et parce que tous les enfants méritent de bien manger à l’école et d’être sensibilisés à une alimentation saine, durable, savoureuse et joyeuse, le Manifeste pour le bien manger à l’école est une invitation à s’inspirer des bonnes pratiques existantes dans les communes les plus avancées sur le sujet.

Une cantine de qualité, c’est la promesse d’enfants heureux et, par ricochet, de parents et concitoyens satisfaits.

Donnons à nos enfants et à chaque consommateur…

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La cuisine de rue roumaine. Des tavernes ambulantes aux distributeurs automatiques Herdan 

Durant l’entre-deux-guerres, la mode venue d’outre-mer s’est également fait sentir dans le secteur de l’hôtellerie-restauration : la restauration à emporter, sur le pouce, ou les en-cas lors d’une pause sociale ont pris de l’ampleur en Roumanie, les plus célèbres étant les distributeurs automatiques des frères Herdan.

Dans le Bucarest de l’entre-deux-guerres, il existait déjà des « Automats » équipés de distributeurs automatiques inspirés du modèle américain : on insérait une pièce, on appuyait sur un bouton et un sandwich, un gâteau ou une boisson sortait tout seul d’un présentoir rotatif en émail blanc. Maria Tănase, avant de devenir la célèbre chanteuse, y travaillait comme caissière.

L’histoire du Bucarest de l’entre-deux-guerres recèle un phénomène presque oublié : l’apparition des premiers restaurants automatiques, ancêtres du fast-food d’aujourd’hui.

Les « Automats » à Bucarest. Restaurants de l’entre-deux-guerres avec distributeurs automatiques. Plus a introduit pour la première fois en Roumanie le concept américain du fast-food.

Le concept était simple, mais révolutionnaire pour l’époque. Plus : on insérait une pièce dans la machine, on appuyait sur un bouton, et le service mécanique des en-cas et des boissons présentés se déclenchait. Pour un Bucarestois des années 1930, entrer dans un « Automat » était une expérience totalement inédite : fini le service à la machine comme dans les cafés de la Calea Victoriei, place au service direct, comme dans un film américain.

Il est important de préciser d’emblée, pour être honnête avec l’histoire, que les Roumains n’ont pas inventé le concept d’« Automat ». Le premier restaurant au monde équipé de distributeurs automatiques fut « Quisisana » à Berlin, ouvert en 1895.

Aux États-Unis, le premier « Automat » ouvrit ses portes en 1902 à Philadelphie, sous l’impulsion de Joseph Horn et Frank Hardart, inspirés par le modèle berlinois de Quisisana.

Le concept s’étendit ensuite à New York en 1912 et s’intégra à la culture populaire des villes industrielles nord-américaines.

Autrement dit, lorsque l’« Automat » fit son apparition à Bucarest dans les années 1930, le concept existait déjà depuis plus de 30 ans en Europe et aux États-Unis. Son arrivée fut donc nettement plus tardive qu’en Occident. Cependant, cela ne signifie pas que ce ne fut pas une innovation importante pour la Roumanie. De plus, pour ceux qui ont vécu cette époque, c’était la première fois qu’ils voyaient des machines qui servaient de la nourriture toutes seules.

Selon le témoignage de l’écrivain Vlaicu Bârna, ce premier « Automat » devint rapidement célèbre. Il décrit d’ailleurs l’endroit dans son livre « Entre Capșa et Corso ».

« Le nom « automat » était inapproprié, mais il provenait d’une autre entreprise, qui avait fermé ses portes un an avant mon arrivée à Bucarest.» Il s’agissait d’un distributeur automatique de style américain installé dans l’immeuble sous la terrasse du Cercle Militaire.

L’endroit attira immédiatement la bohème de Bucarest. Il était fréquenté par des écrivains et des intellectuels tels qu’Eugen Jebeleanu, Horia Groza et le futur grand écrivain Eugen Ionescu (Ionesco).

Des rencontres culturelles mémorables s’y déroulaient. On y discutait d’idées, on y élaborait des projets littéraires, on y échangeait des impressions sur des livres et des spectacles.

Le problème, cependant, était que ces clients bohèmes avaient généralement un budget serré. Ils consommaient peu, mais restaient assis des heures, occupant les tables.

Cela a rapidement mené à la faillite. Le premier « Automat » équipé de distributeurs automatiques américains a fermé ses portes assez vite.

Le véritable âge d’or des « Automats » de Bucarest arriva cependant avec les frères Herdan. Ils ouvrirent deux restaurants sur le même concept d’« automat ».

Le nom « automat » est resté, même si leurs services n’étaient pas, à proprement parler, automatisés. C’était une marque, un label culturel, qui promettait modernité et rapidité. Dans le Bucarest de l’entre-deux-guerres, le concept de restauration rapide était inexistant. La capitale regorgeait de restaurants raffinés – ceux de Calea Victoriei – mais aussi de bodegas et de pubs plus modestes. Les établissements des frères Herdan vinrent combler un nouveau besoin culturel.

Vous êtes-vous déjà demandé ce que cela représentait pour un fonctionnaire bucarestois des années 1930 de s’arrêter, pendant sa pause déjeuner, à l’Automatul Herdan pour y prendre un sandwich rapide, sans s’asseoir à table, et le manger debout près du comptoir – comme dans les films américains se déroulant à New York dans les années 1930 ?

Dans le Bucarest des années 30′

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L’American Bar de la rue Victoriei, avec son incroyable buffet automatique, et l’architecte méconnue qui a importé l’esprit de New York dans le Petit Paris 

(Entretien avec l’architecte Mădălin Ghigeanu)

Des bars américains équipés de distributeurs automatiques et décorés dans un style Art déco moderniste, des lieux où l’on jouait du jazz jusqu’à tard dans la nuit. Des distributeurs où l’on insérait un jeton et où l’on obtenait un sandwich, un spritz, un whisky, tout ce que l’on voulait : une expérience incroyable pour les habitants du Petit Paris.

