Sarbatoarea Gustului / La fête du goût 2020/2030 pentru educație incluzivă privind alimentația sustenabilă în România.

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Sarbatoarea Gustului / La fête du goût 2020/2030 pour une éducation formelle en Roumanie incluant l’alimentation durable.

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Le Festival du Goût, (Sarbatoarea Gustului en roumain) une initiative éducative qui encourage le libre arbitre des jeunes élèves des écoles primaires, ambassadeurs auprès des familles, afin qu’ils deviennent des citoyens informés et actifs quant à leur consommation alimentaire.

Quand il existe la conscience du choix, la liberté de manger sain nous appartient.  L’éducation au goût, un incontournable de la soutenabilité pour les générations de demain. L’éducation au goût et à l’alimentation au coeur du programme éducatif créé par Sarbatoarea Gustului depuis 2014.

Nos systèmes alimentaires sont au cœur des enjeux de la transition écologique. Le prix est l’indicateur de la qualité nutritionnelle des produits. Ces résultats montrent que la nutrition ne relève pas uniquement du choix individuel. Elle dépend aussi du pouvoir d’achat. Quand les produits sans additifs à risque coûtent en moyenne 63 % plus cher, l’accès à une alimentation saine devient un privilège !

C’est effarant… mais tellement logique : quand le seul objectif est de produire moins cher, additifs, conservateurs, exhausteurs de goût et autres épaississants, sucre ajouté et sel deviennent des outils au service de cette stratégie, …au prix de négliger les problèmes de santé publique qu’ils posent. Et on accuse les produits qui se passent de ces artifices d’être trop chers. Derrière un prix bas, il y a toujours quelqu’un qui trinque…

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Les fruits et légumes de mai

En mai, les arbustes commencent à donner des petits fruits, les fraisiers ont bien démarrés, les légumes nouveaux sortent de terre…

Le mois de mai apporte les saveurs fraîches et printanières que l’on aime tant. Avec le retour des beaux jours, les fruits et légumes verts et rouges dominent.

  • Le vert avec les petits pois, les artichauts, les asperges, les courgettes et les fèves, qui rejoignent les concombres et le fenouil.
  • Le rouge avec la rhubarbe, les tomates, les fraises, les framboises et les cerises. Miam !

Les stars du mois de mai

Blanc ou violet, l’artichaut est un „superaliment”. En effet, ces bienfaits sont nombreux.

Antioxydant, il stimule le foie et aide les bactéries bénéfiques de l’intestin à se développer. Il est également riche en fibres, cuivre, potassium, vitamines, fer et magnésium. Cerise sur le gâteau : il est très peu calorique.

Le mois de mai est aussi celui des herbes aromatiques fraîches : estragon, basilic, persil, aneth, coriandre, ciboulette, thym, sauge, verveine ou encore menthe. Elles apportent une touche subtile à vos salades, tartes, plats cuisinés.

Côté fruits, les toutes premières cerises arrivent (s’il fait vraiment chaud). Disponible jusqu’à fin juin, ce fruit à une saison courte, alors profitez-en !

Les fraises sonnent le retour des beaux jours !

Selon les variétés, elles sont plus ou moins fermes ou sucrées : fraise des bois, gariguette, mara des bois, de Plougastel, du Périgord, de Nîmes… En plus d’être antioxydante, la fraise est l’un des fruits les moins caloriques et les mieux dotés en vitamine C.

Enfin, vous pouvez déguster les tous premiers melons et les premières framboises.

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Les recettes du chef Alain Alexanian

Chou rouge aux pommes, châtaignes et raisins secs

 

 

En général, je commence toujours le chou rouge par une émincée crue, une petite vinaigrette, une pomme râpée et un peu de persil à la fin. Je poursuis ensuite avec cette recette que je sers aujourd’hui en plat unique, alors qu’hier elle n’était qu’un accompagnement d’un joli rôti. En cuisine, rien n’est jamais figé : les choses évoluent toujours.

Voir la progression de la recette.

Fabrication d’un lait d’amande

Depuis le temps que l’on demandait cette recette au chef, la voilà : une boisson végétale faite maison, avec une couleur et une saveur plus particulière que celle du commerce. Et pour cause, vous savez ce que vous achetez. Il vous restera une pulpe appelée okara, ce qui me donnera évidemment l’occasion de vous concocter la recette suivante.

Voir la progression de la recette

 

Mille-feuille aux fraises

 

Ce dessert est ici aux fraises, mais il sera bientôt à la framboise. Toujours aussi simple, en trois éléments, il est encore plus joli lorsqu’on monte les étages à la poche à douille. Le craquant de la feuille de brick ne se compare pas au feuilletage d’un mille‑feuille, mais c’est un choix assumé et pleinement voulu.

Voir la progression de la recette

Lorsque Alexanian, un jour de 2017 decouvrit son double à Bucarest, Alain, le cuisinier et philosophe du goût.

„Il n’y a de progrès, pour nul écolier au monde, ni en ce qu’il entend, ni en ce qu’il voit, mais seulement en ce qu’il fait.”  Alain – le philosophe. Émile-Auguste Chartier (1868- 1951)

Chef cuisinier depuis presq’un demi siècle. D’origine arménienne, il a appris la joie de cuisiner aux côtés de sa grand-mère et commencé sa formation professionnelle à 14 ans. En 1986, il inaugure le restaurant l’Alexandrin à Lyon, étoilé par la suite pendant 15 ans au Guide Michelin. Il rédige en 2009 la charte Alain Alexanian de Développement Durable pour les cuisiniers avec le concours du WWF. Il crée parallèlement en 2003 le concept de restauration rapide „A Point Café”, qui reçoit la Palme d’Or 2005 du meilleur concept de restauration en France par le Leader’s Club.  Il est depuis 2010 créateur de l’Art du thé à la française pour Kamélya. Il est également le chef des chefs, responsable de l’espace du village VIP du Bocuse d’Or depuis 95.

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L’art de la taille des légumes en restauration : un levier RSE et anti-gaspillage pour les professionnels lyonnais

La découpe des légumes au restaurant comme levier d’économie

Dans une ville aussi gastronomique que Lyon, chaque geste en cuisine peut faire la différence, pour le goût, l’environnement et la rentabilité. Parmi ces gestes, la découpe des légumes, bien plus qu’une simple étape technique, est un véritable art culinaire et un outil puissant de la démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises).

Chez OAFormation, nous accompagnons les restaurateurs dans leur montée en compétences, notamment grâce à des formations orientées anti-gaspillage, valorisation des produits et efficacité en cuisine.

Pourquoi maîtriser la découpe des légumes ?

Une cuisine plus durable et responsable. Une découpe précise permet de :

  • Réduire le gaspillage en valorisant chaque partie du légume (pelures, fanes, tiges).
  • Optimiser la cuisson en assurant une taille uniforme.
  • Respecter la saisonnalité et tirer le meilleur de chaque produit frais.

Un impact direct sur la performance :

  • Standardisation des portions : idéal pour maîtriser les coûts et limiter les pertes.
  • Valorisation visuelle des assiettes : une belle présentation séduit autant les clients que les réseaux sociaux !
  • Efficacité en cuisine : gain de temps, réduction des TMS (troubles musculo-squelettiques) et meilleure organisation du poste de travail.  L’art de la taille des légumes en restauration : apprendre

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Les essentiels à connaître : L’eau de tomates

Exemple : Les verres adoptent l’eau de tomate en version légère

Versée bien froide dans un verre avec du citron, un peu de sel et éventuellement une touche piquante, l’eau de tomate devient un apéritif simple, avec ou sans alcool. Mélangée à de l’eau pétillante et à quelques feuilles de basilic ou de menthe, elle donne un mocktail sec, moins sucré que la plupart des boissons d’été. Ce format évoque un Bloody Mary, tout en restant plus fluide et plus facile à boire. Filtrer l’article

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Transition écologique : des cobénéfices concrets pour les habitants

Selon le 26ᵉ baromètre de l’ADEME sur les représentations sociales du changement climatique, paru fin 2025, les principaux sujets de préoccupation des Français sont la hausse des prix, les déficits publics et la sécurité. La transition écologique, qui arrive en cinquième position, répond à tous ces enjeux. Localement, elle a même de nombreux autres cobénéfices.

