
Sarbatoarea Gustului / La fête du goût 2020/2030 pentru educație incluzivă privind alimentația sustenabilă în România.
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Sarbatoarea Gustului / La fête du goût 2020/2030 pour une éducation formelle en Roumanie incluant l’alimentation durable.
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De l’Europe et de Roumanie, traditions plurielles et révolutions délicieuses. Quelques nouvelles, impressions, réflexions et visions d’hier pour demain.
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La « Fête du Goût », une initiative éducative qui encourage le libre arbitre des jeunes élèves des écoles primaires, ambassadeurs auprès des familles, afin qu’ils deviennent des citoyens informés et actifs quant à leur consommation alimentaire. Quand il existe la conscience du choix, la liberté de manger sainement nous appartient. L’éducation au goût, un incontournable de la soutenabilité pour les générations de demain.

S’informer, apprendre, rencontrer pour une vision de l’éducation au goût et à l’alimentation durable au coeur du programme national éducatif créé par Sarbatoarea Gustului depuis 2014 en Roumanie.
Nos systèmes alimentaires sont au cœur des enjeux de la transition écologique. Le prix n’est pas le seul indicateur de la qualité nutritionnelle des produits.
De nombreuses études indépendantes montrent que la nutrition ne relève pas uniquement du choix individuel. Elle dépend aussi du pouvoir d’achat. Quand les produits sans additifs à risque coûtent en moyenne 63 % plus cher, l’accès à une alimentation saine devient un privilège !
C’est effarant … mais tellement logique : quand le seul objectif est de produire moins cher, additifs, conservateurs, exhausteurs de goût et autres épaississants, sucre ajouté et sel deviennent des outils au service de cette stratégie…
Au prix de négliger les problèmes de santé publique qu’ils posent. Et on accuse les produits qui se passent de ces artifices d’être trop chers. Derrière un prix bas, il y a toujours quelqu’un qui trinque !
En 2026, nous avons envie de retrouver à manger dans des restaurants où la carte évolue au fil des saisons, où l’on déguste des produits frais et où l’on partage un moment convivial. C’est un besoin qui demeure inscrit dans nos gènes.

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Les fruits et légumes de Juin
A consommer sans modération ! Les fruits et légumes de juin donnent la pêche pour anticiper l’été. Framboises, cerises, melons, tomates, courgettes…
Les fruits et légumes de juin ont un parfum d’été et sentent les vacances à plein nez !
Ils offrent une farandole de couleurs, de saveurs et font notre bonheur. Jus de fruits pressés, gaspachos, tartes tomate-basilic, cakes poivrons-courgettes, salades composées…Ils inspirent mille et une idées pour cuisiner, alors… régalez-vous !
Des fruits beaux et colorés. Le mois de juin annonce le retour de délicieux fruits : abricots, pastèques, mûres, myrtilles, cerises, fraises mais aussi les premières pêches et nectarines.
Avec les températures qui grimpent, ils sont idéaux pour se rafraîchir, voire s’hydrater car certains contiennent beaucoup d’eau.
Le melon, qui n’est pas un fruit car il fait partie de la famille des cucurbitacées, régale vos papilles jusqu’en septembre. A consommer pour son goût sucré et rafraîchissant.
Les légumes du soleil
À vous piperades et autres ratatouilles avec les tomates, courgettes, aubergines, poivrons, oignons de juin !
Les haricots verts, concombres, asperges et artichauts complètent ces légumes du soleil.
Sans oublier les herbes aromatiques : cerfeuil, laurier, estragon, aneth, basilic, ciboulette, oseille, origan, romarin, thym, persil, coriandre.
Les fruits et légumes de saison ont plus de goût, de vitamines et répondent naturellement à nos besoins nutritionnels du moment. En été, les fruits et légumes sont gorgés d’eau, alors qu’en hiver, ils sont plus riches en vitamines et minéraux. Et oui, la nature est bien faite !
Les légumes de juin et leurs bienfaits
Les légumes-feuilles
Blette : La blette est une bonne source de vitamines A et K, renforçant la vision et la santé osseuse. Ses fibres soutiennent le transit intestinal et aident à réguler la glycémie.
Cresson : Le cresson est riche en vitamine K, soutenant la coagulation et la santé des os. Ses antioxydants aident à neutraliser les radicaux libres.
Épinard : L’épinard apporte du fer et du magnésium, aidant à réduire la fatigue et à maintenir une fonction musculaire saine. Il contient aussi des vitamines A et C, soutenant la santé de la peau et des yeux.
Laitue : Faible en calories et riche en eau, la laitue contribue à une bonne hydratation et favorise la digestion. Elle contient des vitamines A et K, qui soutiennent la santé des os et de la peau.
Les légumes-fleurs
Artichaut : Riche en fibres, l’artichaut favorise la digestion et aide à détoxifier le foie. Il contient aussi des antioxydants qui protègent les cellules.
Chou-fleur : Le chou-fleur est une source de fibres et de vitamine C, aidant à réguler le transit intestinal et à renforcer l’immunité. Ses antioxydants soutiennent la protection cellulaire.
Les légumes-fruits
Aubergine : L’aubergine est riche en fibres, facilitant le transit intestinal, et contient des antioxydants bénéfiques pour la protection des cellules. Faible en calories, elle est parfaite pour les personnes qui veulent contrôler leur poids.
Concombre : Le concombre est principalement composé d’eau, favorisant l’hydratation et la digestion. Il contient aussi de la vitamine K bénéfique pour les os.
Courgette : La courgette est hydratante, légère et facile à digérer grâce à ses fibres. Sa vitamine C aide à renforcer le système immunitaire.
Poivron : Le poivron est une excellente source de vitamine C, contribuant à la protection contre les infections et soutenant la production de collagène. Il contient aussi des antioxydants bénéfiques.
Tomate : Riche en lycopène, un antioxydant puissant, la tomate protège les cellules et soutient la santé cardiovasculaire. Elle apporte également de la vitamine C pour renforcer les défenses naturelles.
Les légumes-tiges
Asperge verte : L’asperge est une source de fibres et de folates, soutenant la digestion et la formation des cellules sanguines. Elle contient aussi des antioxydants et de la vitamine K.
Fenouil : Le fenouil est connu pour ses propriétés digestives et ses fibres qui apaisent les inconforts gastriques. Sa vitamine C aide à renforcer le système immunitaire.
Les légumes-racines ou tubercules
Carotte : La carotte est riche en bêta-carotène, bénéfique pour la vision et la peau. Elle apporte des fibres favorisant la régulation du transit.
Navet : Le navet est faible en calories et riche en vitamine C, soutenant l’immunité. Il apporte des fibres qui facilitent la digestion.
Pomme de terre : Les pommes de terre sont une source de glucides complexes, fournissant de l’énergie durable. Elles contiennent aussi du potassium et de la vitamine C.
Radis : Hydratant et faible en calories, le radis est idéal pour la digestion et apporte une dose de vitamine C pour soutenir l’immunité.
Les légumes-bulbes
Ail nouveau : L’ail est riche en composés soufrés aux propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires. Il contient aussi des vitamines et des antioxydants bénéfiques.
Oignon : L’oignon est une source d’antioxydants, comme la quercétine, qui réduit l’inflammation. Ses fibres favorisent un bon transit intestinal.
Petit oignon blanc : Doux et croquant, le petit oignon blanc est riche en vitamine C, renforçant l’immunité. Ses fibres soutiennent également la digestion.
Légumes légumineuses
Fève : Les fèves sont riches en protéines végétales et en fibres, favorisant la satiété et une bonne digestion. Elles apportent du fer et des vitamines B, soutenant la formation des globules rouges.
Petit pois : Les petits pois offrent des protéines et des fibres, contribuant à la régulation du transit et à la satiété. Ils sont également riches en vitamine C, soutenant le système immunitaire.

Les fruits de juin et leurs bienfaits
Les fruits à noyau
Abricot : L’abricot est riche en bêta-carotène, soutenant la santé de la peau et la vision. Sa teneur en fibres favorise la digestion et aide à réguler la glycémie.
Cerise : La cerise contient des antioxydants tels que les anthocyanines, qui aident à réduire l’inflammation et à protéger les cellules. Elle apporte aussi des fibres, soutenant un bon transit intestinal.
Nectarine : La nectarine est une bonne source de vitamine C et de fibres, contribuant à la santé de la peau et à la digestion. Elle est également hydratante et faible en calories.
Pêche (début de saison) : La pêche est riche en vitamine C et en antioxydants, renforçant l’immunité et la protection cellulaire. Sa haute teneur en eau et en fibres favorise l’hydratation et la digestion.
Prune : Riche en fibres et en antioxydants, la prune aide à maintenir un transit régulier et protège les cellules contre le stress oxydatif. Elle contient aussi des vitamines A et C, soutenant la santé de la peau et des yeux.
Les fruits à baies
Cassis : Le cassis est particulièrement riche en vitamine C et en antioxydants, contribuant à renforcer le système immunitaire. Sa consommation aide également à lutter contre l’inflammation et à protéger les cellules.
Fraise : La fraise est une excellente source de vitamine C, soutenant les défenses naturelles et la santé de la peau. Ses fibres aident à réguler la digestion et à stabiliser la glycémie.
Framboise : La framboise est riche en fibres et en antioxydants, soutenant la santé intestinale et la protection cellulaire. Elle est aussi faible en calories, idéale pour une collation légère.
Groseille : La groseille est une source de vitamine C et d’antioxydants, contribuant à la protection contre les radicaux libres et à l’immunité. Ses fibres aident à réguler le transit intestinal.
Mûre : La mûre contient des vitamines C et K, favorisant la santé des os et du système immunitaire. Elle est également riche en fibres, soutenant la digestion.