„Atlantis”, le seul bar de strip-tease américain de la Roumanie prude, était situé rue Academiei, au numéro 35.
Un prospectus publicitaire témoigne également de l’existence d’Atlantis ( rue de l’Académie, n° 35 ), „l’endroit le plus élégant et distingué de la capitale, où se retrouvent toutes les personnes à la mode et triées sur le volet. Tous les soirs, dîners dansants. Bar américain – merveilleux programme artistique. Orchestre de jazz. Le champagne des cercles distingués est le Meunier Brut Supra, Maison fondée en 1884”.

„Le Buffet Automatique”, situé au 44 Calea Victoriei, est une création de l’architecte Hugo Stossel, un nom aujourd’hui totalement inconnu en Roumanie .
Mais de loin, la sensation à Bucarest dans l’entre-deux-guerres était provoquée par le Buffet Automatique, dont on ignorait tout jusqu’à aujourd’hui. Ni son apparence intérieure et extérieure, ni son créateur, ni son emplacement exact. Ce qui est certain, c’est qu’en 1930, le journal Rampa annonçait l’ouverture du Buffet Automatique au numéro 44 de la Calea Victoriei. Plus tard, l’architecte Hugo Stossel, après son arrivée en Roumanie (où il vivra et exercera son métier pendant cinq ans), lui donnera son aspect actuel, l’édifice étant modifié entre 1933 et 1934.

„La capitale s’offre depuis quelque temps un nouveau divertissement. Un buffet automatique a ouvert ses portes sur Calea Victoriei, proposant tout ce que l’on peut désirer : sandwichs, spritz, fleurs, whisky, cigarettes, caissiers, gâteaux, svart et entrepreneurs. De six heures du matin jusqu’à tard dans la nuit, les gens affluent aux caisses automatiques, et les caissiers chargés de convertir l’argent en jetons ne se donnent plus la peine de rendre la monnaie. Lorsqu’ils finissent par rendre la monnaie, après un laps de temps indéterminé, ils s’effondrent d’épuisement, tels des candidats à un championnat de danse. À l’entrée, un minuscule gnome vêtu de rouge ressemble à une fleur écrasée par la tempête – par la tempête de visiteurs qui se précipitent à l’intérieur”.(Rampa, n° 19, novembre 1930).

Voyage temporel : Le mirage américain était le plus palpable la nuit, lorsque le centre-ville brillait comme New York.
À l’époque où le boulevard Elisabeta n’était pas encore un champ de ruines comme aujourd’hui, mais possédait encore la magie de Broadway, avec ses cinémas aux enseignes lumineuses et ses haut-parleurs installés dans la rue, où les jeunes Parisiens découvraient les films américains avec Greta Garbo, Rudolf Valentino et Charlie Chaplin en avant-première. Le mirage américain était particulièrement saisissant la nuit, lorsque le centre-ville scintillait comme New York.                        Pour se promener dans les années 30 à BucarestBucarest, style Art déco moderniste. Photographie d’époque prise par Nicolae Ionescu.

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Tranches de vie (VIII), après plus de trente années vécues en Roumanie 

Je ne sais si c’est du fait de l’âge ou une petite musique qui perdure depuis ma petite enfance, il existe inscrit viscéralement en moi, une ballade qui me transporte et me dépose sur les notes épicées de mon existence. Je vois ma vie comme des points de croix qui tissent une destinée colorée, tumultueuse avec ces ciels et ses nuances de Sienne, un fils d’ariane qui me conduit et m’extirpe de situations ennuyeuses ou une progression en sautant à cloche-pied sur les géométries de mes pesanteurs, mes doutes, mes aspirations tel le caillou du destin propulsé à l’aide de pas aléatoires dans le jeu de la gigantesque marelle de l’existence. Et avant d’arrivée au cieux d’un jeu inouï, ce n’est plus la craie qui ferme le cercle, mais des cratères qui nous aspirent vers une plenitude ouatée.

Ainsi, de mes errances de la petite école, où à travers les carreaux de la salle de classe, je m’imaginais aventurier, plutôt dans les eaux que dans les airs. De ma visite de la cathédrale de Cordoue, alors préadolescent, à mes visites enthousiastes des monastères de Roumanie, cinquante années plus tard. D’un film parlant de Transylvanie pour narrer une vie de vampire transsexuel à ma présence en Roumanie jusqu’à m’enthousiasmer dans les allées et le escaliers étroits du Château de Bran.

De cette déclaration dalinienne datant de l’année de ma naissance : „Quand finit le Tour de France, j’ai une espèce de dépression qui ne nécessite pas que j’aille dans une zone de repos, mais je sens qu’il manque quelque chose : une grande partie de l’enchantement paradisiaque de mon été vient de se terminer”. En cette année de 2026, alors qu’a débuté le Tour de France ce 4 juillet, je vais pouvoir suivre finalement le tour de France en direct sur les chaînes nationales françaises, sans avoir à me coltiner les commentaires et poncifs d’une chaîne comme Euronews et souvent en différé.

L’artiste catalan a formulé cette pensée au cours d’une période où sa passion pour l’événement était particulièrement visible. En juillet 1959, il a notamment réalisé sa célèbre eau-forte intitulée „L’arrivée du Tour de France sur les Champs-Élysées”, éditée par l’éditeur d’art Joseph Foret pour servir de carte officielle à cette édition de la Grande Boucle.

Photo Peinture 1959.

Il est coutume ou courant d’entendre que le destin est écrit, et que c’est bien souvent à la marge qu’un individu peut influer sur sa ligne de vie qui serait modifiée ou réécrite en partie.

Ce n’est peut-être pas une vérité linéaire, mais je me plais à penser que certaines de mes décisions passées ont influencées les courbures de ma vie, mes orientations dans les temps composés et les espaces cardinaux. Plus les gens sont riches d’éducation, d’informations, plus ils sont en capacité de se créer des envie de voir, d’approfondir, de plénitude qui passent par des étapes que l’on choisi en fonction d’une sensibilité touchée par les arts, la littérature, les rencontres. De ce que l’on veut fuir ou aimer de proche en proche. Ainsi ma visite en 2024 de toute la cosmologie dalinienne a fait suite à mon désir de visiter, tel un pèlerin, la Fondation El Bulli de Ferran Adria. Proche de Cadaqués où vécu l’anarchiste mondain, producteur d’œuvres d’arts surréalistes dont la vie ne ressemble à rien de ce que peut être une vie de citoyen lambda.