Moins de cancers et maladies chroniques. Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, la transition écologique peut être considérée comme un investissement de santé publique.

Améliorer la qualité de l’air grâce à la réduction du trafic automobile, lutter contre les îlots de chaleur, dépolluer les sols, maintenir une eau de qualité, encourager les mobilités actives sont autant de mesures qui contribuent à réduire les risques de cancers, de maladies respiratoires, de pathologies cardiovasculaires et d’infertilité. La création d’espaces verts et la réduction du bruit contribuent par ailleurs à la santé mentale des habitants.

Lire l’article d’Avril 2026

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” J’aime le challenge et l’aventure entrepreneuriale „

Le chef Danny Khezzar, qui officie avec Michel Roth au Bayview de Genève. 

Artiste rigoureux, imaginatif, une technicité impressionnante, ce maître cuisinier trentenaire est un phénomène original !

Sur instagrame, ses vidéos sont millimétrés, magiquement enchanteresses et tellement goûteuses à la vue, que nos papilles fondent de plaisir.

A tout juste 30 ans, celui que le classement La Liste 2026 a désigné Talent de l’Année et qui compte 1,2 million de followers sur Instagram, affiche une belle cadence. L’infatigable chef Danny Khezzar à la tête du restaurant gastronomique Bayview, à Genève, signe en outre la carte d’un restaurant japonais, d’un bistrot français et s’apprête à dupliquer, à Paris, Sheesh, son concept street-food lancé en Suisse.

Lire l’interview réalisée par Chloé Labiche le 05 mai dernier pour Zepro.

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Fête du Goût 2020/2030 ; Un projet d’éducation alimentaire inclusif essentiel pour l’agriculture, le bien-être des citoyens et les ressources de la planète.

Bon pour le goût, bon pour la santé, bon pour la planète !

Projet national visant à établir une éducation inclusive favorisant la sensibilisation à la nutrition. Un plus pour sensibiliser à l’ambitieux projet d’une Roumanie „Jardin vert de l’Europe”. Nos achats alimentaires du quotidien favorisent l’économie tout en impactant le réchauffement climatique, la biodiversité et le vivant.

Par conséquent, acheter de manière responsable ce que nous ingérons pèse autant sur notre santé que sur l’avenir de la planète.

De la terre aux déchets, la chaîne alimentaire de la production à la distribution, en passant par sa transformation, produit 34 % de GES et génère 80 % des déchets ménagers, dont 60 % de plastique.

L’éducation nutritionnelle selon le programme des ODD dont 13 sur 17 touchent directement la nutrition au niveau global. A l’unisson d’un partenariat stratégique franco-roumain, „Les Classes de Goût” contribuent à une meilleure connaissance des métiers de bouche et à une dynamique clé pour l’accueil d’un pays.

Avec la Fête du Goût 2020/2030, nous encourageons les établissements à créer les bases d’une éducation également pour les enseignants, à leur fournir les outils pour enseigner et aborder les cours du goût en diffusant le livre „L’Art du Bien Manger BIO” écrit par le Chef Alain Alexanian. Également les brochures pédagogiques, cahier d’exercices ludiques et interactifs encouragent une alimentation locale, variée et diversifiée, ainsi que l’acquisition des gestes responsables en faveur de la planète.

Une éducation alimentaire claire et indépendante est une arme de pédagogie massive pour : L’histoire, la géographie, les sciences de la vie, la vie agricole et la biodiversité, le patrimoine vivant et l’économie, la francophonie via la codification de la cuisine, la culture, le tourisme durable et la connaissance des métiers de bouche.

Donnons à chacun une chance de comprendre les défis alimentaires à l’échelle mondiale.

Toutes les opinions ne se valent pas, selon qu’elles sont éclairées par la connaissance ou l’ignorance, la réflexion ou une idée reçue. Nos enfants ont besoin d’être formés au plus vite à l’esprit critique qui manque aujourd’hui à tant de nos concitoyens, le niveau du débat public et des échanges sur les réseaux sociaux en est la preuve quotidienne.

Un parcours pédagogique qui s’appuie sur quatre piliers, (diversité, équilibre, modération et adéquation) pour couvrir l’ensemble de la chaîne alimentaire „de la fourche à la fourchette” en s’échelonnant sur toute la période scolaire, du primaire à l’université.

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Orient Express Corinthian, le plus grand voilier du monde

Baptisé le 29 avril 2026 à Saint-Nazaire. Battant pavillon français, ce voilier de 220 mètres incarne une nouvelle ère du voyage, alliant innovation navale de pointe et artisanat d’art français.

Prouesse technologique et bijou d’artisanat d’art français, le navire appareillera de Saint-Nazaire le 2 mai 2026, pour rejoindre la Côte d’Azur avant d’entamer sa saison inaugurale en Méditerranée.

Laurent Castaing, Directeur général de Chantiers de l’Atlantique, a déclaré : „Depuis plus de cent soixante ans, Chantiers de l’Atlantique construit des navires qui marquent leur époque. L’Orient Express Corinthian en est la dernière démonstration : 220 mètres, 15 000 tonnes portés par le vent, trois voiles SolidSail fruit de dix ans de recherche et développement. C’est une réponse concrète, technique, aux enjeux de décarbonation du transport maritime. Mais c’est avant tout l’oeuvre de femmes et d’hommes d’une exigence et d’une passion rares. Je leur dois cette humble fierté. Mais surtout je remercie Orient Express pour la confiance qu’ils nous ont accordée dès le démarrage de cet incroyable projet.”

Sébastien Bazin, Président-Directeur général de Accor, a déclaré : „Décliner Orient Express en mer s’inscrit naturellement dans l’imaginaire de cette marque mythique : un voyage fondé sur la découverte, le temps long, l’excellence et l’élégance. L’Orient Express Corinthian incarne avec majesté et audace cette vision. Grace a sa propulsion vélique, ses espaces sublimés par des matériaux rares et en offrant une expérience originale, pensée pour une clientèle internationale, nous avons relevé un triple défi : industriel, architectural et artistique. Ce voilier, né de la collaboration et de la confiance qui s’est construite depuis deux ans entre Accor et Chantiers de l’Atlantique incarne aujourd’hui avec panache le meilleur des savoir-faire et de l’artisanat français”.

Une prouesse technologique à la voile

Orient Express Corinthian est né de la collaboration entre Orient Express et Chantiers de l’Atlantique, référence mondiale en ingénierie navale. Ce navire de 220 mètres de long incarne la convergence entre le raffinement de l’art de vivre à la française et l’industrie navale de pointe.

Il est le premier navire de croisière équipé du système de propulsion vélique SolidSail, développé par Chantiers de l’Atlantique. Ses trois gréements de 1 500 m² chacun, culminant à plus de 100 mètres et pilotables de façon automatisée, peuvent assurer, météo permettant, une propulsion 100 % vélique. Orientables à 360 degrés, ils permettent une position optimale des voiles quel que soit le cap du navire ou l’orientation des vents. Inclinables jusqu’à 70°, ses mâts en carbone, conçus, développés et fabriqués en Régions Bretagne et Pays de la Loire, passeront sans peine sous les grands ponts du monde.

Les derniers essais en mer, conduits en février 2026, ont confirmé ses performances : par 20 noeuds de vent, ce navire de 15 000 tonnes a atteint la vitesse de 12 noeuds, par la seule force du vent. Une première pour un navire de cette taille.

Ce système révolutionnaire est complété par une propulsion hybride au gaz naturel liquéfié (GNL) et de nombreux dispositifs d’efficacité énergétique, lui valant le meilleur indice EEDI (Energy Efficiency Design Index) de sa catégorie, loin devant les autres navires de cette taille.

