Sarbatoarea Gustului / La fête du goût 2020/2030 pentru educație incluzivă privind alimentația sustenabilă în România.

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Sarbatoarea Gustului / La fête du goût 2020/2030 pour une éducation formelle en Roumanie incluant l’alimentation durable.

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Convaincu qu’il valait mieux être inconnu que célèbre, ce 8 avril, nous commémorerons les 115 ans depuis la naissance d’Emil Mihai Cioran, l’un des penseurs les plus profonds et les plus troublants du XXe siècle.

 À travers ses écrits, Cioran a exploré avec lucidité des thèmes tels que le sens de l’existence, la souffrance, la solitude et la condition humaine, transformant la réflexion philosophique en un art.
Son style aphoristique, intense et provocateur continue d’inspirer et de poser des questions essentielles, invitant le lecteur à l’introspection et à l’honnêteté envers lui-même.

„Le plus grand succès de ma vie est d’avoir réussi à vivre sans travail… ma mission est de tuer mon temps – la sienne, de me tuer. Nous nous entendons bien, comme deux assassins !” Cioran est unique et irremplaçable. Difficile à admirer, difficile à ignorer.

Séducteur mélancolique de la philosophie, né pour porter le fardeau de ceux qui ne souffrent pas. Il a incarné un trait du peuple roumain aujourd’hui en voie de disparition. L’enfer sur terre au nom du paradis. Les secrets de l’âme roumaine, le „Dor” ou la nostalgie.

Selon Cioran, le désir aurait dû devenir le moteur de l’histoire roumaine, et non se limiter à un sentiment de destin que les Roumains vivent comme une oscillation perpétuelle et résignée entre fatalisme et confiance, dénuée de tout excès.

Les écrits de Cioran sur les „secrets de l’âme roumaine” étaient bien connus de Constantin Noica. Entamant une sorte de dialogue avec eux, Noica insuffla à l’ontologie négative du désir cioranien une nouvelle impulsion, une forme de révérence ou d’Aufhebung, en recourant aux « vertus » propres à la langue roumaine. Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que la préférence pour la voie philosophique de la vérité de l’être, contenue dans la langue roumaine, constitue une sorte de „marque stylistique”, si l’on peut dire, propre au philosophe de Paltinis.

La pensée de Noica peut être comprise comme une dialectique du désir qui embrasse les ressources inexploitées des mots de la poésie, notamment celle d’Eminescu.

Cioran, l’artiste de la séduction et du paradoxe, un homme d’une remarquable finesse et d’une intelligence rare… l’inadapté devenu célèbre !

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« La fête du goût Roumanie 2030 », une initiative éducative qui encourage le libre arbitre des jeunes élèves des écoles primaires, ambassadeurs auprès des familles, afin qu’ils deviennent des citoyens informés et actifs quant à leur consommation alimentaire.

Quand il existe la conscience du choix, la liberté de manger sain nous appartient.

L’éducation au goût, un incontournable de la soutenabilité pour les générations de demain. L’éducation au goût et à l’alimentation au coeur du programme éducatif créé par Sarbatoarea Gustului depuis 2014.

Nos systèmes alimentaires sont au cœur des enjeux de la transition écologique et le prix est un indicateur de qualité nutritionnelle des produits.

Cela démontre que la nutrition ne relève pas d’un véritable choix individuel, mais dépend souevnt du pouvoir d’achat.

Quand les produits sans additifs à risque coûtent en moyenne 63 % plus cher, l’accès à une alimentation saine devient un privilège !

C’est effarant … mais tellement logique : quand le seul objectif est de produire moins cher, additifs, conservateurs, exhausteurs de goût et autres épaississants, sucre ajouté et sel sel deviennent des outils au service de cette stratégie, … au prix de négliger les problèmes de santé publique qu’ils posent. Et on accuse les produits qui se passent de ces artifices d’être trop chers. Derrière un prix bas, il y a toujours quelqu’un qui trinque…

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Les fruits et légumes d’avril

Avec l’arrivée du printemps, des légumes de plus en plus colorés font leur apparition. Côté fruits, vous pouvez encore savourer les agrumes et commencer à profiter des premières fraises et de la rhubarbe.

Des légumes de plus en plus colorés

La fin du mois de mars et le début du mois d’avril annoncent le début d’une saison que tout le monde adore : le printemps !

La terre se réveille, les premiers bourgeons arrivent et les fleurs parfument l’air.

Avec l’arrivée du soleil, des légumes de plus en plus colorés sont disponibles.

Les poireaux et les choux laissent doucement de la place aux pommes de terre nouvelles, aux jeunes carottes sucrées, aux radis, aux asperges et aux petits pois fraîchement cueillis.

Ces derniers sont les rois du printemps. Verts, tendres, craquants et légèrement sucrés, ils régalent petits et grands.

Les asperges annoncent elles aussi le retour des beaux jours. Vertesblanches ou violettes, vous pourrez profitez de ces délicieuses plantes jusqu’en juin. Elles sont riches en potassium, calcium, magnésium, vitamines, et en fibres !

Le mois d’avril est aussi celui de l’ail frais ou nouveau (non-séché). Et oui l’ail aussi a sa saison. Son goût est bien prononcé, mais non piquant.

Arrivée de la rhubarbe et des fraises

En avril, vous pouvez encore profiter des derniers fruits d’hiver comme le kiwi, le pamplemousse, l’orange ou la mandarine, mais également commencer à savourer des fruits plus printaniers comme la rhubarbe ou la fraise !

Choisissez la rhubarbe bien fraîche et bien dodue : elle est ainsi moins fibreuse.

Sa saveur acidulée et fruitée unique permet de préparer de délicieuses compotes, tartes, crumbles et confitures ! Les tiges de rhubarbe sont excellentes pour stimuler le transit intestinal.

Alain ALEXANIAN, c’était hier et c’est encore aujourd’hui déjà demain.

Né à Lyon et a grandi à la campagne jusqu’au début de son apprentissage à l’âge de 15 ans. Il a poursuivi sa formation avec un tour de France comme un „compagnonnage” au sein de la chaîne Relais & Châteaux pendant 10 ans.

De retour à Lyon en 1986, il crée le restaurant „L’Alexandrin, étoilé pendant 15 ans au Guide Michelin, exploité jusqu’en 2008. Il crée parallèlement en 2003 le concept de restauration rapide „A Point Café”, qui reçoit la Palme d’Or 2005 du meilleur concept de restauration en France par le Leader’s Club.

Il crée également une société de consulting culinaire „Mille et une façon”, puis en 2010 la société „Kamelya” qui développe un concept d’art du thé à la française.

Alain Alexanian : Pour faire face au changement climatique et préparer l’Alimentation de demain en milieu naturel

Alain, le parrain de la Fête du Goût en Roumanie depuis 2017, est le premier et le seul étoilé Michelin chez qui je suis allé diner avec ma mère avant son Alzheimer qui s’est terminé paisiblement dans une famille de Roumanie.

C’est une relation privilégiée car c’est Monsieur Bocuse qui m’avait incité à le rencontrer en 1997 lors de ma première visite à Collonges alors que Monsieur Paul m’avait invité à déjeuner à la table du chef en Cuisine.

Alain, d’une Arménie de cœur aux ressources et recherches culinaires.

La zone caucasienne est l’une des plus importantes ressources naturelles sauvages et endémiques, ce qui en fait un endroit privilégié.

Faire savoir au monde qu’il se passe quelque chose dont l’Arménie a le secret ancestral nous est apparu fondamental.

Être à côté de la recherche d’une future alimentation naturelle, entre le savoir-faire d’aujourd’hui et celui de notre futur proche, était très intéressant et pour moi, une stimulation personnelle excitante comme chacun peut l’imaginer. Entre ces deux pays si chers à mon cœur, l’idée de trouver des solutions capables d’accroître la production agricole en répondant aux enjeux locaux d’un pays, d’une région ; cette autonomie me fait rêver.

Garder une planète viable, ce serait en finir avec la destruction de la biodiversité et de la santé des sols. Ces richesses génétiques constituent une ressource vitale pour la culture d’anciennes et de nouvelles variétés de plantes, plus résistantes, de bonne qualité gustative et nutritionnelle, pour notre sécurité alimentaire.