Si je reprends mon parcours de vie, je me rends compte que souvent il y a une lumière, une étincelle qui oriente la progression de mon existence. Riche, je ne m’y suis jamais vu, entrepreneur non plus, exceller dans le star système encore moins. Mais une existence de gens du voyage, oui. Bohème, passager de Transibérien, explorateur d’expériences, c’est comme cela que ma vie devait se dérouler. Rêvais-je souvent de voyages, de rencontres, et cette vitalité qu’elle est aujourd’hui. Plutôt descendant d’une famille de subsistant, pré-écrite tel un fils de fonctionnaires. Mais comme beaucoup de gens de leur génération, la vie simple auquelle ils aspiraient, était consécutivement marquée par les désordres de 39/45. Le désir de s’embourgeoiser dans une vie sans aspérités, juste en paix ! Posséder une maison de campagne était déjà un aboutissement, pas si négligeable que ça finalement. Car c’est bien de là que j’ai préparé mon grand départ pour la Roumanie, près de quatre lustres plus tard après l’acquisition parentale. Leur chienne les ayant accompagnés pour leur plus grand bonheur, cette petite bâtarde noir et blanche qu’un fermier-épicier des environs leur avait donner, devait finalement combler mes absences, malgré les réticences premières de mon père. Dénommée Miss par mes soins, alors que ma mère avait pensé à Diane. Mon désir d’originalité survenue après l’influence du succès de « Miss you » des Stones écouté en vacances durant 48 h à New-York. Sur les énormes radios à la mode portées à l’épaule par tous les énergumènes errant sur les trottoirs de Broadway, le titre revenait en boucle. Un prolongement de mon premier grand voyage, dans le Far-Ouest de mes tripes.

Une roumanité, qui sans doute devait couler dans mes artères, bien avant que je connaisse les terres et l’esprit roumains. Vraisemblablement, venu conquérir la Dacie au premier siècle de notre ère, mes ancêtres du côté de la Vénitie, un très lointain grand oncle ou grand-père naviguait peut-être dans les gigantesques barges flottantes construites à l’origine par Caligula. J’ai eu la même sensation lorsque en promenade nautique sur le Danube, nous passions devant l’immense statue de Decebal (Diurpaneus, roi dace ayant régné de 87 à 106). Sculptée dans la roche en 1994, la tête de Decebal (en roumain) semblait regarder un descendant des guerriers qui l’avait vaincu. J’avais raconté dans la lettre correspondante en 2024, la tempétuosité du ciel qui accompagnait notre descente touristique sur le Danube, en partant d’Orsova. Ville du județ de Mehedinți, située dans le Banat roumain, à la frontière de l’ Olténie, dans le Sud-Ouest de la Roumanie, faisant face à la Serbie.

Cette année, avec Alain Alexanian, après notre visite au centre equestre de Singureni, c’est à Giurgiu que nous avons vu le Danube, à quelques 360 km d’Orsova. Là, nous faisions face à la Bulgarie, et avons plutôt bien mangé sur un ponton très propre, bien agencé et aux toilettes parfaitement entretenues. Cuisson du poisson nacré et spaghettis au beurre parfaitement Al dente ! Au final, un bon rapport qualité/prix qui nous a laissé un souvenir plutôt positif. Car, suite à l’échec de notre traversée pour une visite envisagée de quelques heures en Bulgarie à Ruse, mais dont les files d’attente rappellaient très amplement les colères et impatiences de l’avant Schenghen, nous avions finalement fait demi-tour avant le pont, pour une compensation avec la visite improvisée du port de Giurgiu.

Une certaine Roumanité !

Pour Emil Cioran, la roumanité est un „destin tragique”, caractérisé par un fatalisme ancestral et une absence de volonté de puissance. Dans son essai de jeunesse La Transfiguration de la Roumanie, il a d’abord rêvé d’un peuple roumain qui s’arracherait à l’histoire soumise et à la résignation pour embrasser une forme de „barbarie” créatrice.
Il analyse l’identité roumaine à travers plusieurs prismes :

La fatalité géographique et historique : Cioran voit la Roumanie comme un petit pays coincé entre de grands empires, condamné à l’attente et à une oscillation perpétuelle entre résignation et espoir.

Le sentiment du dor : Il théorise cette nostalgie ou ce désir profond, spécifique à l’âme roumaine, qu’il aurait souhaité voir devenir un moteur historique plutôt qu’un simple repli mélancolique.

L’émancipation par l’exil : S’il a d’abord glorifié cette spécificité, il l’a ensuite considérée comme un « stigmate » dont il a dû se libérer en choisissant la langue française pour s’exprimer et dissoudre ses racines dans un scepticisme universel.

Histoire des Roumains par Catherine Durandin

L’ouvrage de référence sur l’histoire du pays et de son peuple, car l’histoire de ce dernier, né du mélange des colonisateurs romains avec des tribus daces, débute bien avant que n’apparaisse, au XVIe siècle, l’idée de Roumanie.