Un écrin de l’hospitalité et des plus beaux savoir-faire français en matière d’artisanat d’art.

Baptisé un siècle après la mise à flot de l’Île-de-France, en ces chantiers qui donnèrent aussi naissance au mythique Normandie, Orient Express Corinthian entend, comme eux en leur temps avec le mouvement Art déco, faire rayonner l’artisanat d’art français à travers le monde et sublimer l’art du voyage.

L’art de vivre à bord

Orient Express Corinthian compte 54 suites, dont les surfaces varient de 45 à 230 m², réparties sur quatre ponts. Chaque suite bénéficie de fenêtres panoramiques offrant une vue inédite, avec une hauteur sous plafond rehaussée de 25 cm par rapport aux standards en vigueur. Les matériaux nobles comme les cuirs, les essences de bois précieux et les marbres composent un intérieur raffiné. Un majordome est dédié à chaque cabine.

Les itinéraires

Après son départ de Saint-Nazaire le 2 mai, le navire rejoindra la Côte d’Azur avant d’entamer sa saison inaugurale. De mai à octobre 2026, Orient Express Corinthian sillonnera la Méditerranée et la mer Adriatique, avant de traverser l’Atlantique à l’automne pour rejoindre les Caraïbes pour la saison d’hiver. En 2027, une nouvelle collection d’itinéraires étend le sillage du navire vers la Méditerranée orientale et l’Europe du Nord.

Prendre la mer

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Cyril Dion : la résistance peut-elle être poétique ?

„Je vais vous dire tout ce qu’on ne peut jamais raconter à la matinale. Je vais vous dire ce que j’ai sur le coeur et comment je crois qu’on peut s’en sortir.” Cyril Dion accepte en août 2024 de tenir une chronique sur France Inter, chaque mercredi. Les chroniques ici rassemblées puisent joyeusement dans tous les champs disciplinaires. On y parle de désobéissance civile, d’écologie politique, de démocratie, d’algorithmes, de capitalisme, de plastique, de poissons morts, de crottes de chien, de stratégies pour faire tomber un pipeline ou un dictateur, mais aussi de poésie, de santé mentale, des Beatles et d’amour. C’est un livre qui dit que les petits gestes ne suffisent pas, que le système est pipé, mais qu’on peut encore essayer de changer les règles du jeu.

La lutte enchantée”. Très bel oxymore parce que lutter pour un monde meilleur, ça ne peut pas marcher si nous n’enchantons pas nos vies.

Réalisateur, mais aussi poète et musicien, Cyril Dion défend un militantisme écologique qui passe par le réenchantement du monde. „On va vers le précipice, mais il y a un petit chemin sur le côté, il nous appartient encore de le prendre, ou de le créer”. Aux arts citoyens !

Faut-il chercher à avoir l’oreille des puissants ou au contraire cesser de perdre son temps en comprenant qu’ils sont, de toute façon, aveugles et sourds ? Et puis il y a des jours où il sait. Il sait comment résister. Il s’assoit à sa table, regarde autour de lui. Met son portable en mode avion. La fenêtre découpe un peu de bleu du ciel. En lui quelque chose s’est calmé, s’est allumé. Il se penche sur son carnet pour dire son amour du monde, des insectes et des arbres, pour dire sa joie de vivre et de désirer, il n’a plus honte maintenant, il ne se sent plus coupable, il prend son passé avec lui, même le plus douloureux, il le prend avec lui pour aller de l’avant, il prend son temps, laisse les mots venir, le traverser, devenir ce poème et c’est ainsi, dans cette présence revenue, au cœur de sa joie retrouvée, qu’il trouve sa manière de résister. Simple, basique. Calme et tranquille, mais conquérant. Non plus agité, habité. Non plus consommant, contemplant. Non plus produisant, créant. Un poème n’a jamais changé le monde, c’est vrai. Rimbaud a même fini trafiquant d’armes en Ethiopie. Mais un poème peut changer une vision du monde, ce qui n’est pas un mauvais début pour qui veut changer le monde. C’est un autre trafic : trafiquer la vision, la fiction, le récit. Il faut aux hommes pour se mettre en mouvement, et se mettre en mouvement ensemble, la force d’un récit, la puissance de résistance d’une poésie. Aux arts citoyens !

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La Roumanie a voté ce 5 mai 2026, une motion de censure qui a fait tombé le gouvernement Bolojan.

Rappelons-nous que les volontés technocratiques de l’Europe des capitaux ne correspondent pas exactement aux préoccupations et intérêts populaires.

14 décembre 1965 : le jour où de Gaulle a sauté tel un cabri à la télévision.

„Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant : l’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! Mais ça n’aboutit à rien et ça ne signifie rien. Il faut prendre les choses comme elles sont. Vous avez un pays français. Il y en a un. Vous avez un pays allemand. Il y en a un. Vous avez un pays italien, un pays belge, un pays hollandais, un pays luxembourgeois. Et vous avez un peu plus loin un pays anglais et un pays espagnol… Ce sont des pays. Ils ont leur histoire, ils ont leur langue, ils ont leur manière de vivre. Ce sont ces pays-là qu’il faut mettre ensemble. Ce sont ces pays-là qu’il faut habituer progressivement à vivre ensemble et à agir ensemble”

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Le 9 Mai fête l’Europe, et tous les „Oui, mais” dont Philippe Seguin sensibilisait déjà les opinions le 5 mai 1992 à l’Assemblée nationale

Nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraor­dinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionna­liser par avance des textes qui n’existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu’il s’agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n’en a pas le droit, rien de moins que d’abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l’application du traité.

Ayant fait référence à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l’esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j’entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n’est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l’avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous – et vous l’avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n’y a en vérité qu’un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l’entamer tout de suite et dans sa totalité.

De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu’il n’y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de „lessivage à grande eau”. A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l’astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l’on vous comprend, au point d’ailleurs d’esquiver vos responsabi­lités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s’agit même pas, si je m’en tiens à son libellé, d’un projet de loi de révision, mais d’un projet de loi consti­tutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire.

Car le pouvoir qu’on enlève au peuple, aucun autre peuple ni aucune réunion de peuples n’en hérite. Ce sont des technocrates désignés et contrôlés encore moins démocratiquement qu’auparavant qui en bénéficient et le déficit démocratique, tare originelle de la construction européenne, s’en trouve aggravé.

Dans ces conditions, un véritable fédéralisme, avec son Gouvernement, son Sénat, sa Chambre des représentants, pourrait demain apparaître comme un progrès, sous prétexte qu’il serait alors le seul moyen de sortir de l’ornière techno­cratique dans laquelle nous nous serions davantage encore embourbés.

C’est la raison pour laquelle je suis d’autant plus résolument opposé à cette solution d’un fédéra­lisme bancal qu’elle serait fatalement le prélude à un vrai et pur fédéralisme.

Or, soyons lucides, il n’y a aucune place pour des nations vraiment libres dans un Etat fédéral. Il n’y a jamais eu de place pour des nations réellement distinctes dans aucun Etat fédéral. Libre à certains de caresser l’illusion qu’il s’agit de créer une nation des nations : c’est là une contradiction dans les termes et rien de plus. Convenons plutôt qu’il y a quelque ironie à proposer à nos vieilles nations le fédéralisme comme idéal, au moment même où toutes les fédérations de nationa­lités sont en train de déboucher sur l’échec.

Donc, finissons-en avec cette vue naïve des choses qui vou­drait nous faire croire que la disparition des Etats-nations signifierait la fin des conflits armés, „la paix perpétuelle”, pour reprendre cette fois la terminologie d’Emmanuel Kant, lequel ne la concevait d’ailleurs que comme une paix entre nations souveraines.

Et à ceux qui entendraient dauber encore sur les passions nationales et leur opposer la sagesse millénaire des commis­sions et autres conclaves technocratiques et supranationaux, je voudrais rappeler quelques exemples de l’histoire récente. Ils méritent qu’on s’y arrête avant de passer par pertes et profits la possibilité de conduire une politique étrangère nationale.