Myrtille : Les myrtilles sont riches en antioxydants, notamment les anthocyanines, qui aident à protéger le cerveau et à réduire l’inflammation. Elles sont également bonnes pour la santé cardiovasculaire grâce à leur teneur en fibres.
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Cuisiner la tomate, lorsqu’il existe plus de 4 000 variétés de tomates qui se classent principalement par leur calibre, leur forme, leur couleur et leur utilisation en cuisine.
La tomate est botaniquement un fruit, car elle provient de la fleur du plant de tomate et contient des pépins. Cependant, en cuisine et sur le plan nutritionnel, c’est un légume on parle de „légume-fruit” puisqu’elle est préparée dans des plats salés.
Les tomates sont une base essentielle pour de nombreuses préparations culinaires, allant des plats chauds aux salades rafraîchissantes, en passant par les sauces et les condiments. Leur polyvalence et leur saveur font d’elles un ingrédient incontournable dans la cuisine.
Les tomates sont incroyablement polyvalentes en cuisine et leur diversité les rendent incontournables dans de nombreuses cuisines.
Voici quelques-unes des utilisations les plus courantes des tomates en cuisine :
– Salades : Les tomates fraîches sont idéales pour toutes les recettes de salades composées. Qu’elles soient coupées en tranches, en dés ou utilisées entières, elles ajoutent une fraîcheur et une saveur agréable aux salades vertes, aux salades composées et aux salades de pâtes. Sauces :
– En base de nombreuses sauces, notamment la sauce tomate classique, la sauce marinara, la sauce bolognaise, la salsa et la sauce barbecue. Les tomates en conserve, comme les tomates concassées ou les tomates en dés, sont souvent utilisées pour préparer ces sauces.
– Soupes : La célèbre soupe à la tomate, la soupe aux légumes et la soupe au chili. Elles peuvent être utilisées pour créer une base riche en saveur et en couleur.
– Plats mijotés : Pour ajouter une profondeur de saveur aux plats mijotés et aux ragoûts. Les tomates apportent de l’humidité et lient les ingrédients ensemble.
– Plats principaux : Les tomates farcies, garnies de viande hachée ou de céréales.
– De plus, elles peuvent être utilisées pour garnir les pizzas, les quiches et les tartes.
– Plats d’accompagnement : Les tomates peuvent être cuites au four avec des herbes et des épices pour en faire un plat d’accompagnement savoureux. Les tomates rôties sont un excellent exemple de cette préparation. Sandwiches et wraps : Pour ajouter fraîcheur et croquant à tous vos sandwichs, burger et wraps, quelques tranches de tomates viennent sublimer tous vos pique-niques.
– Confitures et conserves : La confiture de tomates vertes ou les conserves de tomates pelées. Ces préparations permettent de profiter de la saveur des tomates tout au long de l’année.
Boissons : Les jus de tomate et les cocktails à base de tomates, comme le Bloody Mary, sont des exemples parfaits de boissons qui utilisent les tomates comme ingrédient principal et qui séduisent de nombreux palais.
La tomate
Trop timide, la tomate devient écarlate quand on lui dit qu’elle est belle.
un rien l’épate, elle se dresse sur ses pattes pour imiter les hirondelles.
Elle rêve d’avoir des ailes, s’arrondit, se gratte, se gonfle d’eau, se dilate, mais à chaque fois ça rate :
aucune plume ne pousse à son épaule tendre et douce.
La tomate échec et mat, se résigne, s’acclimate, mais sous son air ombrageux, puisque le ciel est paradis perdu,
elle mijote dans son jus d’aromates, un songe rouge et nuageux.
Charles Dobzynski (1929, Kałuszyn en Pologne, 2014 à Saint-Mandé est un écrivain et poète français). Relation avec Paul Eluard, Elsa Triolet ou encore Louis Aragon. Lauréat du prix Goncourt de la poésie en 2005.
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Les recettes du chef Alain Alexanian, quand la tomate rougit de fierté.
Voici la recette qui a toujours remplacé la pizza lors de mes journées très ensoleillées de plein été. Le basilic reste le compagnon naturel de la tomate, mais le thym‑citron lui apporte une profondeur plus sauvage et méditerranéenne. Et si vous avez un brin de livèche, il ajoutera une note de céleri très élégante. Avec ou sans invité, vous pouvez compléter cette délicieuse tartine de burrata fraîche ou d’anchois doux.
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Carpaccio de tomates à l’huile de thé et herbes fraîches. 
Vous pouvez, selon l’humeur du jour, ajouter une petite finition à votre carpaccio de tomates, par exemple quelques fraises qui vous semblent ni trop mûres ni trop sucrées, taillées très finement. Plus traditionnellement, vous pouvez opter pour quelques olives grecques, de la feta et des pétales de fleurs de bourrache. Dans une version plus contemporaine, un granité léger au thé vert Kamélya, avec ou sans hibiscus, apportera une touche de fraîcheur.
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Pétales de bœuf confites, fraises et granité « bien être » Kamélya.
Un dessert délicat, où la tomate devient un fruit à part entière. La fraise, le granité et le zeste de citron vert accompagnent merveilleusement la tomate en version sucrée. Ils révèlent sa fraîcheur végétale sans la dominer. Et si vous souhaitez aller encore plus loin, ajoutez une très fine crème montée au poivre de Timut ou quelques éclats de meringue pour apporter relief et légèreté.
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Alain Alexanian considère que la cuisine, ce que nous consommons au sens large est indissociable de la santé et
de la préservation de l’environnement. Il s’engage activement en faveur d’une cuisine responsable et d’un équilibre social. Alain cuisine pour les bonnes causes, telles que ce repas caritatif organisé en juin 2024 à Yerevan, la capitale arménienne, en collaboration avec Davy Tissot, lauréat du Bocuse d’Or. Ensemble, ils collectent des fonds afin de financer trois années d’études culinaires pour quatre jeunes passionnés au Centre d’enseignement professionnel franco-arménien, ouvert à Yerevan par la Société d’enseignement professionnel du Rhône (SEPR). De plus, le chef collabore avec l’ARPEJEH (Accompagner la réalisation des projets d’études de jeunes élèves et étudiants handicapés), une association qui œuvre en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap, de l’égalité des chances et de la diversité. Il apporte également son soutien à Team for the Planet, une organisation engagée dans la lutte contre le dérèglement climatique. Lire sur Positive Mayo
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La villa Florentine, la renaissance d’une icône lyonnaise, avec à la tête des cuisines, le Chef Henri Carlier
La Villa Florentine, c’est pour moi un souvenir marqué d’une petite flamme poétique, avec ces 48h passées en 2009, dont un service du soir en cuisine autour du Chef Davy Tissot pour observer comment on travaille avec une étoile „Michelin”, afin d’en rendre compte aux professionnels en Roumanie, mais surtout un chef qui deviendra Bocuse d’Or en 2021.

Photo de 2025 chez Bocuse, avec Davy Tissot, lors de la pose des plaques.
En 2009, la folie de l’immortalisation en pixels n’existait pas encore !
Le jeudi 30 avril 2026, la Villa Florentine, Relais & Châteaux, a ouvert un nouveau chapitre de son histoire. Après des mois de métamorphose orchestrée par l’ensemblière Joséphine Fossey, l’adresse mythique perchée sur la colline de Fourvière dévoile son visage réinventé.
Entre héritage monastique, élégance florentine et savoir-faire lyonnais, la Maison renaît sous l’impulsion de Beauvallon Collection. Plus qu’une réouverture : une invitation à redécouvrir l’une des plus belles adresses de Lyon, désormais pensée comme un lieu de vie autant que de passage.
La renaissance d’une icône
Il y a plus de quatre siècles, au lendemain du mariage d’Henri IV et Marie de Médicis, une vague d’artistes et de marchands italiens s’installe à Lyon. C’est dans ce contexte que naît, au XVIIᵉ siècle, l’édifice qui deviendra la Villa Florentine : d’abord couvent, puis foyer d’éducation, avant de se muer en hôtel emblématique.
Aujourd’hui, ce patrimoine architectural classé Monument Historique entre dans une nouvelle ère.
Acquise fin 2025 par Beauvallon, collection hôtelière familiale lyonnaise, l’établissement a fait l’objet d’une rénovation totale menée dans le respect absolu de sa structure d’origine.
Une transformation ambitieuse confiée à Joséphine Fossey, figure reconnue de l’architecture d’intérieur et de la curation artistique. Ici, elle signe une direction artistique où chaque espace dialogue avec l’héritage du lieu sans jamais s’y enfermer.
Pour redonner vie à la Villa Florentine, Joséphine Fossey s’est imprégnée de son passé, de l’atmosphère singulière qui y règne et de son emplacement exceptionnel au coeur de la colline de Fourvière.
La décoration a été pensée comme si elle avait toujours existé, s’articulant autour d’un triptyque stylistique : monacal, florentin et lyonnais.
Des refuges suspendus, entre ciel et ville La Villa Florentine dévoile 36 chambres et suites, s’étendant de 23 m² pour les Chambres Supérieures jusqu’à 128 m² pour les Suites Terrasse. Toutes – de la Chambre Deluxe à la Junior Suite, en passant par la Double Suite – ont été repensées pour incarner l’équilibre subtil entre sobriété monastique et raffinement italien.
L’espace y est traité comme un cocon : lignes épurées, volumes apaisés qui invitent naturellement au silence, lumière naturelle omniprésente. Les matériaux nobles se répondent avec élégance : pierre de Bourgogne et mosaïques signées Fabio Bordi dans les salles de bains, chêne massif pour les agencements sur mesure, soieries précieuses issues des archives de la Maison Prelle.
Chaque pièce de mobilier — bureau, tête de lit, banc, miroir — a été dessinée spécifiquement pour la Villa Florentine par l’agence Joséphine Fossey. L’inspiration ?