La première génération qui sait… Et la dernière qui peut agir !

Les recettes d’avril du chef Alain Alexanian

 Printemps/Été, Traditionnel, Végétal

 Asperges blanches à la vinaigrette et oeuf mollet

 

Quel beau mariage, mes amis ! Mais quel beau mariage. Déjà qu’une simple jolie vinaigrette suffit à sublimer l’arrivée des asperges blanches, mais alors là… cet œuf mollet que l’on perce au tout premier instant de la dégustation, et dont le jaune se répand sur l’ensemble de cette œuvre gastronomique, c’est un véritable moment de plaisir gustatif, celui qui donne à lui seul le tempo du retour du printemps.

Voir la progression de la recette

Galettes de pomme de terre au fromage blanc

Si vous êtes seule ou à deux, une poêle à blinis est la taille idéale ; évidemment, la cuisson serait beaucoup trop longue pour les familles nombreuses. Il reste néanmoins la solution du four, à 220 °C : placez une feuille de papier sulfurisé sur une plaque à pâtisserie et badigeonnez-la généreusement de beurre au pinceau. Formez ensuite de petits tas avec la purée de pommes de terre au fromage blanc, puis enfournez pour 30 minutes. Joliment dorés à leur base, ils seront tout aussi savoureux que ceux cuits à la poêle, surtout accompagnés d’une jolie salade croquante.

Voir la progression de la recette

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Transmission, avec Denis Courtiade, Meilleur Maître d’Hôtel du monde.

Denis Courtiade est meilleur maître d’hôtel du monde. Rien que ça. Mais c’est avant tout un passionné de restauration. Et de transmission. Le gamin d’école hôtelière que j’étais va vivre aujourd’hui un grand moment, face à l’un de ses héros.

Denis est une figure emblématique de la gastronomie française. Fils d’hôteliers-restaurateurs, il a baigné dans cet univers dès son plus jeune âge. Son parcours professionnel débute à 16 ans en tant qu’apprenti. À 25 ans, il atteint un de ses objectifs majeurs en devenant directeur du restaurant Louis XV à Monaco, aux côtés d’Alain Ducasse.

Et depuis 25 ans, Denis est le directeur du restaurant au Plaza Athéné.

Denis est un fervent défenseur de la transmission et de la valorisation des métiers de l’accueil et du service. Il est co-fondateur de l’association « Au Service des Talents De Demain » qui œuvre pour la promotion de ces professions auprès des jeunes générations. Il a également créé, avec Denis Férault, le Trophée Maître d’Hôtel, un concours qui met en lumière les talents et le savoir-faire des maîtres d’hôtel.

Auteur de deux livres, „Pour Vous Servir” et „L’Hospitalité, le Mentorat”, Denis partage son expérience, ses conseils et sa vision du métier avec les jeunes professionnels et le grand public.

  • Comment atteindre l’excellente dans son métier ?
  • Quelle est l’évolution de son rôle ?
  • Quelle est sa vision des reconnaissances professionnelles ?
  • Pourquoi s’engage-t-il pour la transmission et les nouvelles générations ?
  • Quelle est son approche du management et du leadership ?
  • Quels sont ses conseils pour les jeunes professionnels ?  Zoom sur les enseignements de Denis Courtiade

Sur le management :

L’importance de l’humain et du bien-être des collaborateurs : Denis Courtiade met en avant l’importance de valoriser les collaborateurs et de créer un environnement de travail positif. Il affirme que « l’enchantement du client passe avant tout par l’enchantement du collaborateur ». Il cherche à comprendre les besoins de ses équipes pour les mettre dans les meilleures dispositions.

Un management axé sur la confiance et l’autonomie : Il délègue des responsabilités à ses équipes, leur donnant les clés de leur service et les laissant prendre des décisions. Il prône un management participatif, où les collaborateurs se sentent autonomes dans le développement de leur service.

Le rôle du mentorat : Il se positionne comme un mentor pour ses équipes, offrant son expérience, ses outils et son savoir. Il accompagne ses collaborateurs pour les faire grandir et les aider à développer leur plein potentiel. Il se considère comme un passeur de savoir. Il ne se contente pas de donner des ordres, mais offre des clés et des outils.

La personnalisation du management : Il adapte son approche en fonction des personnes, reconnaissant que chaque individu est différent et a besoin d’une approche spécifique. Il cherche à faire ressortir la beauté intérieure de chacun de ses collaborateurs. Il met en avant les qualités de ses collaborateurs plutôt que de se focaliser sur leurs défauts, qu’il reconnait.

L’utilisation de phrases et de citations clés : Il utilise des phrases et citations pour guider et inspirer ses équipes. Par exemple, il dit « Je ne sers ni à droite ni à gauche mais seulement et uniquement du bon côté » ou « Ce n’est pas vous qui servez le client, c’est le client qui vous indique comment le servir ».

L’importance de la communication et de l’écoute : Il a appris à s’écouter et à s’adapter à son auditoire, en utilisant un langage contemporain et en faisant preuve de sensibilité. Il est attentif aux retours de ses équipes, et adapte son discours en fonction.

La nécessité d’être convaincu pour être convaincant : Pour transmettre un message, il faut être soi-même convaincu.

La gestion du changement : Il utilise la courbe du changement pour aider ses collaborateurs à gérer les épreuves et à se remettre en question. Il explique qu’il faut accepter les bas pour mieux rebondir. Il encourage à ne pas rester en bas de la courbe du changement, mais à remonter et à se surpasser.

Sur le métier de maître d’hôtel :

Un métier de passion et de vocation : Pour Denis, être maître d’hôtel est plus qu’un métier, c’est une vocation. Il faut être habité par ce qu’on fait, ce qui permet de dépasser les contraintes. Cette approche transforme les contraintes en défis et permet d’aller naturellement vers les autres.

Un rôle d’animateur et d’ambianceur : Il conçoit le maître d’hôtel comme un animateur, qui crée une ambiance et une expérience mémorable pour les clients. Son surnom « Bizouman » reflète cette approche conviviale et chaleureuse.

La personnalisation du service : Il insiste sur l’importance de la personnalisation du service, où chaque client est unique. Les clients apprécient d’être reconnus et d’avoir un service adapté à leurs besoins.

La relation humaine au cœur du service : Il met en avant la relation humaine et le lien émotionnel avec le client comme éléments essentiels de la prestation de service. Cette relation est ce qui différencie un restaurant d’une simple enseigne de restauration rapide. Le service tisse un lien émotionnel fort avec le client.

Un métier complet et polyvalent : Le maître d’hôtel doit avoir des connaissances dans tous les domaines du service et des métiers de la restauration : sommellerie, cuisine, etc. C’est un rôle générique et non spécialiste, où il faut connaître un peu de tout.

Sur le leadership :

L’importance de l’inspiration et de l’exemplarité : Denis s’inspire des leaders qu’il a rencontrés au cours de sa carrière, comme Alain Ducasse et François Delahaye. Il cherche à donner l’exemple en étant lui-même exemplaire. Il cherche à accélérer et à se déployer lui-même pour être un exemple pour les autres.

La création de son propre style : Il encourage à s’inspirer des autres mais aussi à développer son propre style et sa propre signature de service.

Un leadership participatif : Il favorise un management participatif où les collaborateurs sont impliqués dans les décisions et sont autonomes.

L’importance de la résilience et de la détermination : Il souligne la nécessité d’être résilient face aux difficultés et de rester déterminé dans la poursuite de ses objectifs. Il a une « positive attitude » qui lui permet de surmonter les obstacles et de « ne rien lâcher ».

Une vision sur le long terme : Il s’inscrit dans une histoire sur le long terme et ne cherche pas des résultats immédiats. Il est capable de voir les défis à long terme. Il a une vision à 5, 10, 15, 20 ans.   

Un leader qui met en avant les autres : Il préfère communiquer sur les autres plutôt que sur lui-même. Il apprécie de mettre en avant les talents de son équipe et d’autres professionnels. Il se compare à Aimé Jacquet qui a su mettre en avant les joueurs de l’équipe de France.