Chacun a en mémoire l’absence radicale de la Commu­nauté de tous les événements majeurs de la fin des années quatre-vingt et du début des années quatre-vingt-dix : libéra­tion de l’Europe de l’Est, éclatement de l’Union soviétique, guerre du Golfe, tout s’est passé sans elle, lorsque ce n’est pas malgré elle !

Je pense qu’à quarante ans de distance le problème ne se pose pas en termes radicalement différents. L’avenir de la France ne dépend pas seulement du succès de l’Europe, mais l’avenir de l’Europe, à ce moment crucial de son histoire, passe certainement par le redressement de la France. En entravant sa liberté d’agir, en la contraignant à renoncer un peu plus à elle-même, on rendrait un bien mauvais service à l’Europe. Car la République française pourrait être l”âme ou le modèle de cette Europe nouvelle, aujourd’hui aspirée par le vide et qui hésite entre espoir et angoisse, goût de la liberté et peur du désordre, fraternité et exclusion.

Le discours intégral

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Tranches de vie, après plus de trente années vécues en Roumanie, de cette année-là d’une destination ignorée qui s’immisce dans mon destin. (VI)

Ce matin, alors que je me prépare à écrire ma lettre avec son lot de réveils de certains souvenirs, une drôle de morphée m’a emporté dans des voyages extraorbuleux en cette nuit révélatrice.

Parfois au cœur de ténébreuses signatures, par-delà les portes du réel, tu te sens partir à des antipodes, proche de mondes boulversifiants d’animalité, tu reconnais tes propres aspérités et vois au cœur de toutes tes qualités d’abomifreux. Toutes les vanités, les tragédies, les aspérités s’entrechoquent, tu découvres les univers inconscients de ton être, ceux que par involontarité en toute présomption d’innocence tu caches au monde mais qui parfois claquent et explosent le jour en emportant ton reflet. Le regard des autres s’assombrit, ils ont vu leurs propres délires, et s’aperçoivent aussitôt que le réel du quotidien est un même dérangeant.

Un chemin fait d’ascension et de chutes, entre Himalaya de frontières psychédéliques et murailles de Chine, recherches perpétuelles de grottes chaudes et protectrices tel des ventres bouillonnants de magma, ces sommeils paradoxaux où surviennent les nuits de tes transformisations en un loup d’animalités aussi âgé que la création d’un cosmos d’individualités.

Tout ce que tu comptes d’intelligence fonctionnelle se confrontent aux mondes virtuels des opacités de tes endormissements successifs.

Revenons à l’essentiel sur cette basse terre ce 7 mai pour la suite de mes pérégrinations par cette lettre qui fait appel au crépuscule de l’être pour Cioran.

Yalla !

Repère : Dans son essai sur Montaigne, Zweig semble chercher un moyen d’échapper à la tragédie de son temps. Son ouvrage s’articule autour de la notion de liberté : liberté de penser, liberté d’agir, mais surtout, importance des libertés individuelles. Entreprise égoïste ou auto-analyse ? Dans cet ouvrage, Zweig se fait le „psychologue de lui-même” et voit en Montaigne un nouveau modèle.

Après Érasme, Montaigne devient pour Zweig un nouvel alter ego, voire un frère. Montaigne a su s’isoler pour privilégier sa propre personne, revendiquant ainsi l’individualisme. Zweig fait ainsi l’éloge du retrait du monde comme vecteur d’ascension spirituelle. Montaigne s’impose comme modèle. Un modèle en tant qu’artiste, un modèle en tant que libre-penseur. Un génie créateur et solitaire, qui semble incarner un but ultime pour Zweig, durant son propre exil, et qui devient un moyen de se préserver de la barbarie du monde. L’artiste est alors synonyme de héros et incarne un modèle d’humanité qui prône le respect des libertés.

Ne me considérant ni Montaigne, ni Zweig, il existe indubitablement un processus pour chacun d’entre nous qui, entre créations, reconnaissances, rencontres, aspirations, rêves et inspirations subliminales se construit un être qui accompagne un destin. Du quantique à l’universalité en expansion au microcosme qui nous ouvre une route ignorée tout comme la surprise de sa finalité.

Des lectures de jeunesse aux errances sous d’autre ailleurs. 1976, cette année-là, nouveau départ qui s’insinue dans mes veines et choisi par incompréhension des contradictions comme d’une comédie humaine insupportables. Un lustre, jusqu’en 1981 et en attendant Ionesco et son théâtre pataphysique, la mort de Cioran, l’envol vers cette, à peine libérée du joug communiste, contrée aux portes de l’Orient, l’ancienne Dacie.

On the road again sur les traces de Kerouac et de London. Far-Ouest et la ville des anges. Après une halte de cinquante jours en Ontario à rammser le tabac. Une traversée en stop du Canada pour la ville qui tire son nom de George vancouver. De la désobéissance civile au transcendantalisme d’un Thoreau et les premières véritables approches politiques, de la suggestion de réflexions entre peuples premiers et modernité inutile. Le Mexique et la rencontre des Tarahumaras qui fascinaient Antonin Artaud. Marrakech et mon hôtel modeste sur la place Jemaa-el-Fna. Londres et sa grisaille de février en collocation dans un quartier populaire. Héraklion en Crète et ses cultures saisonnières. Québec, je me souviens, je reviendrai à Montreal…Dans un grand Boeing bleu de mer, en 1980 et pour huit mois, aux Amériques avant un retour pour de décevantes élections avec l’arrivée d’un margoulin de la politique.

„Le pays des Tarahumaras” est plein de signes, de formes, d’effigies naturelles qui ne semblent point nés du hasard, comme si les dieux, qu’on sent partout ici, avaient voulu signifier leurs pouvoirs dans ces étranges signatures où c’est la figure de l’homme qui est de toutes parts pourchassées. Que la Nature, par un caprice étrange, montre tout à coup un corps d’homme qu’on torture sur un rocher, on peut penser d’abord que ce n’est qu’un caprice et que ce caprice ne signifie rien. Mais quand, pendant des jours et des jours de cheval, le même charme intelligent se répète, et que la Nature obstinément manifeste la même idée ; quand les mêmes forment pathétiques reviennent ; quand des têtes de dieux connus apparaissent sur les rochers, et qu’un thème de mort se dégage dont c’est l’homme qui fait obstinément les frais et à la forme écartelée de l’homme répondent celles devenues moins obscures, plus dégagées d’une pétrifiante matière, des dieux qui l’ont depuis toujours torturé ; Quand tout un pays sur la pierre développe une philosophie parallèle à celle des hommes ; quand on sait que les premiers hommes utilisèrent un langage de signes et qu’on retrouve formidablement agrandie cette langue sur les rochers, certes, on ne peut plus penser que ce soit là un caprice, et que ce caprice ne signifie rien.”

1976, un séminaire politique pour le curieux, bientôt l’armée, objection ou pas ?

Ligue communiste révolutionnaire (LCR), séminaire politique, une année de prise de conscience.

Saint Hippolyte du Fort, une sorte de maison bleue. Adossée à la colline, on y venait à pied, on ne frappait pas, ceux qui vivaient là, avaient jeté la clé. 0 l’intérieur des chansons de ces dernières années, de ma solitude de fils unic, à mes rêves de trains, de contrées, d’inconnu. Séminaire aux airs de colonies de vacances dont j’étais nostalgiques, peut-être. On dort les uns contre les autres, on vit les uns avec les autres, comme le chantera Fabienne Thibeault quatre années plus tard. Mais au bout du compte, on se rend compte qu’on est toujours tout seul au monde ! Finalité, on se déteste, on se déchire, on se détruit, on se désire, c’est la vie, la lutte perpétuelle pour exister !

En mars 1976, l’organisation trotskyste française tente un tournant médiatique majeur en transformant son hebdomadaire Rouge en quotidien. Malgré une activité militante intense, l’organisation entame une période de décrue, passant de 3 300 membres en 1976 à environ 2 250 en 1980.Voici les points clés de la LCR en 1976.