„La Roumanie d’aujourd’hui ne s’est pas construite à la manière des États-nations de l’Ouest ni au même rythme qu’eux. Cette histoire particulière impose de parler non d’une histoire de la Roumanie, mais d’une histoire des Roumains. C’est pourquoi la reconstitution d’une architecture de la mémoire, de la conscience collective permet d’éclairer les structures, les repères et les fractures du temps présent mieux que ne le ferait un récit linéaire strictement événementiel. Le livre est construit autour des temps forts, des appartenances acceptées ou rejetées au sein d’un environnement géopolitique marqué successivement par l’apogée et la chute des empires romain, byzantin, ottoman, Habsbourg, russe, soviétique, dans un cadre territorial mouvant. Dès lors, c’est le cheminement du sens et des modalités de l’accession des Roumains à la modernité et à la souveraineté qui guide le choix des séquences. Le lecteur suit le tracé d’un questionnement – de quelles expériences se nourrit la roumanité ? – dans un climat où le malheur et l’euphorie alternent pour composer une musique identitaire. La roumanité s’est développée comme une identité réactive, dans une tension relationnelle avec l’Ouest, avec l’Orient, avec la Mitteleuropa comme avec les Balkans. Percevoir et comprendre cette obsédante tension, voilà la meilleure manière d’entrer dans le temps des Roumains”.

La démarche originale consiste à décrypter les images qui fondent l’identité des Roumains, qu’elles soient forgées à l’intérieur même de leur frontières nationales ou qu’elles leur viennent du dehors. L’auteur s’attache d’abord à débusquer l’origine parfois lointaine de ces images, avant de montrer à quel point elles guident encore la perception actuelle des Roumains. Ainsi l’image d’un peuple souffrant, accablé d’invasions, de dominations étrangères et de régimes hostiles : Catherine Durandin en explore le sens, la véracité et les déviances, invitant notamment à considérer la présence ottomane ou le despotisme phanariote du XIXe siècle sous un autre jour (…). De même, à propos du régime socialiste de Nicolae Ceaucescu, l’auteur évoque longuement les „belles sixties” où les élites, cultivant le goût des réceptions et des clubs privés, plongent résolument dans la modernité. » (extrait d’un article de Chantal Deltendre, Le Monde diplomatique, 1996).

„Un demi-siècle de tyrannies vient de s’écouler, de même que cent cinquante ans de discours politiques souvent empreints de romantisme réducteur et de nationalisme xénophobe. Ces positions dressent encore, après l’effondrement du national- communisme, les porte-drapeaux de l’enfermement contre les partisans de la modernité. Certes, Catherine Durandin récuse un peu vite le rôle mythique accordé à la paysannerie par l’historiographie officielle, mais elle souligne avec justesse la non-pertinence des prises de position passéistes qui désignent les Roumains comme d’éternelles victimes, insulaires au milieu d’un océan d’hostilité. Un autre mérite de son ouvrage serait la mise en évidence d’une société suffisamment dynamique et pugnace pour dépasser vieilles mentalités et nostalgies stériles”. (extrait d’un article d’Edgar Reichman, Le Monde, 17 Mai 1996)

Je me suis souvent demandé si l’on peut réellement parler de « roumanité », s’il y a des traits spécifiques du peuple roumain, de la culture roumaine. Que pourrais-je répondre aujourd’hui à cette question philosophique aux accents ironiques :

„Comment peut-on être Roumain” ?

Pour réussir à le faire dignement, je me suis arrêtée à trois auteurs roumains qui marquent, selon moi, trois étapes dans le développement de la culture nationale roumaine : le poète Mihai Eminescu (1850-1889), le poète et le philosophe Lucian Blaga (1895-1961) et le philosophe Constantin Noica (1909-1987).

Tous les trois manifestent un vrai culte pour le spécifique national, entendu différemment, en fonction de l’époque où ils ont vécu. Mais, chez eux, il ne faut pas confondre le « spécifique national » avec le « nationalisme». La roumanité, telle que je l’entends et telle qu’ils l’ont tous les trois entendue, devient un concept-clé d’une philosophie existentielle, d’un mode de pensée et de vivre spécifique du Roumain. Ils croyaient tous à l’existence d’un complexe de caractéristiques profondes, fondamentalement (ou fatalement) roumaines dont la spécificité est favorisée par l’histoire, le développement de la civilisation et les traits psycho-mentaux du peuple ainsi que par l’espace géographique où celui-ci vit.

Mihai Eminescu (1850-1889)

Chronologiquement, Mihai Eminescu est le premier qui part dans la constitution de son œuvre de la conscience de la roumanité et de la latinité et qui se rend compte qu’il faut bien conserver le fond ancestral roumain, les mythes et les archétypes du peuple roumain, tout en leur donnant une forme d’expression universelle. Il insiste sur le fait qu’il faut travailler la langue pour qu’elle raisonne/résonne universellement. Mihai Eminescu est le premier à constituer une œuvre poétique exemplaire à partir du fond autochtone, traditionnel, de l’histoire et du passé du peuple roumain, qu’il évoque lyriquement dans sa création. Le génie poétique d’Eminescu est incontestable ainsi que son aspiration à dresser en vers le portrait d’une « nation » et d’une culture populaire ancienne qui représentaient, pour lui, ce qu’il y avait de plus original et de plus profond. De mettre en relief et en style la roumanité entendue historiquement, territorialement, linguistiquement, en comparaison avec ce qu’il y a avait comme production culturelle en l’Europe de son temps. Il était conscient de l’importance que la langue roumaine joue dans le processus de la création littéraire, que c’est la langue qui doit évoluer, s’enrichir, s’ouvrir, se transformer. La conscience nationale supposait pour lui une conscience langagière.

L’un de ses poèmes très connus, La prière d’un Dace, peut être lu comme un document de roumanité, comme l’expression philosophique et poétique en même temps d’un mode de vivre, de sentir et de penser typiquement roumain. Mis sur les lèvres d’un Dace, de l’ancêtre du peuple roumain, la prière se trans-forme en une vision pessimiste, douloureuse de la vie, en la remémoration des origines de la création, du monde, de l’homme, de son destin tragique, pour les refuser d’une manière véhémente, tragiquement orgueilleuse. Cette vision n’est pas étrangère du fatalisme grec ou de la « nada » espagnole. Mais Eminescu insiste sur la dignité dace, sur la force de caractère du peuple, et sur l’importance des rituels, des coutumes. Il faut savoir garder la verticalité malgré le tragique de l’existence. La roumanité signifie savoir mourir en toute dignité. Le respect des ancêtres, de la culture populaire représente pour Eminescu des traits essentiels pour le portrait culturel du Roumain.