Le mobilier ecclésiastique revisité, les lignes florentines, une certaine idée de l’intemporalité.
L’élément central de chaque chambre : la vue
Selon l’orientation, elles ouvrent sur la ville de Lyon qui s’étend à perte de vue, sur la majesté de la colline de Fourvière, ou sur les jardins intérieurs baignés de lumière toscane. Un spectacle changeant, entre ciel et pierre, qui rappelle à chaque instant la situation unique de la Villa Florentine.
Ici, le véritable luxe tient peut-être dans cette sensation : rester suspendu entre histoire et présent, enveloppé par le calme des hauteurs et la beauté qui s’offre aux fenêtres. Une invitation à la contemplation, au temps retrouvé.
Beauvallon imagine des adresses singulières, familiales, fortement ancrées dans leur territoire, qui explorent le temps dans toutes ses dimensions, ici et maintenant.
L’authenticité des lieux, la chaleur de l’accueil, le sens de l’engagement et l’élégance naturelle du service façonnent l’identité de chaque adresse.
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Jacques Marcon et 50 chefs étoilés défendent une autre agriculture
Une balance commerciale agroalimentaire « au plus bas depuis les années 70 » a amené, début 2026, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard à s’interroger, lors du dernier Salon de l’Agriculture, sur la taille critique des exploitations en France.
En réponse à la ministre, mais surtout au projet de loi d’urgence agricole, plus de cinquante chefs étoilés ont signé une tribune dans le journal Le Monde – coécrite par Jacques Marcon et Ludovic Aventin – pour dénoncer le modèle agricole actuel et proposer des alternatives à l’approche de la présidentielle de 2027.
Infatigable défenseur du manger local et sain, Jacques Marcon est une figure bien connue du territoire. Sa dernière prise de position la coécriture d’une tribune réunissant plus de 50 chefs étoilés, avec Ludovic Aventin, fondateur de l’association Terra Hominis, spécialisée dans le financement participatif de projets agricoles et viticoles. Thierry Marx, président de l’Umih (principal syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration) fait partie des signataires.
Se posant en « défenseurs du sol et de ses produits », les signataires estiment qu’envisager un modèle plus centralisé et plus intensif, c’est « se tromper autant sur les causes que sur les solutions », ajoutant que « la compétitivité seule est un mirage ».
« Bien manger, ce n’est pas réservé à une élite. »
« Parce que notre gastronomie est née de tous ces produits du terroir, parce que bien manger doit aussi se faire dans nos cantines et nos bistrots, parce que je crois en une agriculture tournée vers le local. », écrit Jacques Marcon sur sa page Facebook.
Lors de son échange avec Zoomdici, le chef insiste sur un point : « On nous reproche parfois de parler depuis une forme d’élite parce qu’on est chefs étoilés. Mais on gère aussi des cantines scolaires, des bistrots accessibles, et on connaît très bien les problématiques de pouvoir d’achat. »
Pour lui, défendre une agriculture locale et qualitative ne signifie pas réserver les bons produits à une minorité. « Si on cuisine un peu plus, qu’on fait attention au gaspillage et qu’on travaille avec les producteurs autour de chez nous, bien manger ne coûte pas forcément beaucoup plus cher », estime-t-il.
2027 et après
Le chef appelle également à « mieux protéger les productions françaises » face à certaines formes de concurrence qu’il juge déloyales. Il cite notamment les accords de libre-échange comme le Mercosur ou les écarts de normes sociales et sanitaires entre pays européens.
« La souveraineté alimentaire, ce n’est pas seulement exporter du blé. C’est aussi être capables de produire nos fruits, nos légumes, notre alimentation du quotidien. », insiste-t-il.
Les auteurs présentent enfin la présidentielle de 2027 comme un moment décisif pour choisir un nouveau modèle agricole. Leur idée est résumée par cette formule : « La compétitivité produit des volumes sans âme, l’agriculture durable crée de véritables richesses. »
Et Jacques Marcon de conclure : « Le jour où on n’aura plus ces producteurs, on n’aura peut-être plus les produits qui font la richesse de notre cuisine. » Source
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Créer un hôtel, ce n’est pas construire un bâtiment, c’est créer une expérience d’hospitalité.
Un hôtel, c’est bien plus qu’une belle architecture et un décor inspiré. Son caractère unique, sa force et son succès résident dans l’expérience de l’hospitalité. Et cette expérience ne s’improvise pas : elle se planifie à l’avance, avec méthode et vision.
C’est précisément là que Delporte Hospitality intervient. Nous accompagnons les maîtres d’ouvrage dans la définition de leur concept d’hospitalité, avant même que l’architecte n’établisse les premiers plans. Car il n’appartient pas à l’architecte de décider de l’hospitalité d’un hôtel, ni de son organisation : il s’agit d’une réflexion stratégique, menée avec le soutien d’une équipe projet dédiée, en accord avec l’identité du lieu, le marché local, les attentes des futurs clients et les valeurs de l’exploitant.
Un rôle de consultant, de la vision à la mise en œuvre
En tant qu’assistant de gestion de projet spécialisé dans l’hôtellerie, notre rôle est d’accompagner la création d’un hôtel en définissant, avec le propriétaire et les parties prenantes, l’expérience que nous souhaitons proposer. Cette vision donne ensuite naissance à un cahier des charges structuré et précis, transmis à l’architecte, afin qu’il puisse concrétiser ce projet hôtelier.
L’architecte n’intervient pas dans le « quoi » mais dans le « comment ». Nous définissons ce que nous voulons concrétiser ; il imagine comment le rendre possible dans l’espace, par le style, les matériaux et l’ambiance.
C’est ce lien évident entre stratégie hôtelière et expression architecturale qui garantit la cohérence du projet.
Une combinaison rare d’expertise en marketing opérationnel et stratégique
Notre expérience au sein de grands groupes tels qu’Accor et Sofitel, où nous avons piloté la réflexion stratégique sur les concepts hôteliers, nous a permis d’acquérir une vision transversale de chaque élément d’un hôtel, du positionnement à l’offre de services, en passant par l’histoire racontée à travers l’architecture et l’exploitation.
Aujourd’hui, cette expertise permet de :
– Définir une hospitalité unique, ancrée dans l’histoire du lieu et la culture régionale.
– Analyser le marché local et la concurrence pour créer un projet différenciant
– Modéliser l’expérience client et élaborer un cahier des charges clair et motivant pour l’architecte.
– Garantir la cohérence opérationnelle en identifiant les incohérences invisibles susceptibles de perturber l’expérience.
Services essentiels dans les hôtels de luxe
Pour satisfaire les attentes de leurs clients, les hôtels de luxe doivent proposer des services qui vont bien au-delà de l’hébergement. Espaces bien-être, gastronomie raffinée, chambres au design exceptionnel et service personnalisé sont essentiels pour un séjour d’exception. Chacun de ces services repose sur une sélection rigoureuse de produits et d’équipements. En collaborant avec les fournisseurs adéquats et en bénéficiant de conseils en matière d’approvisionnement, les hôteliers peuvent garantir des prestations haut de gamme et une expérience client irréprochable.
L’importance de choisir des fournisseurs qui respectent la planète
Les clients des hôtels de luxe sont de plus en plus sensibles à l’impact environnemental des produits et services qu’ils consomment. En choisissant des fournisseurs écoresponsables, les hôtels peuvent répondre à ces attentes tout en contribuant à la préservation de la planète. Le conseil en approvisionnement inclut l’identification de fournisseurs responsables, permettant ainsi aux hôtels de renforcer leur engagement en faveur du développement durable et de promouvoir une hospitalité de luxe éthique et respectueuse de l’environnement.
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L’Académie des beaux-arts installe le chef étoilé Guy Savoy
L’auteur de la „Physiologie du goût”, mort en 1826, ne se doutait pas qu’il faudrait 200 ans pour que le palais de l’Institut de France accueille, au sein de l’Académie des beaux-arts, un cuisinier.
„La gastronomie est la connaissance raisonnée de tout ce qui a rapport à l’homme en tant qu’il se nourrit. Son but est de veiller à la conservation des hommes, au moyen de la meilleure nourriture possible… Il est impossible que, avant le laps de peu d’années, la gastronomie n’ait pas ses académiciens”. c’est par ce rappel, que Laurent Petitgirard secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts, débuta son discours hier.
L’élection d’un gastronome aurait dû être la conséquence de la Révolution qui apporta au monde les restaurants et les Droits de l’homme, de l’Empire qui imprima son goût à l’Europe, de la Restauration qui vit triompher Antonin Carême, le premier à être appelé „chef” par ses contemporains, mais ce mouvement fut stoppé net, quelques années après la disparition de Brillat-Savarin, avec ce qu’on appela le „Régime de Juillet”.
Et c’est avec cette phrase que GUY SAVOY répondit. „Merci à vous, que je suis désormais autorisé à appeler „Chères consœurs et Chers confrères”, en hommage à Michel David-Weill. Je le cite : „Ce mélange d’un certain apparat et d’une certaine modestie fait la grande valeur de cette institution, où l’on trouve indifféremment des professeurs éminents, des artisans et des artistes, qui partagent le souci d’agir pour la recherche et l’excellence dans tous les domaines de la vie”.

„Je considère les chefs comme des artistes, explique le secrétaire perpétuel, Laurent Petitgirard. Le restaurant de Guy est classé le meilleur du monde pour la neuvième année consécutive (par La Liste, qui distingue depuis 2015 les 1 000 meilleurs établissements). Et, en dehors de sa table extraordinaire, il possède une dimension unique, celle de porter une attention extrême à l’art et au visuel. Grâce aux œuvres prêtées par François Pinault, il a certainement la plus importante collection privée d’art contemporain.”