Orientation politique : La LCR, active dans les luttes sociales, se réclame du „marxisme révolutionnaire” et se positionne à l’extrême gauche. Activités : Elle soutient des mouvements ouvriers et, en 1976, s’implique notamment dans des mouvements de solidarité, comme en Espagne.

Cette période voit la fin des séminaires de formation auxquels participaient l’été les militants de l’AMR, au début des années 1970, à Gourgas dans les Cévennes, dans une ex-abbaye séculaire bâtie sur une colline perdue dans la garrigue, entre Monoblet et Saint Hippolyte du Fort, dans le Gard, que le psychanalyste Félix Guattari avait acquise en 1967, pour héberger des personnes ayant des personnes mentales en alternative aux hôpitaux psychiatriques.

Découverte de ce qui ronge, l’Héautontimorouménos de Baudelaire, est parfois au plus profond de nos tripes

 Je te frapperai sans colère
Et sans haine, comme un boucher,
Comme Moïse le rocher !
Et je ferai de ta paupière,

Pour abreuver mon Saharah,
Jaillir les eaux de la souffrance.
Mon désir gonflé d’espérance
Sur tes pleurs salés nagera

Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon cœur qu’ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge !

Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ?

Elle est dans ma voix, la criarde !
C’est tout mon sang, ce poison noir !
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.

Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !

Je suis de mon cœur le vampire,
– Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire ! 

Je suis la plaie et le couteau est un vers célèbre de Charles Baudelaire, issu du poème L’Héautontimorouménos (l’homme qui se châtie lui-même) dans Les Fleurs du Mal. Il exprime une souffrance masochiste où le poète est à la fois la victime (la plaie) et le bourreau (le couteau) de lui-même, soulignant une dualité, un déchirement intérieur et une culpabilité. L’utilisation de la métonymie renforce l’image de la torture intérieure, le poète étant coincé dans une spirale de destruction.

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Dix ans, déjà très solitaire à l’âge des premières tortures, du goût de toutes les rébellions ; Collège, fugue, psychologue et antimilitarisme.

Fugue à 10 ans, un après-midi alors que j’étais au collège des Iris de Villeurbanne. Seul à midi avec mon père, presqu’un calvaire. Reproches continuels et autorité de l’inculture et des faiblesses d’un père qui ne vit que dans le regret et la frustration. A cet âge on n’a pas envie d’entendre si t’es pas heureux tu peux partir ! Oui tu as vécu la guerre, comme des millions d’autres et je subodore moi que tu n’as pas brillé par ta bravoure ou des exploits qui t’auraient fait sortir du lot, vieux.

Donc, à 14h00, dans la tirelire des pièces de 5 francs de ma mère, je crois que je prends tout, peut-être cent francs en tout, et je m’enfuis, direction la gare. J’aurai voulu aller à Avignon, mais mes finances font que je devrais m’arrêter à Orange. A la gare je ne descends pas, je continu jusqu’à la ville des Papes, là où se trouve Roxanne une copine de la dernière colonie de vacances. Sur place, je déambule sur les boulevards. Je rêve de voyages, de gens du voyage qui m’emmèneraient avec eux dans leur caravane pour des voyages sans limites. Je reviendrais dans des années, peut-être en ayant fait fortune, peut-être en étant devenu un chapardeur, surtout plus rien à faire avec cette famille où l’on s’ennuie.

En mémoire les mots du maître d’école en CM2 prononcés à ma mère venue s’enquérir du niveau de son rejeton, Monsieur Vallex :  „Il n’est pas avec nous, je ne sais pas où il se trouve, mais il ira loin”. Seul, le ciel bleu ou tumultueux derrière le carreau et l’espace derrière les murs accaparaient toutes mes pensées et toute mon attention. De niveau moyen sans grands entrains pour les études.

Aussi, convaincu, que je prendrai le large, loin d’un quotidien mesquin. Puis vint la nuit, un passant intrigué me questionne et m’emmène finalement au commissariat du quartier. Il y a affluence. Des CRS se tiennent prêts à intervenir, je ne sais pour quel désordre en ville. Je dors sur un banc dans un bureau. Vu mon jeune âge, le chef de poste fait preuve de bienveillance et ne me place pas en cellule.

Le lendemain, dans le bureau du juge, mon père en pleurs, derrière son bureau l’autorité s’exprime du haut de sa splendeur. Des gens si gentils, comment tu peux leur faire cela. La prochaine fois, ce sera la maison de correction, confirme-t ’il devant mes parents pour les rassurer quant à une possible récidive. Retour à la maison et morale à tous les étages, pénible, cause toujours. Je vous fuirai !

Bien évidemment quelques temps plus tard, rencontre avec un psychologue, rien d’anormal. Juste un petit polisson, un enfant gâté qui manque de reconnaissance pour les braves gens qui l’élèvent.

A cette époque, on ne détectait pas encore les TDAH, les troubles de bipolarité, les troubles cognitifs. Dessiner un arbre, et parler à l’aide du test de Rorschach et sa fameuse chauve-souris ou sexe féminin pour les présumés futurs obsédés.

Bon, nous ne sommes pas plus avancés, ni moi, ni mes parents, il faudra faire avec.

Plus tard au collège technique et les cours de français de Monsieur Faure, un rescapé des camps de la mort qui me considérera, car mes rédactions étaient originales et documentés, notamment celle sur l’inégalité des races où je citais Gobineau et ses pseudo études. Un jour, à propos d’un échange sur la politique et mes approches babacool mais déjà anti-société de consommation. Voilà qu’il me tança, anarchiste, mais révolutionnaire c’est mieux pour faire bouger la compréhension du monde économique.

C’est à cette époque que j’entendis parler de Gainsbourg différemment. Un babacool assis par terre dans la cour de l’école, aux cheveux mi-longs blonds et sa copine écoutaient dans leur walkman, „L’histoire de Mélodie Nelson”, une galaxie musicale qui se propulsa directement aux sensations controversées de mon être.

Bagarres, disputes, rugby, dessins, rien vraiment ne canalisaient ce trop-plein de fureur de vivre.

J’étais persuadé que parcourir le monde m’apaiserait. Le déclic vint d’un astrologue célèbre que mon ostéopathe me fit rencontrer. Tu as le voyage en toi, pars ! Pars, surtout ne te retourne pas.

– Pars, fais ce que tu dois faire sans ta mère, elle sera inquiète avec ou sans ça ! Pars !

Sorti en 78 et chanté par un Higelin qui monopolisait le tourne disque. Il a du cœur, il aime la vie et la mort ne lui fait pas peur chantait-il à pleins poumons !

Après une année à Villingen, en Allemagne, mon année d’armée 1978/1979 sera effectuée, sans tirs, sans marches, sans port de charges lourdes, mais en repeignant les communs de la section de mortier fraichement créée. Avec la pose de posters aux rougeoyants couchers de soleil, le long du grand couloir de 30 mètres.

Le cinquantenaire d’Hérodote, inconnu pour moi en 76, mais référence pour mes recherches sur la toile aujourd’hui.

En 2026 Hérodote fête son cinquantenaire. Qui l’eut dit, qui l’eut cru en 1976 ?

„Hérodote va bien” : 50 ans de revue géopolitique avec Béatrice Giblin. En avril 2026, est paru le deux-centième numéro d’Hérodote, la revue de géopolitique fondée par Yves Lacoste. Une histoire intellectuelle qui a accompagné les bouleversements du monde.

Il y a un demi-siècle, en janvier 1976, paraissait le premier numéro d’Hérodote. C’était la matérialisation d’un projet né quelques années plus tôt et auquel Yves Lacoste vous a d’emblée associée. Quelle était alors votre ambition pour cette revue ?

La création d’Hérodote s’inscrit dans un contexte précis qu’il faut d’abord rappeler. C’est la queue de comète de 1968. Nous étions encore dans une grande ébullition, plongés dans le bain intellectuel du Centre expérimental de Vincennes, au contact d’autres disciplines. La fréquentation des historiens, des philosophes, en particulier de François Châtelet, nous a beaucoup stimulés. C’était une université à l’américaine, imprégnée par le gauchisme, où l’on pouvait choisir les disciplines que nous souhaitions étudier, de la géographie au cinéma en passant par l’anthropologie.