L’espace mioritique, selon Lucian Blaga (1895-1961)

Lucian Blaga vient compléter la vision eminescienne. Dans sa Trilogie de la culture (1944) (Horizon et style, L’espace mioritique, La genèse de la métaphore et le sens de la culture), il insiste sur le rôle que la culture joue dans le modèle existentiel roumain. Il fait le plaidoyer du spécifique national de la culture roumaine dans son ouvrage L’espace mioritique, paru en 1936.

En analysant la culture populaire roumaine, Blaga arrive à affirmer l’existence d’une matrice stylistique roumaine. Elle suppose un horizon spatial de l’inconscient qui est défini sur trois plans ou dimensions (ces aspects représentent l’essence de l’âme roumaine et de la culture roumaine qui en porte les signes) :
– musical ; c’est la musique exprimée par la doina (un chant particulier, imprégné de mélancolie, de tristesse, d’amertume, de désillusion) qui caractérise les profondeurs ancestrales de l’âme roumaine ;
– spatial: c’est le plai (une sorte d’espace qui combine des collines et des vallées), l’espace mioritique qui marque cette solidarité organique et d’horizon entre le Roumain et son habitation ; „mioritique” c’est un dérivé de „Mioriţa” qui signifie „mouton” ; c’est l’espace géographique roumain propre à l’élevage des moutons, l’occupation essentielle des ancêtres ;
– linguistique, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi : c’est le « dor », mot plurivalent, poétique et philosophique à la fois, quintessence de sentiments spécifiquement roumains, mélange de sensations ambiguës et fortes : amour, absence, tristesse, mélancolie, souffrance, vide.

Le Roumain habite musicalement, mélancoliquement et poétiquement cet espace qui influence irréversiblement son existence. La culture suppose aussi un certain sentiment de l’espace, dominé par un type de paysage. C’est cet espace-matrice qui stigmatise l’âme roumaine, un espace indéfiniment ondulé, c’est avec lui qu’elle se sent solidaire car elle garde quelque part son souvenir : l’espace mioritique, porteur du sentiment du destin, d’un fatalisme en sourdine, d’une mélancolie innée.

L’âme populaire roumaine a un penchant pour la nuance et la discrétion, pour les couleurs pâles et cela se manifeste dans tous les arts : dans la musique et la poésie, mais aussi dans la peinture ou dans les ornements architecturaux, dans le chant populaire, dans la „doina”, cette complainte populaire ou dans les „bocete”, les chants funèbres. Le „dor”, ce sentiment complexe et contradictoire, représente un motif lyrique par excellence. Il peut être mis en relation avec un objet extérieur (la bien aimée, la maison, la famille, le paysage, le village natal, etc.), mais il peut aussi bien ne pas se rapporter à un objet extérieur et devenir une force impersonnelle qui dévaste et subjugue ou charme tragiquement, une maladie cosmique, un élément invincible de l’être, un alter-ego, ou bien un sentiment métaphysique, dominant et fatal. Il est sûr que l’espace roumain a des configurations qu’on ne rencontre pas chez les autres peuples. Et c’est sur ce territoire que le folklore varié et plein de significations est né. L’espace mioritique a pu faire naître les ballades et les légendes roumaines, cet espace ondulé, cette montée-descente entre la colline et la vallée, comme un long balancement, comme une incessante hésitation, entretenue par un dur « dor », une absence ravageuse, une aspiration invincible d’un au-delà de sa propre condition. De toute façon, pour Lucian Blaga, l’espace mioritique fait partie intégrante de l’être national car le Roumain est solidaire avec cet espace, tout comme il l’est avec son passé, ses morts, ses mots et soi-même.

Constantin Noica (1909-1987)

Constantin Noica est l’exemple typique du philosophe roumain. Non seulement qu’il a beaucoup écrit sur les traits de cette nation, de cette culture et de cette langue, mais il a choisi de rester dans le pays, malgré les années de prison, les punitions communistes et les conditions précaires où il vivait. Il s’est retiré à Păltiniş, dans les montagnes, près de Sibiu, où il a créé une école de philosophie, où les jeunes venaient le voir et l’écouter, se laisser imprégner par sa vision philosophique, après avoir refusé les propositions de vivre ailleurs qu’on lui a faites, en France par exemple. Je vais surtout insister sur ses ouvrages dédiés à la roumanité : Le dire philosophique roumain (1970), Création et beauté dans le dire roumain (1973), Le sentiment roumain de l’être (1978).

Dans plusieurs essais, Constantin Noica médite sur la Roumanie et sur les traits essentiels de la nation et de la culture roumaine. À partir des questions à charge philosophique, „Mais en quel sens a-t-on le droit de parler d’une Roumanie éternelle ?” ou des verdicts remis en discussion par le philosophe de Păltiniş, par exemple sur le désespoir typiquement roumain, ce „triste péché” qui stigmatise le peuple et connaît toutes les formes chez le Roumain, allant de la „grimace sceptique et jusqu’au désespoir grave, irrémédiable, pathétiquement proclamé”, il tente de construire le portrait intérieur d’une nation qui a premièrement dû savoir survivre historiquement, lutter contre des invasions successives, sacrifier le culturel au politique, à cet ardent désir de se constituer comme nation intégrale et intègre, spatialement bien déterminé.

C’est vrai qu’on ne peut pas parler d’une Roumanie éternelle comme on parle d’une „France éternelle” ou d’une „Rome éternelle”.