En résumé, Denis Courtiade est un professionnel passionné, un manager attentif et un leader inspirant. Il met l’humain au cœur de son approche, tant dans son management que dans sa vision du métier de maître d’hôtel. Il s’engage à transmettre son expertise aux nouvelles générations, en étant un mentor, un exemple et un passeur de savoir. Sa vision est celle d’une profession où l’humain, la passion et la recherche de l’excellence sont les clés du succès. Source

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„Brillat-Savarin, le gastronome transcendant” par Jean-Robert Pitte, de l’Institut de France.

Le 1er février 1826 à minuit, Brillat-Savarin rend l’âme à Paris dans sa soixante-et-onzième année, à la suite d’une pneumonie (une fluxion de poitrine, disait-on à l’époque) contractée en la basilique de Saint-Denis le 21 janvier précédent. Il avait assisté à la messe anniversaire de la mort du roi Louis XVI, alors qu’il était déjà très enrhumé. Ses obsèques ont lieu le 3 février à Saint-Germain-des-Prés. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Le Constitutionnel du jour annonce son décès sobrement : « M. Brillat-Savarin, conseiller à la Cour de cassation, vient de mourir. C’était un bon citoyen et un homme de beaucoup d’esprit ; il sera généralement regretté. » C’est la désolation au sein de la Cour et de son vaste cercle d’amis.

Un homme habile et discret

Rien n’avait été éclatant dans la vie, la carrière, les écrits juridiques, aussi honnêtes et précis soient-ils, de Brillat-Savarin. Il demeura célibataire et sans descendance et l’on est peu renseigné sur sa vie amoureuse, même s’il avoue ici ou là, de tendres sentiments, voire un peu plus, pour le beau sexe, en particulier pour sa cousine éloignée, la belle Juliette Récamier. Il fut un assidu député du Tiers-État à la Constituante, un éphémère maire de Belley pendant un an, un bon conseiller à la Cour de cassation, un gestionnaire avisé de ses biens, un chasseur passionné, un musicien apprécié et surtout un ami attentif à tous, un hôte parfait, tant lorsqu’il invitait que lorsqu’il était invité. Animé de convictions souples (sauf en matière de gastronomie), il sut dispenser des témoignages de sincérité politique à géométrie variable et parvint à survivre opportunément à tous les changements de régime de son temps, bien que tout de même contraint à l’exil outre-Atlantique par les Jacobins pendant la Terreur. France mémoire

Jean-Robert Pitte

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Lorsque le chef Guillaume Gomez, cuisinier de l’Elysée, déléguait son second, Cédric Chabaudie à Bucarest pour participer au lancement de la Fête du Goût.

Aux cuisines durant 24 ans et depuis 2021 conseiller spécial de Monsieur Emmanuel Macron pour l’alimentation, Président de l’Association des cuisiniers de la République soutient la Fête du Goût depuis 2014.

L’année 2021 était l’année de la gastronomie et cela passe par savoir comment BIEN MANGER à la cantine, à l’École et à la maison.

Il faut se réinventer pour que les enfants comprennent l’importance de consommer localement issue de préférence de l’agriculture biologique, paysanne et ses produits de terroirs de la gastronomie sous les signes de qualité dont les AOC, IGP…à développer en Roumanie.

Les cuisiniers et cuisinières ne sont rien sans ceux qui travaillent les produits de la terre nourricière et méritent notre respect

La restauration scolaire en Roumanie doit trouver sa place et être inscrite dans les projets d’établissements scolaires mais cela n’est possible que si les personnels de direction sont sensibles à la thématique alimentation et éducation alimentaire.

Le ministère de l’Éducation nationale devrait leurs imposer des formations faites par des cuisiniers engagés de la restauration scolaire qui eux savent pourquoi et pour qui ils travaillent : Les enfants. 

C’est tellement une évidence que la cantine contribue aux bien-être des convives et c’est peut-être le seul moment de la journée ou les enfants reçoivent de la part des personnels des établissements scolaires des gestes de gratitude et remerciement autour des valeurs du repas et de la convivialité du Bien manger à savoir :

«  Bonjour, Bon appétit, Merci, Belle journée, avec un regard dans les yeux et même un sourire »

 

La cantine peut être le seul endroit de vie de la journée ou ils rencontrent des adultes qui ne sont pas tristes, car ces femmes et ces hommes qui nourrissent les enfants de la République par le biais de la cantine doivent être fiers d’avoir bien fait à manger aux enfants et adultes qui font de la communauté éducative d’un établissement scolaire, un lieu plus humain dans cette crise sanitaire que traverse le monde.

N’oublions pas que la restauration scolaire mérite le respect pour ceux qui sont engagés dans les valeurs du bien manger aux enfants mais jusqu’à quand…

Les „meilleurs régimes” – préventifs pour la santé et durables pour l’environnement – s’inscrivent dans la règle des 3V comme Végétal, Vrai, Varié, en privilégiant le Bio, le local et de Saisonnier.

Quand l’idée d’une véritable et sérieuse éducation au goût commence à faire son chemin en Roumanie !

Bon pour le goût, bon pour la santé, bon pour la planète !

Fête du Goût 2020/2030 ; Un projet d’éducation alimentaire inclusif essentiel pour l’agriculture, le bien-être des citoyens et les ressources de la planète.

Projet national visant à établir une éducation inclusive favorisant la sensibilisation à la nutrition. Un plus pour sensibiliser à l’ambitieux projet d’une Roumanie „Jardin vert de l’Europe”. Nos achats alimentaires du quotidien favorisent l’économie tout en impactant le réchauffement climatique, la biodiversité et le vivant.

Par conséquent, acheter de manière responsable ce que nous ingérons pèse autant sur notre santé que sur l’avenir de la planète.

De la terre aux déchets, la chaîne alimentaire de la production à la distribution, en passant par sa transformation, produit 34 % de GES et génère 80 % des déchets ménagers, dont 60 % de plastique.

L’éducation nutritionnelle selon le programme des ODD dont 13 sur 17 touchent directement la nutrition au niveau global. A l’unisson d’un partenariat stratégique franco-roumain, « Les Classes de Goût » contribuent à une meilleure connaissance des métiers de bouche et à une dynamique clé pour l’accueil d’un pays.

Avec la Fête du Goût 2020/2030, nous encourageons les établissements à créer les bases d’une éducation également pour les enseignants, à leur fournir les outils pour enseigner et aborder les cours du goût en diffusant le livre „L’Art du Bien Manger BIO” écrit par le Chef Alain Alexanian. Également les brochures pédagogiques, cahier d’exercices ludiques et interactifs encouragent une alimentation locale, variée et diversifiée, ainsi que l’acquisition des gestes civiques en faveur de la planète.

Une éducation alimentaire claire et indépendante est une arme de pédagogie massive pour : L’histoire, la géographie, les sciences de la vie, la vie agricole et la biodiversité, le patrimoine vivant et l’économie, la francophonie via la codification de la cuisine, la culture, le tourisme durable et la connaissance des métiers de bouche.

Donnons à chacun une chance de comprendre les défis alimentaires à l’échelle mondiale.

Toutes les opinions ne se valent pas, selon qu’elles sont éclairées par la connaissance ou l’ignorance, la réflexion ou une idée reçue. Nos enfants ont besoin d’être formés au plus vite à l’esprit critique qui manque aujourd’hui à tant de nos concitoyens, le niveau du débat public et des échanges sur les réseaux sociaux en est la preuve quotidienne. Un parcours pédagogique qui s’appuie sur quatre piliers, couvrir l’ensemble de la chaîne alimentaire « de la ferme à l’assiette » et s’étaler sur toutes les périodes scolaires et universitaires.

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Selon Périco Légasse, „Le guide Michelin n’aimerait plus la France” 

 „Ni Fernand Point, ni Paul Bocuse, ni Michel Guérard, ni Joël Robuchon, n’ont usurpé la constellation qui les immortalise. Ils furent jugés sur des critères liés aux fondamentaux de la cuisine française” 

Le célèbre guide a dévoilé le 16 mars dernier son palmarès 2026, depuis le Grimaldi Forum Monaco, centre de congrès et de culture de la Principauté. Soirée retransmise en direct sur les réseaux sociaux et qui pour le critique culinaire, déprécie tout ce qui ressemble à du classique, comme si cette façon de cuisiner était ringarde, périmée, voire réactionnaire, déplore le critique gastronomique.