Les débuts furent en effet difficiles à cause de l’hostilité de nombreux géographes qu’ils soient de gauche ou de droite. La naissance d’Hérodote doit beaucoup au climat intellectuel du Centre expérimental de Vincennes (devenu université Paris 8), à un éditeur, François Maspero, et à la dénonciation par Yves Lacoste, grâce à son raisonnement géographique, de la stratégie américaine du bombardement des digues dans le delta du Fleuve Rouge. « La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre » était démontré. L’équipe d’Hérodote est dès l’origine convaincue que le raisonnement géographique est efficace quand il associe facteurs physiques et facteurs humains, et refuse de qualifier la géographie de science sociale. En 1981, c’est avec un article d’Yves Lacoste consacré à la réhabilitation de l’œuvre géographique d’Elisée Reclus que la géopolitique devient un axe central de la revue. Après avoir suscité le rejet horrifié de quelques géographes dont Roger Brunet, la géopolitique s’est imposée comme partie prenante de la géographicité.

Il y a un demi-siècle, en janvier 1976, paraissait le premier numéro d’Hérodote. C’était la matérialisation d’un projet né quelques années plus tôt et auquel Yves Lacoste vous a d’emblée associée. Quelle était alors votre ambition pour cette revue ?

La création d’Hérodote s’inscrit dans un contexte précis qu’il faut d’abord rappeler. C’est la queue de comète de 1968. Nous étions encore dans une grande ébullition, plongés dans le bain intellectuel du Centre expérimental de Vincennes, au contact d’autres disciplines. La fréquentation des historiens, des philosophes, en particulier de François Châtelet, nous a beaucoup stimulés. C’était une université à l’américaine, imprégnée par le gauchisme, où l’on pouvait choisir les disciplines que nous souhaitions étudier, de la géographie au cinéma en passant par l’anthropologie.

Le grand continent

Quand le socialisme a rencontré l’animalisme, à propos de Roméo Bondon, „Le bestiaire libertaire” d’Élisée Reclus (2020).

Sur la place des animaux dans la pensée libertaire de Reclus, Roméo Bondon apporte déjà des pages passionnantes pour qui s’intéressera à la géographie, à l’anarchie, à l’éthique ou à la cause animale, ce qui laisse espérer un large lectorat.Car chez Reclus, les luttes pour les animaux et pour le socialisme sont consubstantielles. Ces luttes visent à l’émancipation des individus, rejetant toute idée de hiérarchie naturelle.

C’est en novembre 1864 que Bakounine, rentrant de Suède et rejoignant Florence, séjourne à Londres, puis passe quelques jours à Paris. Il a commencé à fonder une société secrète, dont le nom variera mais qui est essentiellement connue en tant que Fraternité internationale. Le but de cette organisation était de rallier les éléments révolutionnaires de tous les pays pour former une alliance vraiment sainte de la Liberté contre la Sainte-Alliance de toutes les tyrannies en Europe : religieuse, politique, bureaucratique et financière… Pendant ses voyages, Bakounine essaye de recruter des membres pour cette Fraternité. C’est ainsi qu’il contacte d’abord Élie Reclus, muni d’une lettre d’introduction de Herzen, et qu’il est présenté à Élisée, à quelques amis polonais et à d’autres connaissances des deux frères, et qu’il les fait membres de la Fraternité.

Élisée Reclus revoit Bakounine à Florence au printemps 1865, lors de son voyage en Sicile pour observer l’éruption de l’Etna. C’est à cette occasion qu’il rencontre des « frères » italiens et en apprend plus sur le fonctionnement et les activités (ou le manque d’activité !) de la Fraternité. Par ailleurs, les frères Reclus sont parmi les premiers adhérents de la Ligue de la paix et de la liberté, ainsi que Bakounine qui est présent au congrès de fondation à Genève en septembre 1867. C’est lui qui propose Élie Reclus comme rédacteur des États-Unis d’Europe, le projet de journal de la Ligue. Élisée participe, avec Bakounine, au deuxième congrès, tenu à Berne en septembre 1868, et il en rend compte à Élie dans une longue lettre. Élisée y propose, dans un discours remarquable, quelque chose qui fit rire bon nombre de délégués :

„La suppression de toutes les frontières, l’abolition de tous les États, la liberté de tous les peuples et, après la destruction du vieil édifice, l’organisation des États-Unis d’Europe sous le principe de la libre association”.

Les frères Reclus, par Nadar, 1889, original. De gauche à droite, Paul Reclus (1847-1914), Élisée Reclus (1830-1905), Élie Reclus (1827-1904), Onésime Reclus (1837-1916), Armand Reclus (1843-1927).

L’amorce

Les frères Reclus et Bakounine

Chez Reclus, les luttes pour les animaux et pour le socialisme sont consubstantielles. Ces luttes visent à l’émancipation des individus, rejetant toute idée de hiérarchie naturelle.

Impliqué dans les débats de son temps, Reclus s’oppose au social-darwinisme et, fort de ses observations mais aussi de celles menées par Pierre Kropotkine – un autre géographe anarchiste – en Sibérie (1862-1866), Suède et Finlande (1871-1873), il explique avec que c’est l’entraide et non la lutte pour les ressources qui doit être considérée comme moteur de l’évolution (p. 64-65). À ce titre, il estime que les combats de chiens sont à proscrire, comme la boxe d’ailleurs (p. 56). Sur un mode un peu lyrique, Reclus considère que tous les êtres ayant conscience de leur vie doivent être inclus dans une  « Grande famille » car l’humain est bien un animal. Bondon analyse cette idée dans une section originale de son ouvrage, « L’association pour horizon, la solidarité comme principe ». Il note avec justesse :

„Si l’Homme refuse bien souvent le qualificatif d’animal – à juste titre quand il est question d’inférioriser des individus, comme c’est le cas dans maintes situations d’oppression, à tort lorsqu’il s’agit de vanter un orgueilleux suprémacisme humain, Reclus, en plus de rappeler ce qu’il y a d’animal dans l’espèce humaine, invite les animaux les plus proches des humains à partager leur dénomination”. 

Partage noir

L’Homme à tête de chou, de Gainsbourg, sorti en 1976 me réconcilia avec mes oreilles décollées.

L’an est 1976. Cinq ans après « Melody Nelson » (relativement incompris à sa sortie, avant d’être réévalué par la critique), Serge lui cherche un successeur (tout en se cherchant à nouveau, comme souvent au cours de sa carrière). Après « Tommy », Pete Townshend a bien réussi à accoucher de « Quadrophenia », et McCartney de « Band On The Run »… Or, il se trouve que depuis des années (et à l’instar de Polnareff, Nino Ferrer et Eddy Mitchell), c’est à Londres que Gainsbourg conçoit et enregistre ses disques. Après les justement célébrés Alain Goraguer et Jean-Claude Vannier, c’est à l’arrangeur et claviériste anglais Alan Hawkshaw que l’ex-Poinçonneur Des Lilas confie la réalisation de ses « visions sonores ». Après le splendide « Vu De L’Extérieur » en 73, son « Rock Around The Bunker » a payé un lourd tribut à l’incompréhension, et ce ne sont pas ses musiques de film (celles de « Je T’aime Moi Non Plus » et « Madame Claude ») qui lui redoreront le blason. Piqué au vif (et confiné dans une chambre d’hôtel italienne de Stradella, tandis que sa Jane y effectue un tournage), Serge élabore alors un scénario trouble (mais en a-t’il jamais conçu d’autres ?), au fil duquel un homme mûr, entiché d’une greluche érotomane de la moitié de son âge, fini cinglé et meurtrier. Épaulé de près par le même gang de session men que sur ses deux précédentes, Serge y pousse plus avant ce chant parlé qui deviendra dès lors son ordinaire et sa marque. Patrick Dallongeville – 2023

Référence

Il y a 50 ans: les grands événements de 1976

Alors que le Concorde effectue son premier vol commercial, la junte militaire renverse Isabel Peron en Argentine et l’Afrique du Sud s’embrase lors des émeutes de Soweto. Le fondateur de la république populaire de Chine Mao Zedong décède, Jimmy Carter devient le 39ᵉ président des États-Unis et Apple est créée. En Suisse, la crise horlogère n’épargne pas les usines Bulova. Et nos sportifs remportent de l’or aux Jeux Olympiques d’Innsbruck et à ceux de Montréal. Voici quelques-uns des faits qui ont marqué cette année 1976.