Noica s’avère sceptique en ce qui concerne l’existence d’une Roumanie véritable ainsi que d’un type humain roumain. Car toute l’histoire de ce peuple n’a pu suivre les dimensions spirituelles, mais la géographie, le territoire sur lequel survivre, même pas vivre. Noica admet qu’on pourrait parler d’un Roumain géographiquement existant, mais pas d’un Roumain spirituellement défini, accompli. Les valeurs spirituelles roumaines ne se sont pas encore consolidées, affirmées, imposées universellement. La nation roumaine se trouve à la recherche de la perfection, de son achèvement ; le même processus arrive aussi à la langue. Les mots les plus représentatifs d’une langue sont les mots inachevés, suspendus, qui portent en eux un certain horizon, très illustratifs mais, en même temps, ambigus. Ces mots expriment une sorte d’« introduction au dor » selon les mots de Noica. Il s’agit, selon lui, de ce manque de perfection, d’achèvement qui produit la fascination qu’une langue exerce sur les autres, sa force expressive. Noica affirme que „Lorsqu’on veut montrer qu’on est autrement (différent) grâce aux mots et qu’ainsi le roumain a droit d’exister dans le monde, on invoque le mot dor”. Pour Noica, le mot „dor” représente un prototype : il est la composition sans composition, un tout sans parties.

Il y a pas mal de mots roumains de ce type et tous sont profonds. Le mot „dor” représente „une fusion et pas une composition”. Il s’agit de la fusion entre la douleur et le plaisir. Une sorte de „pleasure in pain”, le plaisir provoqué par la douleur. Noica conclut son essai philosophique par la conviction que le peuple roumain n’a pas „le génie des compositions”. Mais, en revanche, tous les historiens de la culture et de l’art ont observé la vertu de la langue roumaine à donner une synthèse spécifique, une fusion remarquable à la suite de laquelle est apparue „une nouvelle harmonie” ou bien „une nouvelle tension”, „une nouvelle sollicitation spirituelle”.

Constantin Noica arrive à la conclusion qu’il y a une sorte de „champ du mot”, un champ sémantique, un horizon de significations que le mot ouvre, projette par ce qu’il dit ou ne dit pas, par ce qu’il révèle ou cache.

Si le mot „dor” surprend et suspend la spécificité de l’âme roumaine, il y en a un autre qui imprime et exprime „le sentiment roumain de l’être”.

Ce n’est qu’une préposition qui est capable de prendre à sa charge toute une philosophie de l’être roumaine : la préposition „întru”, difficilement traduisible, car elle marque en même temps une position et une direction : on est dans quelque chose (dans un horizon, dans un système) ; on se dirige vers quelque chose. Grâce aux vertus plurivalentes de cette préposition, Noica peut interpréter philosophiquement tous les traits de la roumanité : son spécifique géographique, les particularités de la langue, sa latinité, la civilisation fondée sur la nature, la culture déterminée par l’histoire, dominée par la capacité de s’ouvrir sur le nouveau, tout en étant (gardant) le spécifique roumain, de combiner la tradition et la modernité, l’Ouest et l’Est, de ne pas se trouver entre deux mondes, mais, en même temps, dans et vers (întru) deux mondes. La conscience roumaine ne suppose pas seulement „être dans” quelque chose d’absolu, de fixe, mais aussi „être vers”, avoir un horizon devant soi.

Noica affirme : „Comme homme, chacun de nous est formé d’une nature individuelle, dans laquelle il se sent coincé, mais par laquelle il se sent obligé de se diriger vers l’humain ; chacun de nous appartient à un être national et à un être social, par lesquels il peut et doit se diriger vers l’universel. De même, tout être est limité, mais pour être véritablement il doit passer d’une limitation qui limite à une limitation qui ne limite pas”.

L’identité roumaine serait, selon Noica, „être envers” pour reprendre la préposition française que Nicolas Cavaillès a choisie pour traduire son traité ontologique. Être et aspirer à être. Exister et désir d’exister.

Respecter son spécifique national et savoir l’ouvrir sur l’universel serait la grande leçon que les trois auteurs évoqués ont donnée au peuple roumain.

Au-delà de tous ces arguments géographiques, philosophiques et linguistiques en faveur de l’existence des traits décisifs pour la condition roumaine, il y a aussi, je crois, un certain mouvement intérieur qui domine le Roumain, souvent malgré lui : c’est le sentiment de la fatalité, de ce „à quoi bon” quotidien, d’une sorte de se laisser aller, qui est à l’origine de toutes ses actions, même des plus passionnantes. S’il fallait choisir l’expression la plus représentative pour le Roumain, je m’arrêterais à ce verdict poétique : „n-a fost să fie”, („Cela n’a pas été de telle sorte que cela soit”), la marque de tout un style fatidique roumain de se trouver au monde. Livre pour la référence de Catherine Durandin

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De la gastronomie. Une „Savoureuse Roumanie” confrontée aux carriéristes vedettes de la cuisine. Un héritage, des prétentions et beaucoup d’improvisations.

Casa Doina, Casa Capsa, Carul cu bere, Hanul Manuc, un patrimoine géré par des ambitieux dont les parcours sont aussi opaques que les grades des sécuristes sous Ceausescu.

En Roumanie en fait mieux vaut manger chez l’habitant que manger au resto !

A Bucarest c’est plein de restos ” Non stop ” Piata Unirii, Piata Romana, ou ailleurs, pizzas, hambugers sur lesquels se jettent beaucoup de jeunes croyant être à la mode …peu de restos cuisinant roumain, Il y en a mais assez peu.

On assiste à une cuisine surfaite, sans origine réelle, en un mot, bidon ! A ce titre c’est un peu pareil en Roumanie où j’ai mangé du sarmale uniquement dans les familles et plutôt à la campagne. On est confronté à une cuisine standard faite d’idées reçues qui n’a plus rien à voir avec la cuisine locale … sinon il faut y mettre le prix et encore … ce n’est pas gagné !

L’évolution de la restauration à Bucarest depuis 1995 s’est opérée en quatre grandes phases chronologiques, passant d’un désert post-communiste à une saturation ultra-moderne et mondialisée. Voici comment la scène culinaire de la capitale roumaine s’est métamorphosée en trente ans.