C’est par ces mots que termine le célèbre cuistot : „Vous aviez l’énergie de la vie, le goût du bonheur et une immense générosité pour faire connaître la beauté au plus grand nombre. Vous étiez gourmand de tout, ce qui vous place nécessairement parmi les génies, selon Maupassant, puisque celui-ci considérait que „les véritables gourmands sont rares comme les hommes de génie”. Mesdames, Messieurs je suis très impressionné et tellement heureux de n’avoir devant moi que des gourmands !
„Alors bienvenue cher Guy dans une Compagnie où vous n’avez que des amis, des admirateurs devenus des complices et qui partagent avec vous le désir de soutenir l’Art sous toutes ses formes”. Conclue le secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts.
A l’issue de la séance d’installation sous la Coupole du Palais de l’Institut de France, Monsieur Marc Ladreit de Lacharrière, lui a remis son épée d’académicien.
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Mort de Carlo Petrini, fondateur du Slow-food. Terre de demain dialogue avec le pape françois.
Ce volume représente un autre pas radical vers l’écologie intégrale et débute avec trois dialogues entre le Pape François et Carlo Petrini. Dans le climat amical et direct des trois rencontres, il en ressort une communauté de vues, la conscience de la gravité, mais également la confiance dans l’engagement quotidien et communautaire, car, comme le soutient le Pape François, il n’y a pas d’écologie sans justice, on ne peut protéger l’environnement si les rapports entre les êtres humains sont affectés par des déséquilibres économiques et culturels exaspérés. Conçus comme des étapes d’un dialogue unique et cohérent, les trois entretiens se sont tenus à des dates significatives : le premier en 2018, lorsque, par suite du tremblement de terre ayant ravagé en 2016 de nombreuses zones du centre de l’Italie, les Communautés Laudato si’, ont surgi de façon spontanée et capillaire dans toute l’Italie. Il s’agit de groupes de citoyens de n’importe quelle croyance, orientation politique, nationalité et milieu social opérant dans l’esprit de l’Encyclique et de François d’Assise. Le second dialogue se déroule en 2019, quelques mois avant le Synode Panamazzonique des Évêques des huit pays dans lesquels l’Amazonie se trouve, où l’écosystème, mais aussi les peuples indigènes qui y vivent et qui la respectent sont plus que jamais en danger. Le troisième a eu lieu pendant la pandémie mondiale provoquée par le virus de la Covid-19, lorsque l’humanité, pour reprendre les mots du souverain pontife, est « piétinée par ce virus et par tant d’autres que nous avons nous-mêmes développés. Ces virus injustes : une économie de marché sauvage, une violente injustice sociale ».
“TerraFutura”: le Pape parle d’écologie intégrale avec l’initiateur du Slow food
Plusieurs rencontres entre le Pape et Carlo Petrini, écrivain et gastronome italien, ont donné naissance à ce livre qui explore la vision bergoglienne de l’écologie intégrale.
TerraFutura. Conversations avec le Pape François sur l’écologie intégrale a été présenté ce mardi 8 septembre 2020. Son auteur, Carlo Petrini, est le fondateur du mouvement mondial « Slow Food» (restauration lente), qui a été créé dans les années 1980 pour sauvegarder les traditions culinaires régionales face au «fast food», tendance consumériste alors en pleine expansion. Ce mouvement a depuis évolué, pour adopter une approche globale de l’alimentation et du mode de vie qui reconnaît les étroites connections entre le comportement, la production et la consommation alimentaires, l’économie et la planète.
La révolution délicieuse lancée „Chez Panisse” en 1971, par Alice Waters, continuée avec le Slow-Food de Carlo Petrini et que Sarbatoarea-Gustului 2030 fait exister en Roumanie et en Espagne par l’éducation inclusive pour une alimentation durable d’une vision à 360° : Bon pour le goût, bon pour la santé, bon pour la planète !
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Soyons réalistes, demandons l’impossible et une croissance planétaire maîtrisée.
Thomas Piketty : « Le modèle de sobriété que nous proposons dessine une autre définition de la prospérité »
Un rapport sur la justice mondiale qui se veut « un plan pour l’égalité et la prospérité dans les limites planétaires » : telle est l’ambition du tout nouveau travail que publie aujourd’hui le World Inequality Lab. Deux ans d’un travail appuyé sur les recherches d’une quarantaine de spécialistes ont abouti à cette proposition de plan de transformation de l’économie mondiale, qui vise une égalité de revenus entre tous les individus de la planète, sur une terre dont le changement climatique est maîtrisé et où pratiquement tout le monde, mis à part les 2 % très riches de la planète, voit sa situation s’améliorer.
« Un grand plan utopique », comme l’a qualifié l’économiste Anmol Somanchi, coordonnateur avec Thomas Piketty, Lucas Chancel et quelques autres du document ? Il y a effectivement une part de fiction scientifique dans cet objectif de mettre fin aux inégalités mondiales sur une planète prospère et habitable à l’horizon 2100.
Mais il y a aussi un récit mondial qui propose une représentation du futur renvoyant aux progrès sociaux accomplis au cours du XXe siècle, et à des transformations des rapports de force telles que l’Histoire en a déjà connu, plutôt qu’à une planète avec des data centers en orbite pour coloniser la planète Mars au profit d’une poignée d’individus.
Que contient le plan ? A quelles conditions peut-il être réalisé ? Quel futur propose-t-il et par quels chemins ? On en parle avec l’économiste Thomas Piketty, l’un des coordonnateurs de ce riche travail.
Pourquoi avoir choisi d’écrire cette « fiction scientifique », nourrie d’objectifs quantitatifs très précis à l’horizon 2100 ?
Thomas Piketty : L’horizon 2100 est celui des scénarios climatiques en général. Si l’on veut résumer notre travail, c’est en quelque sorte « du GIEC avec des classes sociales ». Le GIEC ne modélise pas les inégalités à l’intérieur des pays, alors même qu’elles sont centrales pour comprendre l’acceptabilité des politiques climatiques : l’inégalité entre pays est prise en compte, mais de façon imparfaite.
Dans le scénario le plus coopératif analysé par le GIEC, l’Afrique subsaharienne demeure encore, en 2100, à un tiers du PIB par habitant de l’Europe. Évidemment, il est plus facile de rester sous les 2 °C ou 2,5 °C lorsqu’on suppose qu’une immense partie de la planète restera durablement trois fois moins prospère que les pays riches. À cela s’ajoutent souvent des projections démographiques inférieures aux scénarios de l’ONU et des hypothèses discutables sur les technologies de captage du carbone.
Nous avons choisi de ne jouer sur aucun de ces trois leviers. Notre objectif est de définir une trajectoire selon laquelle tous les pays convergent vers un niveau de vie comparable – autour de 5 000 euros mensuels de revenu national brut par habitant en parité de pouvoir d’achat dans le scénario de base –, et d’identifier les conditions qui permettraient d’atteindre un tel résultat.
Votre scénario suppose une réduction du temps de travail de 2 100 à 1 000 heures par an, une transformation révolutionnaire…
T. P. : Pas plus révolutionnaire que ce qui a déjà été accompli dans le passé. Au XIXe siècle, une personne active travaillait environ 3 000 heures par an. Aujourd’hui, nous sommes à 2 000 heures en moyenne mondiale, et autour de 1 500 heures en Europe. Nous proposons d’atteindre 1 000 heures en 2100. C’est une réduction importante, mais elle s’inscrit dans la continuité des évolutions historiques. Cela ne signifie pas que ce sera facile : les baisses précédentes du temps de travail ont été obtenues au prix de luttes sociales et de mobilisations collectives considérables. Mais ces baisses ont fini par s’imposer et sont désormais largement considérées comme des progrès majeurs.
La bataille culturelle et politique autour de la réduction du temps de travail doit donc être relancée. D’abord parce que le temps consacré à sa famille, à ses proches ou à ses activités personnelles améliore directement la qualité de vie. Ensuite parce que l’habitabilité de la planète exige une réduction de notre empreinte matérielle. Dans notre scénario, les pays riches voient leur revenu moyen se stabiliser autour de 5 000 euros par mois. C’est un niveau supérieur à celui observé aujourd’hui en Europe ou en Amérique du Nord, mais qui reste relativement proche des niveaux actuels, tout en permettant aux pays du Sud de rejoindre ce niveau.
Dans le scénario alternatif que nous appelons « convergence productiviste », les gains de productivité convergent également entre les pays, mais le temps de travail reste à 2 000 heures annuelles. Le revenu moyen atteindrait alors environ 10 000 euros par mois au lieu de 5 000. Sur le papier, cela paraît séduisant. Mais nous aboutissons alors à un réchauffement proche de 4,5 °C ! Notre pari consiste donc à convaincre que 5 000 euros par mois, dans un monde à + 1,8 °C, constituent une perspective préférable à 10 000 euros dans un monde à 4,5 °C.
Vous imaginez qu’en quelques décennies l’Afrique subsaharienne rattrape une grande partie de son retard en matière d’éducation, de santé et de niveau de vie. N’est-ce pas extrêmement ambitieux ?
T. P. : Les objectifs que nous fixons ne sont pas fondamentalement différents de ce qui a déjà été observé dans d’autres régions du monde. La Chine depuis les années 1980, le Japon de l’après-guerre ou encore plusieurs pays européens ont connu des trajectoires de rattrapage extrêmement rapides. Cela ne signifie évidemment pas que le succès est garanti. Mais nous savons désormais que ce type de transformation est possible dans des contextes culturels, politiques et civilisationnels très différents.
Les rendements des investissements publics dans l’éducation et la santé sont aujourd’hui particulièrement élevés dans de nombreux pays africains. Avec des dépenses par habitant parfois limitées à quelques centaines d’euros dans l’éducation et à quelques dizaines d’euros dans la santé, ces pays réussissent à améliorer l’espérance de vie, les compétences et la productivité.