  • 19 janvier : Lancement de la première émission de A Bon Entendeur

Devinette: quel est le thème de la première émission d’A Bon Entendeur, dont le ton polémique et la qualité de ses enquêtes ont assuré son succès durant trente ans?  Réponse: le prix des garages. Peu de sujets se prêtent en effet aussi bien à la controverse.

Quant à Catherine Wahli, impériale sur son fauteuil rouge, elle inaugure cette nouvelle émission, le 19 janvier 1976, avec l’assurance que donne la lutte contre l’arnaque et la vie chère…

  • 24 mars : Un coup d’Etat militaire en Argentine renverse la présidente Isabel Peron

Le général Jorge Rafael Videla, 1976 [Keystone – STR] – Temps présent – Publié le 26 janvier 1978

Le 24 mars 1976, un coup d’État militaire renverse le gouvernement d’Isabel Peron, veuve du général, et instaure l’une des dictatures les plus sanglantes d’Amérique du Sud. En sept années, près de 30 000 morts et disparus seront recensés.

  • 1er avril : Création d’Apple par Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne

A Lausanne, le musée Bolo conserve une collection d’ordinateurs qui ont marqué l’histoire de l’informatique. Une équipe de passionnés a reproduit pour le musée le tout premier ordinateur Apple, l’Apple One, construit en 1976 par Steve Wozniak et Steve Jobs.

  • 5 avril : Parution du pamphlet Une Suisse au-dessus de tout soupçon de Jean Ziegler

Dans l’émission En direct avec… Jean Ziegler s’entretient avec les journalistes Jean Dumur, Gaston Nicole, Jacques Pilet, Théo Bouchat et Claude Torracinta. Il défend pied à pied ses convictions face aux questions de ces professionnels des médias suisses romands.

Le sociologue et ex-parlementaire Jean Ziegler est, de tous les Suisses, à la fois le plus contesté et le plus connu à l’étranger, après Roger Federer. Pour les uns, il est celui qui mène un combat solitaire contre la faim et la misère, en Afrique et ailleurs. Pour les autres, il est un agitateur et un polémiste. Auteur de best-sellers et ancien Rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU, Jean Ziegler ne faiblit pas dans ses attaques contre le capitalisme. Ami de l’abbé Pierre, de Jean-Paul Sartre, de Simone de Beauvoir, d’Elie Wiesel et d’Adolf Ogi, il est membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Ses origines bourgeoises et son début de carrière militaire ne prédestinaient pourtant pas celui que Régis Debray a surnommé le „nègre blanc” au destin qu’on lui connaît.

Le monde diplomatique

  • 9 septembre : Mort de Mao Zedong

Dans cette émission de Temps présent, partez au début des années 1970 à la découverte de la vie quotidienne en Chine, au cœur de Pékin, dans la rue Sisinlientse. En captant la banalité universelle de ce quotidien, l’équipe livre un reportage révélateur de la Chine de Mao Zedong, fondateur de la République populaire en 1949, qu’il dirigea jusqu’à sa mort le 9 septembre 1976.

  • 13 octobre : Sortie de Bidon, le 2ème album du chanteur français Alain Souchon

Le jeune chanteur français Alain Souchon est invité, en 1976, sur le plateau de l’émission de variétés de la TSR Mosaïque à l’occasion de la sortie de son second album Bidon. C’est cette chanson, composée avec Laurent Voulzy qu’il interprète pour le public romand.

  • 2 novembre : Jimmy Carter devient le 39è président des Etats-Unis

Un jour une heure – Publié le 3 novembre 1976

Surprise aux élections américaines de 1976: un certain Jimmy Carter, ancien gouverneur de l’Etat de Géorgie, décroche la convention démocrate et se lance contre le président sortant, Gerald Ford. Qui est cet homme politique, chrétien convaincu et planteur de cacahouètes, qui n’hésite pas à parler de moralisation de la vie publique? Portrait en images et commentaires de spécialistes de la politique américaine.

  • 12 novembre : Formation du groupe de rock français Téléphone

De passage en Suisse Romande, des fans ont pu poser des questions au chanteur Jean-Louis Aubert, à la bassiste Corine Marienneau, au batteur Richard Kolinka et au guitariste Louis Bertignac. Et d’écouter, en concert, la chanson Argent trop cher, sortie en 1980 dans l’album „Au coeur de la nuit”.

  • 4 décembre : La République de Centrafrique devient un Empire et Bokassa 1er son empereur. Le sacre (comme on dirait aujourd’hui, sponsorisé par la France, se tiendra un an plus tard, jour pour jour. Aujourd’hui, on dirait financé par la dette française ! Le couronnement de l’empereur Bokassa Ier en Centrafrique est annoncé. Carrosse, trône, cathédrale et palais et même messe du couronnement, le sacre est préparé dans ses moindres détails par le sculpteur français Olivier Brice. Le maître d’oeuvre le promet : le sacre de Sa Majesté sera fastueux. Pris à témoin, l’opinion publique assiste avec vertige à cet épisode ubuesque ! Les observateurs – eux – hésitent entre consternation et éclats de rire ! Quant à la France – qui a organisé et financé ce spectacle tragi-comique – elle se retrouve couverte de ridicule !

Ce soutien s’inscrivait dans la politique de la Françafrique. Le président Valéry Giscard d’Estaing souhaitait préserver les intérêts stratégiques français, notamment l’accès aux gisements d’uranium de Bakouma et le maintien d’une influence stable dans la région face à d’autres puissances comme la Libye.

Conséquences. Ce faste démesuré, financé alors que la population centrafricaine vivait dans une grande pauvreté, a provoqué un tollé international. Il a durablement entaché l’image de la France en Afrique et a précédé de peu l’affaire des diamants qui ébranlera la présidence française.

Le 4 décembre 1977, le dictateur de Centrafrique Jean-Bedel Bokassa se couronne lui-même empereur… lors d’une cérémonie – pleine de faste – sous l’œil amusé des caméras de télévision !

  • 5 décembre : Votation fédérale sur l’introduction de la semaine de 40 heures

Lors d’un débat télévisé qui a lieu quelques jours avant la votation du 5 décembre 1976, Michel Thevenaz, le bouillant représentant de la LMR, affirme que la prospérité suisse rend possible la mise en oeuvre rapide de cette initiative. „Non Messieurs, vous avez l’argent et vous pouvez payer”.

L’article de la RTS

Cette année-là 1976, une année charnière !

J’ai dans l’idée que cette année 76 fut importante pour moi, et que de réflexions, en appréhensions, se dessinaient mes envies de vivre autrement, ni ouvrier, ni fonctionnaire, juste libre avec moi-même, sans les contraintes de la société de consommation, Mais au plus près des fous, des rêveurs, des explorateurs, une suite à la réflexion d’un René Dumont, 3 ans plus tôt, „L’Utopie ou la Mort”.

„Tous ceux qui s’accrochent aux privilèges de la société de consommation, proférait-il en 1973, qui refusent les réformes indispensables à la justice sociale à l’échelle mondiale et à la survie, peuvent désormais être considérés comme les assassins des plus démunis. Voulez-vous risquer d’être traités d’assassins par vos enfants ?”.