  1. 1995–2000 : L’ère des pionniers et des fast-foods. Arrivée des géants occidentaux : Cette période est marquée par l’implantation des premières grandes chaînes de restauration rapide (comme McDonald’s en 1995), symboles absolus de modernité et d’ouverture vers l’Ouest pour la population locale. Restauration de fortune : En dehors des grands hôtels internationaux, l’offre locale se résume à des kiosques de rue vendant des covrigi (pretzels) ou des şaorma (shawarmas), ainsi qu’à de rares restaurants traditionnels d’État privatisés, souvent vétustes.Clientèle d’affaires : Les rares vrais restaurants ciblent uniquement les expatriés, les diplomates et la nouvelle classe d’hommes d’affaires, avec des menus dits „internationaux” (souvent une cuisine italienne ou française basique).
  2. 2000–2007 : L’émergence des concepts et le réveil du Vieux Centre. Création des premiers groupes : C’est le début de la structuration du marché avec la naissance de chaînes locales fortes. Le groupe City Grill est fondé en 2004, démocratisant l’accès à des restaurants propres, standardisés et au service structuré. Renaissance de Lipscani : Le centre historique (Vieux Centre), autrefois abandonné et insalubre, commence à attirer les investisseurs. Des bars, des cafés et des terrasses s’y installent massivement, transformant le quartier en zone piétonne festive. Le retour de la tradition théâtralisée : Des institutions historiques comme Caru’ cu Bere sont reprises et relancées avec succès, mêlant folklore roumain, décors historiques impressionnants et forte rentabilité.
  3. 2007–2019 : L’intégration européenne et le boom du „Cool Bucharest”. L’effet UE et l’exode inversé : L’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en 2007 change la donne. Des chefs roumains partis se former en Europe de l’Ouest ( Principalement au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie, assez peu en France) reviennent au pays avec un savoir-faire technique et managérial inédit.

L’explosion du Specialty Coffee : Bucarest devient l’une des capitales européennes du café de spécialité. Ce mouvement crée une culture du „bistro” et du brunch le week-end, calquée sur les standards de Londres ou de Berlin, notamment dans les quartiers nord et branchés (Dorobanți, Floreasca).

Création de la Nouvelle Cuisine Roumaine : Autour des années 2015-2016, des chefs audacieux lancent des tables gastronomiques (comme l’ancien restaurant Maize ou Noua). Ils subliment les ingrédients locaux délaissés, prouvant que la cuisine roumaine ne se limite pas aux plats lourds et riches en viande.

  1. Depuis 2020 : Hyper-professionnalisation, inflation et „Instagrammabilité” Résilience et digitalisation : La crise de la COVID-19 a forcé une restructuration brutale. Les plateformes de livraison (Tazz, Bolt Food) sont devenues omniprésentes, poussant les restaurateurs à optimiser leurs coûts et à créer des dark kitchens.

La dictature du visuel : Pour survivre face à une concurrence féroce, les nouveaux établissements misent tout sur le design intérieur. Les lieux doivent être „photogéniques” pour les réseaux sociaux, quitte à ce que la qualité de la nourriture passe parfois au second plan. Choc inflationniste et pénurie de main-d’œuvre : Le secteur souffre d’un manque criant de personnel local (compensé par l’importation de main-d’œuvre d’Asie du Sud-Est) et d’une explosion des prix. Manger au restaurant à Bucarest coûte désormais le même prix que dans de nombreuses capitales occidentales.

Une scène gastronomique en transformation, entre évolution et mystification

La transformation de la scène gastronomique de Bucarest repose en grande partie sur une poignée de chefs visionnaires qui ont su briser les codes de la cuisine traditionnelle pour imposer la Nouvelle Cuisine Roumaine ou des concepts d’avant-garde.
Voici les figures incontournables qui redéfinissent l’assiette bucarestoise actuelle.

  1. Alex Petricean (Le théoricien de la Nouvelle Cuisine Roumaine) Son établissement : NOUA. Bucătărie Românească.
    Son parcours : Révélé par Master Chef Roumanie, il s’est formé dans les plus grandes tables mondiales (dont le célèbre Noma à Copenhague et Central à Lima) avant de revenir au pays. Il a été distingué au niveau international par les The Best Chef Awards. Son impact : Alex Petricean est le chef de file du renouveau culinaire roumain. À travers son menu de dégustation construit comme un „conte”, il utilise exclusivement des ingrédients locaux de saison. Il redonne vie à des traditions paysannes oubliées en les sublimant avec des techniques de pointe contemporaines.
  2. Radu Călin (L’esthète de l’expérience sensorielle). Son établissement : Kaiamo. Son parcours : Après de nombreuses années passées à parfaire son art au Royaume-Uni au sein de restaurants étoilés, il est rentré à Bucarest avec une vision radicale et sans compromis de la restauration. Son impact : Avec Kaiamo, il a imposé un concept de „gastronomie expérimentale” fondé sur la nostalgie et les contrastes. Ses menus changent strictement tous les trois mois pour suivre le rythme absolu de la nature et du terroir local. Il transforme des souvenirs d’enfance de l’époque communiste ou rurale en œuvres d’art comestibles, marquant profondément la haute cuisine de la capitale.
  3. Radu Dumitrescu (Le héraut de la cuisine de marché et de l’honnêteté)Son établissement : Voilà, le Bistrot. Son parcours : Ancien banquier et homme de radio, ce chef autodidacte est devenu une figure médiatique incontournable (notamment comme juré de MasterChef Roumanie). Son impact : Radu Dumitrescu défend une approche de la cuisine à la fois „gourmet” et sans prétention, basée sur le concept d’ardoise changeante et de produits de marché. Installé dans une charmante maison de patrimoine, il refuse le formatage industriel des menus. Il éduque le palais des Bucarestois à apprécier la simplicité d’un ingrédient local parfaitement sourcé et cuisiné à l’instant T.
  4. Adrian Hădean (Le mentor et l’activiste culinaire)Son influence : Bien plus qu’un chef de cuisine, il est un pilier de la culture gastronomique nationale.Son parcours : Fort de près de 30 ans de carrière, il s’est fait connaître du grand public via la télévision. Son blog culinaire est l’un des plus lus de Roumanie.Son impact : À travers ses projets comme Attic Lab et son ONG Social Food, Hădean utilise la cuisine comme levier d’impact social et d’éducation. Il a grandement contribué à professionnaliser les équipes en cuisine à Bucarest, à sensibiliser les consommateurs sur la qualité des produits et à structurer le secteur HoReCa roumain.
  5. Alexandru Dumitru a débuté à l’Auberge de Soleil à Napa Valley, en Californie, puis a travaillé dans la cuisine du restaurant Les Solistes à Berlin, sous la direction de Pierre Gagnaire, et a étudié la gastronomie à la HRC Culinary Academy à Sofia.Il revient en Roumanie en 2016 et dessine le premier projet From Farm to Table, à ATRA Doftana, où en plus d’élaborer un menu de saison, il cultive également le jardin du restaurant, un concept innovant sur le marché local.En 2018, il a repris la cuisine du Bistro Ateneu, récompensé en 2019 par le Gault & Millau Chef of the Year, où il a continué à explorer la nouvelle cuisine roumaine. Depuis 2020, il a ouvert Anika, son propre restaurant qui respecte les mêmes principes de la nouvelle cuisine roumaine, tout en ayant son propre jardin de légumes pour préparer le menu de saison. Il officie aujourd’hui au Singureni Manor.