Votre rapport suggère que les grandes transformations historiques surviennent souvent dans des périodes de crise. Faut-il comprendre que votre scénario suppose un choc mondial majeur ?
T. P. : Pas nécessairement, même si les crises jouent souvent un rôle d’accélérateur. Le monde a déjà été capable d’inventer des instruments totalement nouveaux à la suite de crises importantes. Après la crise financière de 2008 puis après la pandémie de Covid-19, le FMI a massivement augmenté l’émission de droits de tirage spéciaux (DTS), ce qui constitue probablement ce qui se rapproche le plus, aujourd’hui, d’une monnaie internationale. Ce mécanisme est peu connu parce qu’il est présenté comme un outil technique réservé aux banques centrales. Pourtant, il s’agit bien de création monétaire à l’échelle mondiale. Le stock total de DTS est passé de moins de 0,1 % du PIB mondial à près de 0,7 %. À l’échelle de l’économie mondiale, cela représente des montants gigantesques.
On pourrait imaginer demain des émissions équivalentes à 1 %, 2 % ou 3 % du PIB mondial afin de financer les investissements climatiques. Je pense qu’une évolution de ce type a de fortes chances de se produire. Ma crainte est plutôt inverse : que l’on se contente de la création monétaire parce que c’est la solution la plus facile politiquement. Or cela ne suffira pas. Nous avons également besoin d’outils permettant de réorienter l’investissement mondial et de changer le modèle de développement. C’est tout le sens de nos propositions en faveur de la création d’un fonds souverain mondial. Sans cela, les ressources continueront d’être orientées vers les projets jugés les plus rentables par les acteurs privés, plutôt que vers les priorités collectives.
Les crises ont un effet évident : elles rendent les problèmes plus concrets aux yeux des citoyens et des responsables politiques. La crise de 1929 a révélé les limites du capitalisme dérégulé. Celle de 2008 a conduit à repenser une partie des politiques économiques. J’aimerais que les enseignements de l’histoire suffisent à eux seuls à guider l’action collective. Mais, dans la réalité, les sociétés apprennent souvent davantage des événements qu’elles vivent directement que des leçons du passé.
Au fond, la philosophie de votre rapport n’est-elle pas de considérer que les besoins humains ont des limites ?
T. P. : Oui, c’est en partie cela. La notion de sobriété que nous défendons repose d’abord sur une réduction du temps de travail et l’égalité femmes-hommes, mais aussi sur une transformation profonde de la structure de l’économie. L’un des enseignements qui m’a le plus marqué au cours de cette recherche concerne la place des secteurs matériels. On a souvent l’impression que les économies développées se dématérialisent progressivement parce que la part de l’industrie diminue dans le PIB. Mais lorsqu’on regarde les choses en volume plutôt qu’en valeur, le constat est très différent. Entre 1970 et 2025, le poids des secteurs matériels dans le PIB mondial est resté pratiquement inchangé : autour de 53 %.
Pourquoi ? Parce que les gains de productivité ont fait baisser le prix relatif des biens manufacturés. En valeur, leur part diminue donc mécaniquement. Mais, dans le même temps, les quantités consommées continuent d’augmenter. Les prix baissent, les consommateurs achètent davantage, et les effets de saturation attendus ne se produisent pas. Or, du point de vue climatique, ce qui compte, ce sont les volumes physiques de production et de consommation, pas leur prix. C’est pourquoi nous insistons sur le fait que la réduction du poids des secteurs matériels, que nous souhaitons ramener à 35 %, ne se produira pas spontanément sous l’effet du marché. Elle suppose un choix politique explicite.
Vous identifiez un autre pilier : la forêt et l’alimentation.
T. P. : C’est un aspect souvent sous-estimé. Dans les pays du Nord, nous avons parfois l’impression que la reforestation est déjà en cours. C’est partiellement vrai en Europe, en Amérique du Nord et plus encore en Chine. Mais cette dynamique reste très largement compensée par la déforestation qui se poursuit en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et dans certaines régions d’Asie. Surtout, les forêts détruites dans les régions tropicales ont une capacité d’absorption du carbone nettement supérieure à celle des forêts qui se reconstituent dans les pays riches. C’est pourquoi nous proposons un objectif ambitieux : revenir progressivement au niveau de couverture forestière observé autour de 1900.
Cela suppose aussi une transformation des régimes alimentaires…
T. P. : Nous ne plaidons pas pour la disparition totale de la consommation de viande, mais il est difficile d’échapper à une réduction significative de la consommation de viande rouge dans les pays riches. Si l’ensemble de la population mondiale adoptait aujourd’hui les niveaux de consommation de viande observés en Europe ou en Amérique du Nord, la pression sur les terres agricoles et sur les forêts deviendrait tout simplement insoutenable.
Au fond, notre modèle de sobriété dessine une autre définition de la prospérité. Notre scénario repose sur plusieurs transformations complémentaires : la réduction du temps de travail, la diminution du poids des activités matérielles au profit de secteurs comme l’éducation et la santé, la reforestation et l’évolution des modes de consommation alimentaire. A ceux qui diront que ce scénario n’est pas réaliste, je réponds que le modèle actuel conduit simultanément à un réchauffement de 4 °C, à une fécondité qui s’effondre et à une concentration patrimoniale sans précédent.
Votre scénario vise un retour à l’équilibre des échanges internationaux. Pourquoi cet objectif est-il important ?
T. P. : L’équilibre n’est pas une obligation absolue, mais il constitue une cible souhaitable. Nous voulons éviter de reproduire les déséquilibres commerciaux et financiers qui alimentent aujourd’hui une grande partie des tensions géopolitiques. Le cas américain est particulièrement révélateur : une part importante des tensions entre les Etats-Unis et le reste du monde découle des déficits commerciaux massifs accumulés depuis plusieurs décennies. La solution passe par le développement d’une véritable monnaie internationale.
Notre scénario repose également sur une transformation structurelle : la diminution progressive du poids des activités matérielles dans l’économie mondiale. Or les services, notamment les services éducatifs ou de santé, se prêtent moins aux échanges internationaux que les biens industriels. Il est donc logique que le commerce mondial occupe une place plus réduite dans l’économie.
Nous n’annonçons pas la fin de la mondialisation, mais nous projetons une baisse progressive de la part des échanges internationaux dans le PIB mondial. Après avoir fortement augmenté pendant plusieurs décennies, cette part s’est globalement stabilisée depuis la crise de 2008. Nous pensons qu’elle pourrait progressivement passer d’environ 25 à 30 % du PIB mondial aujourd’hui à 15 ou 20 % à la fin du siècle.
Votre scénario repose en partie sur une taxation très forte des grandes fortunes. Vous évoquez des prélèvements pouvant atteindre 20 % du patrimoine des milliardaires. Comment imaginer qu’ils acceptent une telle mesure ?
T. P. : Il y a plusieurs façons de répondre à cette objection. La première consiste à rappeler que ce type de prélèvement exceptionnel a déjà existé. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays ont mis en place des taxes importantes sur les plus hauts patrimoines pour faire face à un double défi : un endettement public considérable et d’immenses besoins d’investissement. L’exemple allemand est particulièrement frappant. La Lastenausgleichsgesetz [loi sur la répartition du fardeau, NDLR] de 1952 imposait les plus grandes fortunes à hauteur de 50 %. Au Japon, le prélèvement équivalent a atteint 90 %. En France, l’impôt de solidarité nationale appliqué en 1945 comprenait un taux montant à 100 % sur les enrichissements les plus importants.
Ces mesures ont été adoptées dans des contextes où les patrimoines privés avaient déjà été fortement affectés par la guerre. Pourtant, face à l’ampleur des besoins collectifs, leur légitimité paraissait largement admise. Je pense qu’un raisonnement similaire finira par s’imposer concernant les milliardaires contemporains. A un moment donné, le contraste entre l’accumulation de fortunes gigantesques et les besoins sociaux ou environnementaux deviendra difficile à justifier politiquement.
Vous constatez déjà une évolution du débat public ?
T. P. : Oui, très clairement. Lorsque je défendais l’idée d’un impôt mondial sur le patrimoine dans Le Capital au XXIe siècle (Seuil, 2013), beaucoup considéraient cette proposition comme une utopie. Dix ans plus tard, le sujet est discuté au G20, porté par des pays comme le Brésil ou l’Afrique du Sud. On observe également des initiatives locales intéressantes. En Californie par exemple, une campagne en faveur d’une taxation exceptionnelle des grandes fortunes bénéficie d’un soutien significatif dans l’opinion.
Mais ce qui me semble le plus important n’est pas tant la taxation elle-même que la manière dont elle est présentée. L’expérience historique montre que ces mesures deviennent acceptables lorsqu’elles répondent à un besoin clairement identifié. La campagne californienne est menée principalement par des organisations du secteur de la santé. Leur discours n’est pas : « Les milliardaires sont méchants », mais : « Les hôpitaux et la santé publique ont besoin de ressources. » C’est exactement la logique que nous adoptons. La question n’est pas d’abord de savoir combien prélever aux plus riches, mais de déterminer quels investissements nous voulons financer dans l’éducation, la santé ou la transition écologique.
Le mécanisme est alors relativement simple. Si un milliardaire doit verser 5 %, 10 % ou 20 % de son patrimoine, il peut le faire sous forme de titres financiers transférés à un fonds souverain. Les actifs changent alors de propriétaire mais continuent, dans un premier temps, à être investis dans les mêmes entreprises. Ce n’est que progressivement que le fonds souverain peut réorienter les investissements vers d’autres priorités collectives. Dans nos simulations, le fonds souverain représenterait environ 10 % du capital mondial. Au total, la part du capital public remonte à environ 30 %, un niveau proche de celui observé dans les années 1970.