A Bucarest, j’apprendrais qu’il avait assisté à la première Conférence mondiale sur la population de 1974, qui s’est tenue à Bucarest du 19 au 30 août, marquant un tournant en liant indissociablement les questions démographiques au développement socio-économique. Organisée par l’ONU, elle a abouti à l’adoption du Plan d’action mondial de la population. Si à l’adolescence, c’est René Dumont qui m’avait ouvert les yeux quant à la problématique de la nature et de la croissance infinie, mes lectures d’aujourd’hui m’ont amené à découvrir un natif de Constanta qui mériterait d’être mieux connu et surtout que ses connaissances soient plus partagées notamment dans les universités économiques de Roumanie. Il écrivait, en septembre 1974, je rentre de Bucarest, ou la conférence des Nations unies sur la population ignore la famine. Le Sahel ne suffit pas, voici que le déboisement des pentes de l’Himalaya, des Indes au Nepal rend depuis quelques années les inondations de plus en plus dramatiques.

Conférence mondiale sur la population, du 19 au 30 août 1974, Bucarest, Roumanie

Dans la disette montante, qui tiendra le blé, le riz et le sucre gouvernera le monde. Le blé, c’est l’Amérique du Nord. Nous avons donné au Sahel en 1973, 600 000 tonnes de grains, là où il en aurait fallu un million. Donc, 1,5 pour mille de ce que nous avons donné au bétail des pays riches, soit 385 millions de tonnes de grains. Vous avez mangé les enfants du Sahel par votre surconsommation de viande : cannibalisme par procuration.

Le Secrétaire général Kurt Waldheim tient une conférence de presse dans la salle VIP de l’aéroport d’Otopeni en Roumanie.

En Roumanie, il y aura une continuité avec la découverte de la décroissance, publié en 1979 et republié en 1995 aux éditions Le sang de la terre. Pour mieux comprendre la matrice théorique de Georgescu-Roegen, né à Constanta, l’excellent livre d’Antoine Missemer, Nicholas Georgescu-Roegen, pour une révolution bioéconomique, paru en 2013.

Georgescu-Roegen retrouve à Harvard la plupart des personnes avec qui il avait collaboré plus de dix ans auparavant. Toutefois, il semble avoir laissé passer sa chance d’une carrière durable dans le Massachusetts, le climat lui étant moins favorable à la fin des années 1940. Schumpeter, d’un âge déjà avancé, ne détient plus les clés administratives de Harvard et ne peut plus lui promettre une titularisation prochaine. C’est sans doute en partie pour cette raison que Georgescu-Roegen décide de quitter Harvard fin 1949 – début 1950 pour prendre un poste de professeur d’économie à l’université Vanderbilt de Nashville. Moins prestigieuse, cette université lui donnera tout de même les moyens de poursuivre ses recherches dans les meilleures conditions, jusqu’à sa retraite d’enseignant en 1976. Il conservera alors des liens étroits avec de grands noms de la discipline, comme Paul Samuelson.

Bien entendu, sa carrière de scientifique se prolonge au-delà de 1976, et c’est d’ailleurs souvent pour ses travaux débutant à cette période que Georgescu-Roegen est le plus connu. Encore proche des milieux académiques les plus influents à la fin des années 1960, il se trouve de plus en plus isolé à partir de ses premiers travaux bioéconomiques axés sur les enjeux environnementaux (1970, 1971, 1975). Cet isolement s’explique d’une part par une sorte d’incompréhension de son projet par la plupart des économistes de cette période, mais il s’explique aussi par un certain repli sur soi. D’un tempérament opiniâtre, regrettant de voir son message parfois dénigré, Georgescu-Roegen était un homme de conviction, chaleureux avec ses proches mais aussi très exigeant sur le plan intellectuel, ce qui pouvait l’amener à remettre en cause durement les analyses de certains de ses collaborateurs. Humaniste mais portant un regard parfois pessimiste sur la capacité des hommes et des femmes de son temps à vouloir le changement, il n’a pas laissé une véritable école de pensée se construire autour de lui. Un temps pressenti pour l’obtention du prix d’économie en mémoire d’Alfred Nobel, Georgescu-Roegen s’est en quelque sorte coupé du monde académique, comme en témoigne sa démission de l’American Economic Association en 1985. Son décès, en 1994, ne reçoit alors pas l’écho qu’il aurait mérité. Militant intellectuel hors du commun, et visionnaire incontesté des défis écologiques d’aujourd’hui, c’est en toute logique qu’il fait figure de pionnier de l’écologie économique et politique contemporaine.

Référence ;

Retour sur image

Alors, cinq années de balades, 1976 à 1981 et une souvenance précise, du ramassage du tabac en Ontario durant 50 jours au Canada. Puis d’une déambulation depuis Vancouver jusqu’à Mexico city en bus mais aussi en stop. Avec entre temps, un bon mois a flâné sur les pentes du câble car qui mène à la maison bleue de San-Francisco.

Et un souvenir précis en 1980, à San-Francisco, au cinéma pour le film „The Rocky Horror Picture Show„, le spectacle était autant sur l’écran que dans la salle. Vingt-cinq ans plus tard, je me rapprochais peut-être de cette étrange Transylvanie sans comprendre le pourquoi du comment. De trois mois au Mexique avec la découverte des terres Tarahumaras dans la Sierra Madre Occidentale. Et la découverte du livre d’Antonin Artaud, sur le sujet.

Pour lui, la Sierra Tarahumara constituait l’ailleurs au sein de l’ailleurs mexicain. Artaud était parti à la recherche ” de l’ancienne culture solaire” et espèrait y vivre une révélation. Ce peuple amérindien du Mexique (Chihuahua) connu pour leur endurance, s’auto-désignaient sous le nom de Rarámuri. Ce terme signifie „hommes aux pieds légers” ou „ceux qui courent vite”, faisant référence à leur culture de la course à pied sur de longues distances. Dans un reportage sur Arte, le chanteur Gainsbourg parlant d’une émission radiophonique où le poète dissertait sur la TSF de l’époque et qui l’avait envouté (trouer le cul) plus exactement.

Le film m’emporta dans de nouvelles contrées aussi mon inconscient se serait-il trainé subrepticement jusqu’à me transporter dans un spectacle vivant, d’une légende l’autre, celle-ci n’est pas mal non plus. Vlad III Basarab, dit „Vlad l’Empaleur” !

Ce n’était pas le peyotl, comme Antonin qui m’avait transcendé, mais les buvards de LSD acheté à San-Francisco.

Le film, avec une première mondiale à Londres le 14 août 1975, suivie d’une première américaine le 26 septembre 1975. (C’est à Londres que Jean-Paul Gaultier visionna le film pour la première fois).
– Initialement un échec commercial, il est devenu un phénomène culte via des „séances de minuit” (midnight movies) lancées en avril 1976 au Waverly Theater de New York, que je découvrirai seul en 1978 en séjournant deux nuits à l’hôtel Carter.

Champagne !!! La nuit promet d’être belle. Valets volages et vulgaires. Ouvrez mon sarcophage, Et vous pages pervers, Courrez au cimetière. Prévenez de ma part, Mes amis nécrophages, Que ce soir nous sommes attendus dans les marécages. Champagne ! Jacques Higelin sonorise. 

La voix éraillée, théâtrale et puissante de celui qui déjà voulait „Alertez les bébés !”.

Toujours en 1976. Et tous les airs de l’époque qui m’accompagnaient.

Michel Sardou : Le France. Nicolas Peyrac : Et mon père. Jeanette : Porque te vas. Alain Souchon : Bidon. Claude François : Cette année-là. Dave : Du côté de chez Swann. Gérard Lenorman : Voici les clés. Eagles : Hotel California. Véronique Sanson : Vancouver.

Et mes autres fonds musicaux quotidiens aux airs et la musicalité des mots de : Ange, Annegarn, Béranger, Beaucarne, Beausonge, Brel, Lavilliers, Le Forestier, Ferrat, Ferré, Magny, Manset, Stivell, Ribeiro, Tachan, Graeme Allwright, Léonard Cohen…

Patrick-Pierre Pettenuzzo

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