On a du mal à le croire, mais l’histoire a prouvé que tout est possible. Que serait la cuisine française sans le guide fondé par André Michelin en 1900 ? Bien des choses en somme, mais pas ce qu’elle est devenue grâce à lui. Génial et visionnaire, André Michelin, dont les pneus apprivoisèrent la route, se doutait que l’automobile allait devenir un vecteur de civilisation et que le parcours devait donner du sens au voyage. L’idée consistait à sélectionner les meilleures étapes, pour le gîte et le couvert, avant de les distinguer d’un symbole indiquant que la table valait, soit la halte, soit le détour, soit le voyage. Non seulement le guide rouge orientait vers la destination, mais désormais c’est même lui qui la fixait. Un siècle durant, le guide Michelin aura été l’arbitre du phénomène gastronomique français. Longtemps en situation de monopole, puis stimulé, à partir des années 70, par de furtifs concurrents, dont Gault-Millau fut, non le plus brillant, mais le plus bruyant. En 2026, il reste une planète, certes notoire, mais noyée dans une galaxie médiatique où il est contraint de s’éloigner de son orbite originelle pour attirer l’attention. Diffusion effondrée, coûts d’édition faramineux, perte d’influence, Le Michelin a besoin qu’on parle de lui.

…qui s’appelle la France.

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Cadmium : l’Anses lance l’alerte pour abaisser les teneurs dans les fertilisants et les aliments

Une expertise de l’Anses documente la sur-imprégnation « préoccupante » des Français au cadmium et appelle l’Etat à appliquer les valeurs limites dans les fertilisants, et les consommateurs à réduire la consommation de céréales du petit-déjeuner, gâteaux ou encore biscuits afin de réduire leur exposition à un métal lourd classé CMR, qui n’épargne pas l’agriculture bio.

« Si les niveaux d’expositions actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population ». Telle est l’alerte lancée par l’agence sanitaire après la publication mercredi 25 mars 2026 d’un rapport d’expertise collective, documentant l’état et l’évolution de la sur-imprégnation, ses causes, ses méfaits sur la santé et les moyens de la diminuer.

„Les opérations de décadmiation présentent des surcouts agricoles limités comparativement au fardeau sanitaire que représente le cadmium”

Pour réduire les apports de cadmium par les engrais minéraux phosphatés commercialisés en France, l’Agence recommande le recours à des sources d’approvisionnement en roche phosphatée ou produits dérivés contenant moins de cadmium. Lorsque cela n’est pas possible, elle préconise la mise en œuvre de procédés de décadmiation. „Les opérations de décadmiation méritent d’être développées à une échelle plus importante, souligne Géraldine Carne. Elles présentent des surcouts agricoles limités comparativement au fardeau sanitaire que représente le cadmium pour l’état de la santé de la population”.

L’article de fond 

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Le général Lucius Licinius Lucullus.

Né vers 109 av. J.-C. et mort vers 57, le général romain Lucullus a laissé un nom célèbre dans l’Histoire, homme de guerre et orateur remarquable. Le vainqueur de Mithridate a collectionné les victoires, mais il est plus célèbre aujourd’hui par ses repas exceptionnels que par ses faits d’armes.

On a bien souvent publié une remarque qu’il fit à son cuisinier qui, sachant que son maître était seul à table ce jour-là, n’avait préparé qu’un dîner simple :

« C’est précisément, dit-il, les jours où je suis seul à table qu’il faut soigner mon dîner : ce jour-là, Lucullus dîne chez Lucullus. »

Après ses nombreuses victoires, ce général s’attira de très violents ennuis et le jour de son triomphe à Rome fut le dernier de ses beaux jours de gloire. Il répudia Clodia, son épouse déshonorée et épousa Serville, la soeur de Caton, puis il préféra renouer avec la politique.

Possédant une immense fortune, il passa tout son temps à satisfaire ses goûts de luxe et de bonne chère. L’abondance et la qualité de ses menus ont fait l’étonnement et l’admiration de tous les siècles.

Il avait pour amis les plus grands personnages, comme Caton, Pompée et Cicéron. Un jour, Pompée et Cicéron, l’ayant rencontré en ville, le prièrent de les inviter à un petit dîner « sans cérémonie ». Lucullus leur répondit : « C’est d’accord, mais permettez au moins que je dise à mon maître d’hôtel de servir ce repas dans la salle d’Apollon. »

Ce fut, évidemment, un magnifique festin et comme Pompée témoignait sa surprise, Lucullus répondit : « Chaque repas servi dans la salle d’Apollon doit, d’après mes ordres, coûter au moins 50 000 drachmes… » S’intéressant à la littérature et aux arts, il fit embellir son

Palais de Tusculim, plein de tableaux et de statues et fit remplir sa bibliothèque d’ouvrages fort précieux. C’est là qu’il passait l’été, en compagnie de l’élite romaine. Il fit percer une montagne afin d’introduire par un tunnel de l’eau de mer pour alimenter ses viviers… Le poisson, selon lui, devait vivre dans l’eau de mer pour conserver son goût…

De plus pour la première fois, il fit introduire en Italie, le faisan, les cerises, les pêches ainsi que plusieurs légumes.

Cicéron a fait l’éloge de Lucullus dans ses Tusculanes.

Déjà les Romains dégustaient du foie gras, ils faisaient venir les oies, « à pied », de la Gaule. Ce foie gras avait pour eux une telle importance que deux personnages très haut placés se disputèrent l’honneur d’avoir mis au point la technique de l’engraissement des oies sauvages, le consul Metellius Scipion et le chevalier Saïus.

Un autre animal était très apprécié par les goinfres romains, c’était le cochon de lait, bouilli d’un côté, rôti de l’autre et farci de grives et d’huîtres…

Par ailleurs, le Festin chez Trimalcion est un récit inséré dans le roman latin du Satyricon, attribué à Pétrone.

Source : Histoire des festins insolites et de la goinfrerie.

Robert Miquel, dit Romi, né le 14 novembre 1905 à Lille et décédé le 25 novembre 1995 à Yerres.

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Onomastique de la gastronomie

  Une thèse, pépite goût „Umami” ! Un menu de 470 pages. Alors que l’alimentation est au coeur de nombreux débats. „Onomastique de l’art culinaire en France”. Une thèse qui vaut son pesant de pain béni ou de cahahuètes, à souhait !

Résumé : La gastronomie et l’onomastique n’ont encore jamais fait l’objet d’étude, de manière conjointe, d’un point de vue linguistique. L’objectif de cette thèse est de proposer un point de départ à une réflexion sur la structure, la nature et la place du nom propre dans la gastronomie française. Pour ce faire, après avoir exposé les différentes problématiques liées à la définition des concepts de gastronomie et de nom propre, nous avons réalisé une synthèse des principaux éléments théoriques qui servent de base à la recherche sur les noms de plats, tant sous un angle linguistique, historique qu’artistique ou législatif. La nécessité d’effectuer une distinction entre appellation culinaire et dénomination gastronomique selon la place qu’occupe le nom de plat sur un axe nom propre / nom commun s’est vite imposée et pour vérifier dans quelle mesure les types de noms propres dans les noms de plats sont conditionnés par le contexte, deux sortes de corpus ont été constitués.

Cuisine ou gastronomie ?

Étymologiquement, le mot gastronomie, qui signifie la norme, la loi du ventre, est emprunté au grec γαστρονομία „art de régler l’estomac”.

Le Larousse définit la gastronomie comme la connaissance de tout ce qui se rapporte à la cuisine, à l’ordonnancement des repas, à l’art de déguster et d’apprécier les mets ; le Petit Robert, comme l’art de la bonne chère ; le Grand dictionnaire terminologique, comme l’art de bien manger et le Littré, comme l’art de faire bonne chère.


❓ Mais qu’en est-il de la cuisine et surtout du rapport entre les deux notions ?

Il y aurait un rapport de niveau :

– L’alimentation se trouverait tout en bas, puis viendrait la cuisine et enfin au sommet se situerait la gastronomie qui concernerait les arts de la table et le discours sur la cuisine.