Vous insistez beaucoup sur la bataille intellectuelle. La bataille des idées est première ?
T. P. : Oui, parce qu’aujourd’hui cette bataille est largement déséquilibrée. Le camp que l’on pourrait qualifier de technonationaliste ou de nationaliste-extractiviste dispose d’une force de frappe intellectuelle considérable. Aux Etats-Unis, le projet porté par l’Heritage Foundation autour de Donald Trump illustre cette capacité de préparation idéologique. Ce courant politique assume une vision fondée sur la glorification de la nation, du capitalisme et de la technologie comme réponse à tous les problèmes, en rejetant toute forme de sobriété et de redistribution. On retrouve des versions de ce discours dans de nombreux pays, y compris en Europe.
Face à cela, nous avons voulu contribuer à construire un projet alternatif, fondé sur l’internationalisme, l’égalité, la démocratie et la justice sociale et environnementale. Notre ambition n’est pas de fournir un programme clé en main, mais de participer à une bataille culturelle qui nous semble aujourd’hui insuffisamment menée. Source
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Tranches de vie, après plus de trente années vécues en Roumanie ; Voyage, voyage en littérature et en pensées (VII)
Yalla !
Une soupe aux herbes sauvages…Emilie Carles
Une lecture déclic, lu dès sa parution, car acheté par hasard dans le club de livre de ma mère. Un pylône de ma construction militante, de l’écologie à l’antimilitarisme.
Paru en 1977, deux ans avant la mort de la vieille dame, il avait eu un peu de succès jusqu’à la fin des années 80 pour finalement tomber dans un oubli presque total…Ma lecture fût aussi émouvante que passionnée…
„C’est pareil pour toutes choses, ce qui paraît irréalisable pour l’heure sera une réalité demain”. Emile Carles
Biographie: Émilie Allais est née en 1900 à Val des Prés, petit village situé dans la « Vallée de la Clarée », à l’écart de bien des pollutions, au Nord-est de Briançon. Son père est paysan de montagne. Elle a 5 frères et sœurs. A quatre ans, elle perd sa mère foudroyée dans un champ. La vie n’est pas facile. Les journées d’Émilie sont doubles : aux champs et à l’école. Elle fait 7 km à pied pour aller à l’école à Briançon, car elle veut devenir institutrice. A 16 ans elle parvient à quitter sa vallée pour Paris, afin d’obtenir son diplôme. Émilie est la seule des six enfants de sa famille à poursuivre des études. A Paris elle découvre et se sent à l’aise au sein du milieu anarchiste et pacifiste de l’immédiat après-guerre. Mais déjà à 14 ans, elle s’était forgée des idées antimilitaristes, après que, ses deux frères étant partis à la guerre en 1914, lors d’une permission, l’un d’eux lui ait montré l’absurdité de ce conflit.
De retour au pays, atteinte d’une lésion tuberculeuse, elle exercera le métier d’institutrice durant quarante ans dans ses montagnes des Hautes-Alpes. Elle apprend à ses élèves la tolérance, le refus de la guerre et la fierté de leurs traditions paysannes. D’abord institutrice en remplacement en 1923 aux Gourniers de Réallon, puis à Val des Prés, Émilie devint maîtresse à l’école maternelle des Alberts, puis du Villaré en 1934, puis revient à Val des Prés en 1951 pour être nommée institutrice titulaire de l’école.
En 1927 elle rencontre Jean Carles, de onze ans son aîné, qui devient son compagnon. II est pacifiste, libertaire et libre-penseur. II va lui révéler tout ce qu’elle pensait. Avec lui, elle lutte contre l’injustice, la guerre, le racisme, le patriarcat et la soumission des femmes. Ensemble, en 1936, ils transforment la grande ferme familiale en auberge-hôtel „Les Arcades”, pour accueillir les vacanciers du Front Populaire, qui se remplit de copains et de copines anarchistes grâce aux petites annonces dans les journaux « La Patrie Humaine » et « l’En-Dehors »[1]. Le salaire d’Émilie comble souvent le déficit de l’auberge. Ils ont trois enfants : deux fils et une fille. Mais durant la guerre de 39-45, un drame immense se passe devant chez eux, à Val des Prés : leur fille „Nini”, âgée de 6 ans, est écrasée par un camion militaire. Jean, son mari, refusant de partir à la Guerre doit se cacher pour éviter d’être fusillé comme déserteur et se réfugie dans un camp de maquisards où il fait la cuisine. Par la suite, il se mobilise pour éviter que leur fils n’aille combattre durant la guerre d’Algérie ; mais épuisé, victime d’une maladie, Jean Carles meurt subitement en 1962. Il était tout son bonheur. Émilie prend sa retraite la même année.
Restée seule avec ses enfants, Émilie Carles continuera encore à se manifester pour défendre la montagne du saccage autoroutier. En 1974, elle réussit à mobiliser la population de Val des Près contre le projet d’autoroute Fos/Mer-Turin qui aboutirait à la destruction de la “Vallée de la Clarée”. Le 13 Août 1973, elle prend la tête d’une manifestation à Briançon contre ce projet. Le 27 Octobre 1976, elle organise une conférence de presse à Paris devant des représentants de ministères et des journalistes. Émilie fait grosse impression et obtient gain de cause : “la Vallée de la Clarée” sera désormais classée et on ne pourra plus dévisager ce coin unique et vivant de nature et de calme.
La vieille dame n’est pas de la race qui se lamente ou qui s’apitoie. Elle promène une force tranquille, une santé à toute épreuve, une joie même étonnante. Dans ce monde des campagnes qui ne croit qu’à Dieu et à l’autorité, elle professe féminisme, anarchisme et pacifisme. Comme ses petits-enfants, aujourd’hui. Elle n’accepte aucune fatalité, aucune soumission. Et se bat au nom d’un idéal que rien n’entamera.
« Depuis que j’étais petite fille j’avais tellement désiré devenir maîtresse d’école que j’avais eu le temps de prendre conscience de l’importance de cette mission. A mes yeux les instituteurs sont responsables de toute la société. Ce sont eux qui ouvrent l’esprit aux gosses, qui leur montrent ce qui est bien et ce qui est mal. Cette responsabilité était maintenant la mienne et je devais en assumer les conséquences. Je me sentais suffisamment courageuse et patiente pour y parvenir, parce que, quand on a des gosses avec soi, il ne suffit pas de leur apprendre à lire, à écrire et à compter, il faut aussi leur apprendre à lire entre les lignes c’est-à-dire à réfléchir et à penser par eux-mêmes, et ça, ce n’est pas toujours facile. Ce qui est essentiel, c’est qu’un enfant dans une classe, n’importe lequel, se sente aimé et considéré, qu’il sente que le maître ou la maîtresse ne le prend ni pour un numéro ni pour un polichinelle, et que tout ce qu’on lui demande, c’est pour son bien. A partir de là bien des choses peuvent se passer, mais il faut de l’amour pour y parvenir. Sans amour il vaut mieux ne pas enseigner, il vaut mieux faire un autre métier. Pour moi c’était une vocation.
Et puis, il n’y avait pas que les enfants, il y avait aussi les parents et les grands-parents. C’étaient eux qui retenaient le progrès et empêchaient les idées nouvelles de s’imposer. A cette époque-là je le pensais déjà : « Quand on a les enfants on a les parents » et c’est vrai. Ce sont les enfants qui amènent d’autres idées à l’intérieur de la famille, même si elles ne sont pas acceptées tout de suite, elles font leur chemin et peu à peu ce sont les enfants qui prennent le dessus. Il restait tant de choses à faire, tant de vieilles idées et des habitudes à mettre en l’air. Le patriarcat, le droit d’aînesse, la soumission des femmes, l’abrutissement par le travail, l’alcoolisme, les croyances, la superstition et bien d’autres encore. C’était à moi de leur apprendre tout ça, j’étais décidée à me battre si nécessaire. Déjà, je savais que je ne leur ferai jamais chanter Flotte petit drapeau ni même La Marseillaise, ce chant de guerre, je savais que je ne leur raconterai jamais des histoires à dormir debout sur les belles batailles, l’héroïsme et la sainteté. Je n’avais qu’une chose à faire, leur ouvrir l’esprit, faire en sorte qu’ils transforment leur vie pour avoir plus de bien-être et qu’ils sortent de leur isolement et de leur aliénation. C’est ça que je voulais leur apprendre, je me disais que si je pouvais prétendre avoir une influence dans ce pays, ça serait celle-là et pas une autre. »
Quelques extraits
Ce qui m’écœure le plus c’est le blablabla, cet éternel blablabla qui monte de partout : du centre, de la droite et de la gauche. Ce qu’ils veulent ces hommes, c’est gagner des voix, être élus et claironner partout qu’ils sont les meilleurs et les plus forts. Ils sont loin des intérêts véritables et des désirs profonds de ceux qui travaillent et produisent. Pour moi tous les gros, ceux que l’on appelle les gros de la politique, ne font que répéter les mêmes mots, Liberté, Égalité, Fraternité, le pire c’est que pour beaucoup de gens ça marche, ils sont tellement forts dans la démagogie que beaucoup les croient et les suivent. Pourtant je suis comme Gilles Vignault, dans sa chanson, lorsqu’il dit „Liberté vous ne m’entendez guère, Égalité vous ne m’entendez pas, Fraternité alors n’en parlons plus.”
Apprendre aux gosses à lire et à écrire est une grande chose, c’est important, mais ce n’est pas suffisant. J’avais toujours eu de l’école, de son rôle, et de celui du maître une idée plus élevée. A mes yeux c’est à l’école communale que les enfants prennent la mesure du monde et de la société, après, quels que soient leur métier, leur orientation, c’est trop tard, le pli est pris. S’il est bon tant mieux, mais s’il est mauvais il n’y a rien à faire.