C’est le premier restaurant qui a accueilli ce 21 juin un chef étoilé du niveau de Mauro Colagreco, pour l’ouverture de la saison de Polo en lien avec la société argentinienne de polo, pays dont le chef Mauro est originaire.

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Cristina Roșu: „L’équipe du Singureni Manor Polo Club Roumanie fait ses débuts le 26 septembre 2025”

Animée d’un esprit d’entreprise et d’une passion pour les sports équestres, Cristina Roșu a transformé la plaine de Singureni en un terrain de polo digne des destinations les plus prestigieuses comme Saint-Moritz ou Dubaï. Dans une semaine seulement, la compétition sur sable de Singureni reprendra, et Cristina, fondatrice de l’Association du Club Sportif de Polo de Singureni, sera également capitaine de l’équipe du Singureni Manor Polo Club. Malgré l’effervescence des préparatifs, elle a trouvé le temps de nous accorder un entretien…

 

 

Comment votre histoire a-t-elle commencé dans ce magnifique champ ?

Tout a commencé en janvier 2024, lors du tournoi de polo sur neige de Saint-Moritz, où j’étais invité par S.E. Massimo Baggi, Ambassadeur de la Confédération suisse en Roumanie, et par Reto Gaudenzi, Président de World Polo et organisateur depuis plus de quarante ans de l’un des événements les plus prestigieux dédiés au sport des rois. Ce fut une révélation : l’intensité du jeu, l’élégance des joueurs, l’énergie transmise au public – tout cela me donnait le sentiment de vivre un moment unique. Je suis rentré chez moi avec une idée claire : la Roumanie avait besoin d’un tel événement. Neuf mois plus tard, grâce à un travail acharné et à une équipe locale extraordinaire, qui a cru en ce rêve dès le départ, nous avons réussi à organiser, en partenariat avec World Polo, la première édition de la Singureni Manor Polo Cup.

L’article de Ana-Maria Prunariu pour Forbes

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La fiction est à la base de notre civilisation

Inspiré de Sapiens de Yuval Noah Harari paru en 2011, en hébreu : Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d’hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens. Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de …
Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d’hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens. Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l’homme ? A dépendre de l’argent, des livres et des lois ? A devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ? Véritable phénomène d’édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur.

Nos sociétés sont basées sur des mythes, des histoires que l’on se raconte les uns les autres. La plupart des choses dont nous discutons n’hésitent nulle part ailleurs que dans notre imagination.
Déjà, vos pensées fourmillent de “Qu’est-ce qu’il raconte ? Bien sûr que … existe !”. Et si nous vous prouvions le contraire ?

La fiction est la base des sociétés

Laissez-moi d’abord vous poser une question : Qu’est ce qui fait que nous, humains, sommes si différents des autres animaux ? Nous ne sommes pas plus forts qu’un éléphant, pas plus rapides qu’un cheval, nous n’avons rien pour nous défendre naturellement contre prédateurs en tout genre. Ce qui fait notre spécificité, c’est avant tout que nous avons un langage. Vous pourriez m’opposer que les animaux aussi ont un langage : les fourmis communiquent par phéromone pour créer des sociétés de milliers d’individus, les loups peuvent signifier par un aboiement particulier la présence d’une proie ou d’un danger.

L’ultime pouvoir : contrôler notre évolution
Cette capacité purement humaine a eu un effet inédit et incroyablement puissant. Nous coopérons car nous croyons dans les mêmes choses, dans les mêmes mythes. Et pourtant, il suffit de changer les mythes pour que nous changions nos formes de coopération. La Révolution Française marque le changement brusque des croyances françaises : les gens ont cessé de croire au mythe du droit divin pour croire au nouveau mythe du pouvoir du peuple.
Les animaux, tous en dehors de nous, voient leurs comportements évoluer selon leur ADN et sur leur environnement. Cela fait qu’un groupe d’une même espèce au même endroit agit globalement de la même façon. Il faut attendre que l’ADN change pour que les comportements changent.
L’homme quant à lui, n’est limité que par cette imagination : nous partageons le même ADN humain, mais agissons tous différemment. Et même dans un environnement identique, nous agissons différemment de nos voisins. Ce qui nous fait agir de la manière dont nous le faisons, c’est notre croyance dans ces mythes : nous croyons au mythe de l’entreprise, donc nous agissons comme employés d’entreprise.
Il ne nous faut que quelques années pour modifier en largeur nos structures sociales. Au XXème siècle, un Allemand a pu connaître un empire, puis une république, le IIIème Reich, une dictature communiste puis à nouveau une république. Tout cela sans que l’ADN n’ait jamais changé. Nicolas Graingeot Découvrir

Patrick-Pierre PettenuzzoRendez-vous en septembre pour la lettre N° 61.

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