Souvenir de la première édition de 1996 „Mots de table, mots de bouche”, de Claudine Brécourt-Villars, cependant cette thèse nous emporte au coeur des apports nominatifs des recettes, de son créateur, à sa ville ou pays d’origine. Pour mieux comprendre comment l’art de manger a continuellement évoluer durant ces XXè et XXIè siècles.

Le mot gastronomie comporte donc également un aspect négatif ou sélectif que les membres de la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires chargés de préparer le dossier de candidature concernant le projet d’inscription de la gastronomie française au patrimoine immatériel de l’humanité auprès de l’Unesco ont eu bien du mal à surmonter.
– Le terme de “gastronomie”, compte tenu de sa connotation plutôt élitiste, pourtant, aucun autre terme n’a été proposé, pour le „repas gastronomique des Français” retenu sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2010. Thèse de Carole Faivre.

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Chroniques d’une vie en Roumanie, un corollaire à trente années subrepticement hétéroclites (suite V).

Mais enfin pourquoi „Cioran dans la cuisine de Lucullus” ?

Cioran c’est mon „Dor” roumain et Lucullus, découvert alors que je commettais mes premiers articles culinaires, ma signature, dans la revue „Regard” qui venait d’être lancée alors que je débutais mes activités de journaliste freelance, après mes premières armes en Roumanie avec „Economie roumaine magazine„.

„Lucullus dîne aujourd’hui chez Lucullus” ce pourrait être moi lorsque je me mets en cuisine pour déguster une de mes préparations que je voudrais originales ?

Lorsque l’Empereur Lucullus, général et gastronome, se fâcha et fit appeler le serviteur préposé à cet office, qui s’excusa sur le manque d’invités ; il n’avait pas cru que Lucullus eût besoin d’un repas somptueux : « Que dis-tu ? répliqua le maître ; Ne savais-tu pas que Lucullus dîne aujourd’hui chez Lucullus ? » Juste extrapoler un angle du paradoxe roumain à l’indicatif présent !

Le Dauphine Novembre 1995

Mais plus sérieusement, suite à un article de Patrick Rambourg : „Les Français et leur culture alimentaire : approche historique”.

„Car manger en France est une affaire sérieuse. L’écrivain roumain Emil Cioran raconte dans un entretien à un quotidien espagnol, en octobre 1977, qu’en Roumanie il se nourrissait « comme un animal”, inconsciemment, „sans prendre garde à ce que manger veut dire”. Lorsqu’il arriva à Paris, il s’aperçut que manger était „un rituel, un acte de civilisation, presque une prise de position philosophique”. Jean Anthelme Brillat-Savarin n’a-t-il pas écrit que „la destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent” (Physiologie du goût) ! Ce besoin naturel de se nourrir, la France l’a transformé en un art du bien manger et du bien boire, en une passion gastronomique, qui, aujourd’hui encore, contribue à la valorisation du pays au niveau international.

À n’en pas douter, le philosophe se référait au modèle alimentaire français, fondé sur ses trois repas pris dans un même créneau horaire dans tout le pays. Une régularité qui s’inscrit dans une convivialité du quotidien avec des membres de sa famille, des collègues, des amis. Modèle alimentaire inscrit en 2010 sur la „Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité„.

Source

Cioran cahiers ; 1957-1972

27 sept. 1959

De malaise en malaise, de maladie en maladie ; Où vais-je ? Sentiment de radicale impuissance devant tout. Né démuni.

Le Mal est au même titre que le Bien une force créatrice. Des deux, c’est pourtant lui le plus actif. Car trop souvent le Bien chôme.

Il fut un temps où je ne passais pas une seule journée sans plusieurs heures de musique ou sans lire un poème. Maintenant, la prose me tient lieu de tout. Quelle diminution, quelle déchéance !

Seul problème qui me tienne à coeur : celui du monstre.

Neutraliser les effets de la Création. Le moindre acte pose pour moi le problème de tous les actes ; la vie se convertit pour moi toujours en Vie ; ce qui complique jusqu’à la suffocation l’exercice du souffle.

Accès de colère du matin au soir. Je me querelle avec les commerçants, avec tout le monde. Après chaque éclat, sentiment d’humiliation. Réactions d’individu « odieux », et, par voie de conséquence, dégoût de soi.

Tout homme qui vend quelque chose me met hors de moi. Après une nuit blanche, la cigarette a une saveur funèbre. Je suis un écrivain qui n’écrit pas. Sentiment de forfaire à mes nuits, à ma « destinée », de la trahir, de gâcher mes heures.

Oppression. Certitude d’être un non-appelé. Je suis un sceptique effréné. Aux premiers siècles de l’ère chrétienne, j’aurais été manichéen, plus précisément disciple de Marcion.

La pitié : une bonté dépravée. Je ne sais plus qui s’est défini lui-même : „Je suis le lieu de mes états.” Cette définition me convient intégralement, et épuise presque ma nature.

Cioran n’écrit rien en octobre, j’arrive sur terre. Déjà je sens en moi le gai désespoir de Cioran. Je le conscientisai bien avant 7 ans.

Le mot français par lequel Cioran reprend le sentiment de Dor est l’amertume. L’amertume devient le correspondant français de ce difficilement descriptible et ambigu mot roumain. Cioran va rédiger tout au long de son voyage existentiel, le bréviaire du Dor-amertume qui ne le quitte jamais et qui exprime deux étapes successives de sa vie, lesquelles ne sont jamais en opposition : d’une part la lamentation criante, transposée dans une écriture lyrique, directement pliée sur le sentiment éprouvé ; d’autre part l’expression atténuante, transposée dans une écriture conscience d’elle-même, doublement réflexive, soumise au pouvoir du mot juste.

18 nov. 1959

Sommeil après-midi. En me réveillant, pendant une seconde j’ai éprouvé ce que ressentirait un mort. Ce fut comme l’illumination fulgurante d’un cadavre.

Si, tous les jours, j’avais le courage de hurler pendant un quart d’heure, je jouirais d’un équilibre parfait.

Tous mes « écrits » ne sont, en dernière instance, que des exercices d’anti-utopie.

Celui qui m’assure ignorer la rancune, j’ai toujours la tentation de lui donner une gifle, pour lui montrer qu’il se trompe. Tout compte fait, la vie est une chose extraordinaire.

Cioran est décédé le 20 juin après un Alzheimer, j’arrive dans son pays de naissance le 19 novembre 1995 au soir.

En 1997, deux ans après mon arrivée, je visiterai sa maison de naissance de Rășinari. Puis avec un ami d’agapes, (ancien étudiant rebelle au treilli siglé AC/DC sous Ceaucescu) issu de la grande aristocratie d’avant communisme, travaillant assidument vingt années comme journaliste francophone d’une radio internationale et qui deviendra Ambassadeur de Roumanie en poste à Paris jusque récemment, nous visitâmes la maison de son ami poète Constantin Noica à Paltinis. Mon inculture en langue roumaine me fera penser à un livre de „blagues” écrit par le légendaire dont nous visitions la maison. Guidée par une femme passionnée dont nous comprenions qu’elle avait été sa dernière compagne. Faux-ami linguistique, il ne s’agissait pas d’un livre de blagues lorsque le „Blaga” était prononcé à plusieurs reprises par notre hôte, mais de l’estime de Constantin Noica pour la création de Lucian Blaga restée constante. S’exprimant à travers les articles franchement enthousiastes qu’il lui a dédiés pendant pas moins de 53 ans ; De 1934, lorsqu’il a témoigné que „nous sommes ici devant le cas roumain le plus intéressant de la philosophie en devenir”, et jusqu’en 1987, lorsqu’il est parvenu à la conclusion : „Nous pouvons affirmer aujourd’hui que le XIXe siècle culminait avec Eminescu, le vingtième par Lucian Blaga”. (Parce que le philosophe Noica admirait non seulement sa philosophie, mais „ce trident de Blaga, avec lequel il a tenté de prendre d’assaut le ciel : philosophie, poésie, théâtre”).

Bref, malgré mon implication pour comprendre la Roumanie, j’avais de sacrées lacunes !