Dans un pays arriéré comme ici, avec la vie que j’avais eue, ce qui me paraissait essentiel, c’était de leur ouvrir l’esprit à la vie, c’est-à-dire de faire éclater les barrières dans lesquelles, ils étaient enfermés, de leur faire comprendre que la terre était ronde, infinie et diverse et que chaque individu, qu’il soit blanc, noir ou jaune, a le droit – et le devoir – de penser, et de décider par lui-même. J’avais autant appris par la vie que par les études, c’est la raison pour laquelle je n’ai jamais pu juger mes élèves uniquement sur le résultat de leurs devoirs, mais aussi sur la manière dont ils se comportaient dans la vie de tous les jours. Par exemple, je ne leur ai jamais caché que tous autant qu’ils étaient-ils n’échapperaient pas à la réalité sociale et que, au bout du compte, ils devraient travailler pour gagner leur vie.
Les enfants, méfiez-vous des beaux parleurs, méfiez-vous des politiques. Efforcez-vous de juger par vous-même et surtout, profitez des beautés de la vie. Je me suis attaquée au patriarcat, à l’alcoolisme, au chauvinisme : ils n’avaient fait que trop de ravages.
J’ai par hasard regardé la télévision ce matin. C’était le 11 novembre et je suis tombée sur la cérémonie de remise de décorations aux anciens combattants par le Président de la République. il y avait là quelques vieillards rescapés de 14-18 qui attendaient leur médaille, en voyant ces hommes semblables à des revenants se prêter à cette mascarade je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer de rage. J’avais devant moi la représentation d’un temps que je croyais révolu. Derrière les vétérans de Verdun, venaient des visages plus jeunes, tous des héros de 45, d’Algérie et d’ailleurs, émus et fiers d’être promus dans la légion d’honneur. Invention de Napoléon ces petits rubans rouges ne sont pour moi que le symbole du sang versé par des innocents. Au lieu d’exalter le patriotisme, de faire jouer la Marseillaise „ce chant stupide” comme disait François de Closet, on ferait mieux de chanter la mémoire de ce brave louis Lecoin, le plus grand pacifiste qui par ses 52 jours de jeûne et ses lettres quotidiennes à son camarade de classe Charles de Gaulle est parvenu à obtenir un statut pour les objecteurs de conscience. Brave Louis ! je te salue comme le jour où je te vis à Bruxelles… Nous y étions allés voir le film de Claude Autant-Lara „tu ne tueras point” qui était interdit en France, cette terre de libertés… par toi, Lecoin, nous avons fait un grand pas vers la paix et nous t’en remercions mais, il reste beaucoup de choses à faire et cela je l’attends des femmes…Ce sont elles qui mettent au monde les enfants. Références
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D’un village roumain des arts majeurs à Paris, au goût d’éternité et de plénitude qu’inspirent chez chacun d’eux. Ionesco, Cioran sur le chemin des héros de Brancusi.
Mettre en lumière la „double” présence de Paris dans l’âme et dans la spiritualité roumaine. On a transféré Paris sur la terre roumaine, Bucarest étant, jusqu’à la deuxième guerre mondiale, „Le petit Paris”, non seulement pour les Roumains, mais aussi pour toute la Péninsule Balkanique. Et on a associé à la ville de Paris – notamment les Roumains qui viennent y vivre, étudier, créer etc. – l’image d’un village roumain (habituellement, celle du village natal, mais aussi du village en général, village symbole, en tant que matrice stylistique de toute la culture roumaine, populaire et savante). Un trio significatif.
Une rencontre probable des trois phénomènes en 1950

Pour ma part ces trois personnalités sont entrées bizarrement dans ma vie sans que je ne cherche le moins du monde à m’intéresser à l’une plus que l’autre ou à bien d’autres personnalités qui se trouvaient à Paris durant la période interbellique. Durant ma jeunesse, je n’étais sensible ni à la Roumanie, ni aux roumains, cet univers m’était inconnu et cette contrée me paraissait le bout du monde. Peut-être un peu perverti par cette légende que Bram Stocker lui a collée à la peau.
Alors que son ouvrage Dracula, s’apparente autant à un roman qu’à une étude ethnologique, historique, géographique ou folklorique : il décrit ainsi la Transylvanie où il n’était jamais allé. Seuls les noms auraient pu évoquer en moi des contrées mystérieuses, secrètes, exotiques. Valachie, Transylvanie, Moldavie, Transnistrie comme les monts carpatiques. Bien qu’à seulement 2000 km de la France, bizarrement cela me paraissait plus compliqué d’accès que les Etats-Unis d’Amérique, dont films et légende de l’Ouest avaient bercées mon enfance. Par la suite, les régimes communistes qui sévissaient, bien que la grande Russie exerçât une réelle fascination, la Roumanie, et peut-être aussi cette légende populaire que l’on assimilait aux gens du voyage qui débarquaient en France, ne participait pas à un goût de découverte particulier.
Comme l’attrait principal de l’internet pour ma part est le fait de pouvoir picorer dans des textes à loisir sans être obliger de parcourir les bibliothèques et se taper des tas de livres avec des longueurs ou des passages creux souvent d’inutiles habillages. Pendant longtemps je culpabilisais à ne pas terminer un livre, il me semblait que je manquais à un devoir d’honnêteté envers l’auteur ou de tricherie en disant lire un livre dont j’aurai sauté des passages. Cette culpabilité m’a abandonnée avec la toile, je peux choisir que et quoi lire en fonction des thèmes, des paragraphes pour avancer vers plus de compréhension en évitant les redondances ou les écueils par trop de personnalisation ou divagation de l’auteur.
Aussi, je reconnais télécharger de nombreux livres que je possédais dans ma bibliothèque et dont j’ai plaisir à relire des passages ou retrouver des références historiques ou philosophiques. Ce sont souvent des livres libres de droit d’accès.
Pour les autres, nous trouvons souvent les extraits qui font références pour le plus grand nombre et qui donc permet de retrouver les passages qui apportent les détails dont nous aurions oubliés la teneur ou la construction littéraire.
Si j’avais très tôt entendu parler de certains écrivains, romanciers dramaturges de l’histoire roumaine en visitant précocément en 1997, la dernière demeure de Constantin Noica à Paltinis, je ne m’étais pas plus que cela penché sur des textes spécifiques.
Quelques noms avec le qualificatif qui les définissaient le mieux eux ou leur style avaient circulé.
Cioran était considéré comme le personnage suicidaire aux sombres pensées, ce qui pour tout dire attirait ma curiosité plus que des auteurs plus célèbres dont on vantait le talent et les œuvres dans les salons de littérature.
Je gardais le doux souvenir des salons du livre de Paris dont j’avais parcouru les travées, chaque année, entre 1982 et 1988. Croisant sur les stands people les Zitrone, Chancel, de Caunes et autres vedettes que l’on voyait presque quotidiennement sur les trois chaînes de la télévision française de mon enfance. J’y ai vu un Roger Hanin, seul sur son stand à attendre de signer son livre de l’époque „L’Ours en lambeaux”, sorti en 1983.
Mais surtout j’y croisa Guy Gilbert le prêtre blouson noir dont j’avais lu tous les livres. Ce parcours de mélange de spiritualité et de fréquentation de mauvais garçons parlait toujours plus et encore mieux à l’adolescent révolté que je croyais demeurer.
Sur d’autres stands ou maisons d’éditeurs, j’ai dû y apercevoir des auteurs avec qui j’aurai voulu échanger sans pour autant jouer à la midinette de service. Ainsi, je n’ai jamais osé aborder Madame Hélène Carrère d’Encausse dont les livres sur la Russie m’avaient passionné et grandement fait évader de mon ordinaire de préado, comme si j’avais pris le transsibérien à chacune de ses apparitions. Cette grande dame dont je subodorai l’immensité du savoir derrière cette érudition tant de fois écoutée dans les émissions de télévisions telles qu’Apostrophe du lyonnais et gastronome, Bernard Pivot. Mon rendez-vous du vendredi soir était sacré. J’en apprenais plus sur la littérature et son monde d’auteurs passionnés autant que torturés, qu’en étant assis sur un banc d’école.
En Roumanie, c’est Ionesco et sa Cantatrice Chauve qui entrèrent dans ma vie d’une façon inattendue. Un ami qui avait
suivi les cours de la faculté de Théâtre et film s’était mis dans l’idée de jouer la pièce en Français à l’Institut Français. Il lui manquait le rôle du pompier, ne trouvant personne, il aborda le sujet vaguement une première fois, puis, une deuxième, jusqu’à ce que je réponde que je voulais bien essayer, dans un premier temps, d’appréhender un peu le texte. Lorsque je m’aperçus qu’il y avait un tunnel à apprendre par cœur „Le Rhume”, je regrettai presque mon engagement. Mais bon, un défi à mon histoire ne pourra être que bénéfique. C’est ainsi, qu’après plusieurs mois de répétition je me retrouvai à jouer la première devant Marie-France Ionesco, la fille de l’auteur qui trouva que ma prestation avait été appréciable.
Ionesco en 1961 : „L’utilité de l’inutile” ; „Je n’ai jamais été hostile qu’à la bêtise et à la violation des droits de l’homme”.
Comme je crois au signe du destin, ma venue l’année de la disparition de Cioran à 6 mois d’intervalle était pour moi comme un présage à ma destinée. Ce que j’avais oui dire de lui et de ses écrits me taraudait depuis longtemps et plus le temps passait et plus je me reconnaissais autant dans son nihilisme, dans ce non-désir de reconnaissance et dans cette absence de goût pour les honneurs en fuyant toute cette futilité de la vie entre humains, alors que la plupart vivent tels des morts vivants inconscients.