Un an plus tôt, un an après le décès de Cioran, je reçu un diplôme avec les médailles afférentes Tzara et Brancusi décerné par Constantin Crisan. Un côté moins connu de lui était une correspondance privée et littéraire avec des personnalités distinguées de la spiritualité créative au pays et à l’étranger telles que : Émile Cioran, Mircea Eliade, Eugène Ionesco, Constantin Noica, Léopold Senghor.

Diplôme francophonie 1996 – Constantin Crisan

Comment ne pas s’intégrer dans un pays après toutes ces coïncidences, ces surprises, ces hasards.

Ce diplôme après avoir participé à un jury de récitations françaises de jeunes lycéens en partenariat avec l’Institut Français, me procura une belle allégresse. Je prends tout de ce bonheur comme me sentant intégré à la Roumanité.

Le Dor roumain me va bien, je l’avais depuis la naissance, aujourd’hui il fait sens dans mon combat pour la révolution délicieuse dans un pays qui a tout perdu de sa culture culinaire interbellique. Depuis 1997, grande distribution et fast bouffe américaine ont donné le là d’une restauration appauvrissante et malsaine, les délaissées de la culture européenne. La démocratie de façade grâce à l’argent qui pleut de Bruxelles.

Mais comme l’affirmait E.M.C „L’homme libre ne s’embarrasse de rien, même pas de l’honneur„. Se déclarer comme lui de plaisantin à la pensée dévastatrice, serait carrément prétentieux. Il y a des chances que je me considère plus comme un flâneur aux idées noires, comme cet illustre avait choisi sa vie. En adoptant la langue française comme une patrie, en décidant de ne jamais travailler, en veillant quand le monde dort.

Pour moi, pas très enthousiaste pour choisir la langue roumaine comme patrie, en tout cas pas celle de nos jours appauvris par des années d’obscurantisme, ampoulée d’expressions protocolaires automatiques, de soumissions, de grandiloquences.

Cette velléité à discourir par ces strates et pléthores de sycophantes qui se disputent une obséquiosité permanente d’escobarder l’étranger en respectant les usages auliques que la Roumanie Ceausiste a fabriqué.

Il me faudrait peut-être me rapprocher de l’Aroumain et ses mots de vie terrienne tel le mot Cascaval. Ce fromage dont leCaseus latin a donné Cas et Caballus (cheval) qui a donné Cal en roumain, donc ” fromage à cheval ” qui descendu par les bergers romanophones principalement dans les plaines balkaniques couvrant Serbie, Croatie, Bulgarie et Roumanie. Héritage des Daces (en latin Daci) nom donné par les Romains aux tribus ayant peuplé le bassin du Bas-Danube dans l’Antiquité.

L’Urgence, quand mes problèmes gastriques qui accélérèrent un jour de 2014 du côté de Mamaïa, sur la mer Noire.

J’avais pu assez tôt observer le monde de l’hôpital en Roumanie. D’abord par un ami roumain qui travaillait à RFI et ayant souffert d’une apendicite. Ce fut la première fois que je me confrontais au monde de la petite corruption, où pour le moindre service, mon ami versait son obole pour que le service de base soit effectué, qui aux femmes de service, qui aux infirmières. Par la suite, avec une chute de ma mère sur un parking, lors de sa conduite en Roumanie, afin que je puisse l’avoir proche de moi afin de suivre son Alzheimer. Cependant, je n’avais pas eu cette impression lorsqu’elle avait été traité pour une blessure au tibia qu’il avait fallu recoudre au grand hôpital des urgences de Bucarest, Floreasca. Il faut dire qu’elle avait été placée en salon privé.

La station à la mode, où j’avais décidé de passer quelques jours à L’hôtel Perla, un hôtel emblématique de la période communiste duquel on parlait de démolition en 2026, mais qui ne le sera pas finalement. À la demande des associations de défense du patrimoine, les autorités ont entamé la procédure de classement du bâtiment comme monument historique, ce qui signifie qu’il doit conserver sa structure et son aspect des années 1960.

Sept années après l’entrée de la Roumanie dans l’U.E., Heureux de me retrouver au bord de la mer, dans cet hôtel dont je me souviens des gabegies du petit-déjeuner buffet. Beaucoup de clients devaient utilisés leur voucher de vacances de l’état. Aussi, tout était le bienvenu pour grapiller des économies de droite de gauche. Une majorité de salariés de la société de consommation partait en vacances, c’était bon pour l’image et pour faire vivre les deux mois d’été les établissements touristiques du Littoral. On voyait quand même beaucoup de plaques étrangères, notamment allemandes, car les stations de bains de boue étaient déjà prisées sous le communisme par les Allemands de l’Est comme de l’Ouest.

Donc, mon microbiote, mes tripes, mes entrailles et mon second cerveau me jouaient des symphonies endiablées, il me paraissait que Bartok, Malher et Wagner orchestraient les tumultes des pensées de ma panse. Un blocage du diaphragme devenait de plus en plus fréquent, et je n’avais toujours pas arrêté de fumer complètement. C’était parfois tellement relaxant d’en griller une !

Promis au retour, je consulte. Me voilà à patienter aux urgences pour rencontrer un gastroentérologue de l’Hôpital Universitaire de Bucarest. Un monument usine de 14 étages qui récupère toutes les misères de Bucarest, jour et nuit. La terrasse du dernier étage permet d’avoir une vue assez exceptionnelle sur toute la capitale roumaine. En face ce qui devait être la maison de la radio, laissée à l’abandon depuis 1989. Avant mon arrivée de 1995, j’avais eu des contacts avec la chaîne Hyatt qui devait reprendre le bâtiment. A l’époque, c’était le genre d’établissement où il m’aurait plus de faire quelques années afin de me couler plus facilement dans le pays. J’avais toujours eu un faible pour cette chaîne hôtelière dont j’avais découvert un de ses établissements à San-Francisco avec une architecture tellement novatrice à mes yeux. Il demeure une curiosité encore aujourd’hui.

A Bucarest en 1995, seul le Sofitel accolé au World Trade Center au Nord de Bucarest représentait un hôtel aux normes occidentales avec un service où le personnel semblait avoir un peu de savoir faire et de savoir être.

L’hôtel avait ouvert le 4 mai 1994, marquant une étape importante dans l’hôtellerie de luxe roumaine. Aussi, pour ma part, le groupe Accor et ses hôtels ne me faisaient pas réellement vibrer. Pour ma part cela restait de l’hébergement assez quelconque. En France, mes différents stages, chez Ibis Montrouge, comme chez Novotel Lyon durant mes apprentissages et emplois ne m’avaient pas laissé un grand souvenir.

Je m’interne la semaine prochaine et suis opéré dans la foulée, heureux, pas longtemps, à peine quelques semaines plus tard tout est à refaire. Ce sera refait six mois plus tard avec une opération de plus de huit heures avec ouverture du thorax et une embolie pulmonaire en prime supplémentée de 3 semaines de soins intensifs.

Urgence à Bucarest ; „Animalski, l’anesthésiste”.

          Voilà, nous sommes le 4 février 2015, c’est aujourd’hui que je dois descendre au bloc vers 9.30. Je suis prêt, pas trop anxieux. Deux opérations m’attendent : L’une au thorax, l’autre à l’estomac. J’ai l’expérience de mon opération estivale. Je sais comment tire les points au ventre, me promener dans le couloir de la section toute la journée en tenant par la main les drains. Je ne crois pas que je sortirai 5 jours plus tard. Je redoute les douleurs thoraciques. Les gouttes à goutte durant des heures qui m’obligent à rester immobile. Les cathéters qui noircissent ma peau fragile. J’essaie de penser que des anges me protègent et que je ne ferai pas partie de la statistique du 1 % qui tue. Voilà il est 9 heures et des brouettes, les brancardiers m’accompagnent à pied jusqu’au bloc situé au 2ième étage. La litanie des ascenseurs est un spectacle à lui tout seul. Il y a les ascenseurs publics, ceux réservés, ceux pour les numéros pairs, les autres des étages impairs. La semaine les couloirs sont pleins de gens qui attendent parfois jusqu’à 20 minutes de pouvoir redescendre. Un seul ascenseur monte au 14ième étage, là où se trouve un petit buffet qui sert autant le personnel que les malades. Nous sommes sur la terrasse et la vue est à 180° sur la ville de Bucarest. Cela permet de boire un vrai expresso et s’évader un peu. Oui, mais moi là j’arrive devant les portes de l’accès au bloc. On entre et on me fait attendre dans un salon. Pardon un débarras sombre avec une banquette en sky rouge des années 70, des vieux matelas de mousse tout jaunis, un petit couloir d’une tristesse sans nom. Le cafard commence à m’envahir. Les minutes d’attende sont longues. J’observe en espérant me rappeler le décor pour le dépeindre dans un livre que je commettrai peut-être un jour. Mais voilà rien ne revient. Une assistante vient enfin me chercher, „pour le thorax ?” C’est obligatoirement pour moi je suis tout seul. Et si elle se trompait de client !

Quelques pas plus loin, nous arrivons au bloc opératoire. Sombre, encombrée, cette petite pièce où quelques jeunes filles en civil semblent attendre les ordres. Un seul homme est présent, je ne sais pas qui il est. « C’est vous l’anesthésiste ? » Demandais-je de moins en moins rassuré. Une radio encastrée entre les cartons est branchée sur une onde roumaine rapportant l’actualité. Mon regard scrute le moindre détail, je suis de moins en moins rassuré. A la demande d’une assistante j’enlève le haut de mon pyjama et me branche un cathéter pour l’appareil à tension. L’homme s’énerve parce que la radio n’est pas sur sa fréquence préférée, tout en ayant préparé une grosse seringue qu’il est supposé m’enfoncée mais où ? Donc il cherche sur sa radio sa fréquence habituelle. Et s’il entend une mauvaise nouvelle lorsqu’il me pique et qu’il dérape, il me paralyse pour la vie celui que maintenant je prends pour un Mister Bean. La radio est réglée, l’homme semble calme il m’explique tranquillement pendant qu’une assistante me badigeonne le dos d’un produit froid, qu’il va me faire une péridurale. Pardon ?! Mais on ne m’a pas dit cela, on m’a dit que j’aurai une anesthésie générale. L’homme m’explique un semblant de procédure que le patient peut refuser s’il le souhaite. Et pourquoi, je ne l’ai pas vu avant cet anesthésiste moi ? J’ai signé des papiers, mais lui il n’est pas passé pour m’expliquer, nous ne sommes pas en situation d’urgence comme en Août dernier. Tout s’embrouille, j’ai la trouille, je veux parler avec quelqu’un de mon entourage qui m’attend aux portes de la section. Tout m’énerve, la confiance est perdue, je veux qu’il parle avec mon entourage. Je lui exprime mon souhait. Mister Bean s’énerve, il enlève ses gants de colère, il ne veut plus opérer, je sors en trombe de cet enfer pour expliquer ce qui s’est passé.

Chic, je suis sauvé !

J’ai peut-être échappé à une erreur médicale.  Un médecin qui doit participer à l’opération arrive et je l’informe de ce qui s’est passé. Elle semble à moitié surprise. Tout le monde est un peu décontenancé, le médecin anesthésiste ne veut pas sortir pour discuter sereinement avec une personne de confiance qui m’accompagne. Le chirurgien qui doit m’opérer au thorax ne comprend pas la situation, il n’est pas là pour jouer les médiateurs. Le chirurgien Dragomir et qui doit ré ouvrir mon ventre et qui m’opéra cet été est lui plus compréhensif.  Les va-et-vient continuent devant l’entrée de la section. Une assistante passant par-là entend l’histoire et s’exclame spontanément : „Ah Animalski !” Tout est dit ! Bon moi là franchement, je n’ai plus trop envie de repartir en salle d’opération, les tractations s’engagent entre les différentes parties concernées et médecins convoqués, le temps passe. Il semblerait que j’ai blessé du monde en disant que cette salle d’opération était un capharnaüm indigne d’un service hospitalier européen. C’est dit, Mister Bean est fâché ferme, il ne veut plus opérer. Pour moi, c’est gagné, l’opération est reportée ! Le chirurgien spécialiste du thorax vient me voir, il est courroucé et m’annonce que je peux aller me faire opérer dans le privé si je le désire, mais lui ne m’opéra plus…. Aie, j’ai fait une connerie je crois !

Résurgence à Bucarest

La nouvelle opération au printemps 2015, à la suite de l’épisode Animalski, dura plus de 8 heures avec embolie pulmonaire à la clé et 3 semaines de soins intensifs pour aboutir à un nouvel échec.

Ouverture du thorax et du ventre pour un résultat affligeant ! Je craignais et en étais presque certain, l’affaire était plus grave ! C’est ainsi que je parti dans une clinique privée, pratiquer une colonoscopie et une endoscopie simultanément mais sous anesthésie. Opération qui dura une vingtaine de minutes en ambulatoire. Le verdict ne me surpris pas. Je m’attendais à l’éventration mais pas à l’œsophage baret et à une possible prostate gonflée.

Ce fut la tomographie qui dévoila l’ampleur du désastre ! Et surtout le professeur Horvat qui prit la peine de me l’expliquer. Donc, le type, c’est un ponte en oncologie, il a 47 ans d’expérience. Il parle un français de bonne qualité sans être très académique.

Et le mec tu le vois s’exclamer, s’esclaffer par bribes. „Ah, oh, Hou là la et…”

Là tu ressembles à Louis de Funès en train de rétrécir sur sa chaise avec toutes les sueurs de circonstance !

Trêve de plaisanterie, je passe, ce n’est pas la meilleure partie de ma vie !

Là, j’avais compris que l’opération était inévitable. Mais quand, comment, et par qui en Roumanie ?

Plus question de retourner dans l’usine CHU de l’hôpital Universitaire de Bucarest et ses 14 étages avec vue imprenable. Deux fois qu’ils m’avaient menti, trompé, loupé !

Puis, le professeur Horvat expliqua :

  • Jamais vu ça en 47 ans ! C’est un cas d’école intéressant. Il faut que nous fassions une copie de votre tomographie pour mes étudiants.
  • Merci monsieur, mais pour moi, comment cela se passe ?
  • Vous comprenez que d’ordinaire, votre estomac doit monter dans le diagramme par la droite, et vous, il est à gauche, collé au cœur !?
  • Mais encore Monsieur ?

Chez le spécialiste conseillé par le célèbre oncologue, à la vue des scanners et radiographies, retour à la case départ. Le diaphragme est bloqué par les organes digestifs qui remontent et bloquent ma respiration. Un spécialiste du côté de Sfanta-Maria, l’hôpital où il officie en maître, c’est le grand ponte. Son assistante nous dit de patienter, il est 15h00, nous sommes venus sans rendez-vous juste par l’intervention, d’Horvat, le professeur que j’ai vu plus tôt. Son assistante nous dit de patienter. La patience, ce n’est pas mon fort, et pas de grands espoirs. Il va arriver bientôt nous confirme le Dr Birla, son assistante. Enfin, nous entrons dans le cabinet, le professeur est de fait sorti de sa sieste. J’apprendrai par la suite qu’il est sur le pont souvent plusieurs heures tôt le matin. Le pont ici, c’est le bloc opératoire et pas du dernier cri.

Pas besoin de beaucoup de discours, il passe sa main sur mon ventre et déclare tout de go, il t’a opéré comme en 70, il faut réopérer rapidement. C’est reparti pour un tour, mais je n’ai pas le choix, entre acidité et transit turbulé, c’est de moins en moins vivable pour une vie active au quotidien.

Et voilà, troisième opération en trois ans. Tout est Ok, le filet de protection intérieur joue son rôle et l’éventration est maintenue. Quand je pense toutes ses séances d’abdominaux, au judo, au foot, au rugby, à la gym et se payer une éventration, Pfff.

Mon poids est redevenu acceptable, le roi du trône, sans autres contestations, des petites défécations quotidiennes presque parfaites.

De nouveaux pantalons, et une taille de guêpe à la Alban qui joue Maya sur la scène de Saint-Tropez.

2020, la cigarette n’est pas encore définitivement éloignée de mes aspirations quotidiennes. Un évènement va me rappeler qu’il serait bon d’arrêter car cette fois, le pneumothorax spontané arrivé un matin en pleine période estivale, ne se résoudra pas en 24 heures par aspiration comme avant mon départ du Passage en 1992, commune où se trouvait la maison de campagne où je jardinais avec mes parents déjà âgés et retraités depuis presque quatre lustres.

C’est donc un 13 août 2020 que je suis interné toujours à Sfanta-Maria et pour un mois, après une opération moins intrusive, mais qui me laissera hospitalisé un mois entier afin de retrouver des capacités pulmonaires optimales.

Cette fois, j’ai arrêté de fumer, je nage presque tous les jours. Puis, incidieusement, une rougeur apparaît sur mon torse du côté droit. Suivant le professeur une petite infection dû à la protection interne qu’il a posée. Un traitement et cela devrait passer. Mais voilà, cela récidive à un autre endroit, là on va opérer sous anesthésie locale, pour bien purger. Et puis, rien n’est fait ! Il faudra finalement enlever le filet de protection interne par une nouvelle opération, nouvelle hospitalisation en 2022.

Un peu dépité, mais le chirurgien m’assure qu’il me posera une nouvelle protection mieux adaptée d’ici un an, mais que je devrais payer en supplément. L’année est passée, rentré à l’hôpital pour une nouvelle opération, nouveaux examens. Finalement janvier 2024, voilà la nouvelle opération programmée. 

Une année écoulée, nous voilà le 1er janvier 2024.

Maintenant je me concentre sur ma nouvelle opération qui doit intervenir ces prochains jours. Le professeur s’est proposé de me mettre un nouveau filet de protection à l’abdomen, une nouvelle génération qui ne devrait pas poser de problème, j’ai hâte, je crois que je vais revivre après cette nouvelle intervention chirurgicale qui clôtura un épisode de presque 10 années et qui m’aura permis de murir mon projet de livre que je souhaite vraiment original à tous points de vue. Les idées sont plus claires mais la structure n’est pas encore fixée réellement comme je le souhaiterai.

Pour le 9 je suis programmé pour la pose de l’emblématique du nouveau filet de protection abdominal. Tout va bien.

Cet été à moi, les plages et les bains de mer sans ceinture et les plages de naturistes !

L’épisode cardiologie, faux départ pour mon opération de l’abdomen et la pose de mon nouveau filet de protection.

Une crise de tachycardie la veille de mon passage sur la table d’opération m’a conduit en réanimation pour 24h avec la décision de repousser l’épisode du scalpel jusqu’à de plus amples examens quant à la résistance de mon organe vital, la pompe à sentiments. Envoi direct en Cardiologie, hôpital universitaire où j’ai déjà été opéré 2 fois avec insuccès et un goût d’amertume qui m’envahit.

Donc, pas vraiment chaud, pour tout dire. Enfin, après une attente et le désordre du passage au triage, je suis dans un petit salon de deux personnes, renfermé derrière un autre salon de quatre lits. Ouf je n’ai pas à me coltiner une communauté de roumains âgés et qui m’ennuient assez rapidement avec leurs problèmes.

Je serai donc resté une dizaine de jours avant de sortir stabiliser une coronographie qui n’a rien donné, mis à part les artères et un cœur qui à l’âge de mes artères.

Prochain rendez-vous pour un IRM (RMN en roumain) prévu le 4 mars dans presque deux mois.

Repoussé une première fois car je n’avais pas de billet du docteur de famille, quelques heures d’attente pour rien, mais en Roumanie, c’est un véritable sport, pour une fois c’était complètement ma faute.

Me revoilà, donc ce 22 avril, le RMN reprogrammé s’est bien passé, certes j’ai attendu de 8h30 à 13h30 dans un couloir de passage, assis et où j’allais et venais toutes demi-heures à des comptages de pas dans les couloirs.

Un autre monsieur d’une quarantaine d’année semblait être lui aussi, attendre la même chose, un docteur à qui j’avais eu à faire s’occupait de prendre de ses nouvelles et de l’informer de son attente en m’ignorant complètement, alors qu’il était supposé m’envoyer depuis quelques mois, les photos de mon EKG sans s’être exécuter ni s’excuser.

Coups de chance, je suis quand même passé le premier. A 13h15, l’interne qui s’occupe de moi depuis ce matin vient me chercher pour descendre au RDC. Le docteur est un peu fâché, car je ne suis pas préparé sans les vêtements et autres breloques en fer qu’il ne faut surtout pas avoir sur soi. L’externe se fait houspiller.

Je laisse tout dans un petit placard, je garde mon pantalon, et ma ceinture souple de maintien et mes chaussures que l’on m’enlèvera finalement un fois allonger.

On m’accoutre d’électrodes et d’une espèce de planche que l’on ferme avec des bandes qui paraisse être du velcro. Je garde les mains le long du corps, et entre dans la machine sur le dos, la tête la première. Il n’y a rien à voir si ce n’est le filet bleu qui partage dans la longueur le cylindre.

Je dois me concentrer sur les indications que l’on va me donner, inspirer profondément, expirer, ne respirez plus. Inspirez profondément tenez l’air, respirez !

A chaque fois, un son différent les ondes radios chargent ma poitrine. J’essaie de compter les minutes, impossible d’avoir une idée de la fin. Parfois, je me demande si je tiendrai le coup. Et si je faisais une crise de panique ? Et s’il me venait l’envie de pipi ou pire ?

J’envoie les prières à chaque nouvelle respiration et dès que l’ordre de tenir mon souffle retentit, je compte les bombardements, parfois 4, parfois 5 parfois 7 avec des bruits de gong différents. J’ai compris que quelques coups sont envoyés en essai et après m’avoir recommandé ma respiration, j’attends les coups de tonnerre. Je les compte et sais lorsque la voix me dira de souffler de nouveau, libérer mon souffle que j’ai gardé précieusement après une grande inspiration.

Une première pause et on m’envoie le liquide de contraste, je mense déjà que mes veines vont chauffer comme pour une Computer Tomographe, pas du tout, ici pas de chaleur dans les veines. L’assistante me dit qu’il reste environ 10 minutes. Je crois que la séance a duré plus longtemps, à peine un peu moins que la première. Voilà c’est fini, j’entends la porte qui s’ouvre. Veni, vidi, vici !

Je pensais que je devrais rester interné pour la nuit jusqu’au lendemain des résultats. Et bien non, je rentre ce soir et reviendrai demain pour les résultats. L’assistante m’explique les délais, d’attente. Avec seulement 2 à 3 patients par semaine et un seul docteur spécialisé pour Bucarest, finalement, le fait d’avoir été envoyer par le professeur Constantinoui de Sfanta-Maria et cet épisode de tachycardie m’aura fait gagner du temps et bien sûr de l’argent puisque batterie d’examens réalisés à l’hôpital public.

Je ne suis pas anxieux pour la suite, je crois que mon pouls est stabilisé avec les médicaments et les longues marches que j’effectue presque chaque jour. Le soleil pointe son nez, alors que la pluie m’avait laissé songeur le matin à 6h00, au réveil.

Après une pause d’une nouvelle année et un contôle en cardiologie, le médecin donne son accord pour une nouvelle opération.

En ce début 2026, j’en suis là, j’ai repris du poids, par manque d’exercice, oui parce qu’en plus, cette saloperie de rupture de clavicule arrivée par un vol plané dans les douches de la piscine du Daimon club en juin m’a obligé à supprimer la natation pour quelques mois et le froid hivernale n’ayant pas encouragé mes marches aux 10000 pas journaliers.

Mais ça va, le filet en matière spéciale qui ne devrait plus provoquer d’allergie est en ma possession, il reste à décider de sa nouvelle pose. Et je dois encore maigrir. Retour à la piscine et à la marche, un contrôle de l’alimentation, bien que je ne consomme ni sucres, ni produits ultra transformés, ni soda, ni alcool. J’en suis là aujourd’hui avec une bonne dizaine de kilos à perdre avant la nouvelle opération, ce 4 avril, date anniversaire de naissance de mon père 101 ans plus tôt et disparu en 96.

Il y a trente ans. Yalla !

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Patrick-Pierre Pettenuzzo

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