Et ce qui m’aida avec délectation, c’est ce qu’avait déclaré Cioran à propos de sa propre appréhension quant à l’acte de manger. Ainsi ma lettre mensuelle fut nommée „Cioran dans la cuisine de Lucullus„, pour mettre l’animal qu’il se disait être et comme je le crois se comportent encore de nombreux roumains aujourd’hui face à la nourriture. Des victimes inconscientes de la surconsommation de produits junk-food qui témoignent toujours d’un manque de culture. Lucullus pour la signature couverture que m’avait attribuée le premier rédacteur de la revue Regard, pour la rubrique gastronomique de la revue que je commettais chaque mois.
Parce que l’exigence gastronomique à la Lucullus parle de langue de bœuf que les Roumains connaissent et le foie gras que l’on servait dans les meilleurs établissements entre Bucarest et Predeal durant l’entre-deux guerres.
Lucullus signifiant pareillement l’exigence et le raffinement dans les arts culinaires.
Si Brancusi ne m’était pas inconnu, on entend forcément parler de sa colonne sans fin, de ses têtes, et de ses œuvres qui font parfois la une des journaux dans le milieu des arts quant aux records battus lors d’enchères notamment à New-York.
Mais cette dernière semaine, ma visite à Targu Jiu et sa maison de naissance à Hobita fut une véritable révélation. Aussi, bien que Constantin Brâncuși n’ait pas réalisé d’art religieux traditionnel, sa spiritualité profonde et son œuvre ont été directement nourries par la théologie orthodoxe, la mystique chrétienne et l’art populaire roumain.
Son approche de la sculpture s’apparente à une quête spirituelle universelle inspirée par les enseignements du Christ.
L’influence de Jésus-Christ et de la spiritualité chrétienne dans son travail se manifeste sous plusieurs aspects :
Les Évangiles et l’Androgyne : Dans certaines de ses créations (comme Le Premier Cri ou le cycle sur Ève), Brâncuși fusionne les esprits masculin et féminin en un seul corps. Selon certains spécialistes, cette vision trouve son inspiration dans les Évangiles apocryphes (notamment l’Évangile de Thomas) et l’idée chrétienne originelle du dépassement de la dualité, souvent résumée par : „L’Ève est le Christ et le Christ est l’Ève”.
Le Roi des Rois : Sa célèbre sculpture en chêne Le Roi des Rois (1938) était à l’origine destinée à être le pilier central de son „Temple de la méditation”. Cette œuvre majestueuse illustre sa fascination pour le divin, l’absolu et la transcendance, des concepts qui étaient au cœur de sa relation intime avec Dieu.
La notion de Sacrifice et la Pierre angulaire : Tout comme le Christ est devenu, dans les textes sacrés, la „pierre rejetée” devenue „pierre angulaire”, Brâncuși considérait que la matière brute contenait une âme. Il cherchait à libérer cet esprit intérieur à travers la simplicité, la pureté et le dépouillement.
Un art comme prière : Profondément croyant, l’artiste voyait dans son art une forme de prière matérialisée. À la fin de sa vie, ne souhaitant pas aller à l’hôpital, il a demandé à ce que son lit et ses sculptures soient installés ensemble dans son atelier, déclarant qu’il attendait Dieu.

Ainsi, de Prislop à Hobita, puis à Horezu, j’ai suivi un itinéraire qui relie les racines roumaines à l’universalité. À travers le „Chemin des Héros”, Brâncuși montre comment une culture locale peut porter un message compris partout dans le monde. Ce périple d’une seule journée fut presque une retraite spirituelle d’une intensité rarement ressenti lors de mes voyages en Roumanie, à ce jour.
Pour ma part, cette trinité de personnalités, est une constante qui me renvoie à mes propres questionnements, mes amusements ou mes quêtes. Pataphysique, désenchantement et humanité.
Aussi, en cette même période voilà qu’apparaît une encyclique de Leon XIV, Magnifica Humanitas, représentée par une voie de l’homme universel, la pierre éternelle vue par Brancusi.
La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble. Chaque génération reçoit en héritage la tâche de façonner son époque : faire mûrir l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée, la justice promue et la fraternité rendue possible. Mais sur chaque époque pèse le risque de construire un monde inhumain et plus injuste. Là où l’humanité court le danger de perdre son visage, nous, chrétiens, nous levons les yeux vers le Dieu qui s’est fait chair, sachant que „le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné”. Cette magnifique humanité devient en Jésus-Christ le Chemin, la Vérité et la Vie, ouvrant à chacun de nous la voie vers la plénitude.
Le chant de l’espérance : le Magnificat
- Le quatrième point de ce programme de vie chrétienne, après la foi qui contemple le dessein d’amour du Père, la charité qui nous unit en un unique corps ecclésial et l’espérance qui soutient notre action dans le monde, est la prière. Le chant de Marie accompagne notre engagement. Devant Élisabeth qui lui annonce qu’elle est devenue la mère du Seigneur, Marie laisse éclater un hymne de louange et de joie. Son âme magnifie le Seigneur et son esprit exulte en Dieu son Sauveur, car Il a choisi pour son dessein de salut une jeune fille, pauvre et humble. Soudain, Marie voit toute l’histoire à travers le prisme de cette découverte. Rien n’a changé autour d’elle : la situation socio-politique de son époque reste la même, avec les Romains qui dominent sa terre et son peuple divisé et humilié. Et pourtant, tout a changé en elle, ce qui lui permet de voir l’invisible. Dieu a déjà déployé la puissance de son bras, il a déjà dispersé les superbes, renversé les puissants, élevé les humbles, comblé de biens ceux qui ont faim et renvoyé les riches les mains vides. Il a déjà secouru Israël, son serviteur. Dieu « se range du côté des derniers. Il possède un projet qui est souvent caché sous l’apparence terne des événements humains, qui voient triompher “les superbes, les puissants et les riches”. Et pourtant, sa force secrète est destinée à se révéler à la fin ».
- La Vierge Marie non seulement nous apprend à voir l’œuvre invisible de Dieu, mais elle dirige aussi notre regard « sur les points de fracture de l’humanité, là où se produit la distorsion du monde, dans le contraste entre les humbles et les puissants, entre les pauvres et les riches, entre les repus et les affamés », en nous apprenant « à adopter un point de vue différent pour regarder le monde à partir du bas, avec les yeux de ceux qui souffrent, et non avec le regard des grands ; pour regarder l’histoire avec les yeux des petits et non avec la perspective des puissants ; pour interpréter les événements de l’histoire du point de vue de la veuve, de l’orphelin, de l’étranger, de l’enfant blessé, de l’exilé, du fugitif ». Ainsi, la Vierge devient « poétesse et prophétesse de la rédemption », car de ses lèvres jaillit « l’hymne le plus puissant et le plus novateur qui ait jamais été prononcé, le Magnificat ; c’est elle qui révèle le dessein transformateur de l’économie chrétienne, le résultat historique et social qui tire encore aujourd’hui du christianisme son origine et sa force ».
- Avec la même foi que Marie, devenons des tisseurs d’espérance dans notre monde, en partageant ce que nous sommes et ce que nous avons, afin que la présence de Jésus grandisse au milieu de nous et que son Royaume prenne forme. Dans l’humble fidélité de chaque jour, l’ère de l’IA peut elle aussi devenir un passage par lequel l’Esprit fait mûrir la civilisation de l’amour dans notre vie. Le Seigneur continue de faire toutes choses nouvelles et maintient ouverte, pour chaque époque, la possibilité de devenir une histoire de salut à la lumière de l’Incarnation. Je confie ce désir à la Mère du Christ, la femme du Magnificat, pour qu’elle accompagne nos pas dans ce présent en mutation et garde en chacun de nous la confiance en l’Évangile, afin que nous puissions témoigner de la beauté d’une magnifique humanité habitée par Dieu.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 15 mai de l’année 2026, la deuxième de mon Pontificat.
De l’influence…et des mortels
L’influenceur d’hier sera aussi celui de demain et n’aura toujours pas besoin de l’IA. Léon XIV est devenu un acteur central du monde numérique, tout comme Brancusi avec son avenue des héros, les successeurs de celui qui cumule 2.6 milliards de followers.
✒️ Léon XIV est le néo missionnaire 2.0 : Il a officialisé le rôle des „missionnaires du numérique” en invitant des centaines de créateurs de contenu catholiques au Vatican pour promouvoir un message d’espoir.
Pour donner de l’écho aux questions éthiques, il a publié des encycliques mettant en garde contre les dérives de l’intelligence artificielle et l’importance de préserver un humanisme chrétien.
Cet humanisme chrétien, ce bon sens paysan que Brancusi avait incarné avec sa composition d’une valeur universelle exceptionnelle, cet axe conceptuel de 1.5 Km, matérialisé par l’avenue des Héros et ponctué dans son secteur médian par l’église préexistante des Saints-Apôtres-Pierre-et-Paul. L’ensemble monumental comprend la Colonne sans fin, située dans le parc de la Colonne, ainsi que la Table du silence, la Porte du baiser, et les bancs et les sièges en forme de sablier cubique de l’Allée des chaises.
Révolutionner la sculpture comme il est aujourd’hui nécessaire et urgent de revoir comment les humains interactionnent sur terre, lestés de leurs orgueils et de leurs besoins de notoriété dans une société du spectable courant de guerres en guerres pour de vains espoirs de conquêtes surranées.
Personne, ni même le pape peut être considéré comme l’égal de Jésus, le Fils de Dieu ou de la création. Les humains, riches ou pauvres, ne sont que des serviteurs au service du vivant et de l’espérance pour que demain soit, que la terre perdure et chaque être vivant s’épanouisse dans un monde possiblement apaisé de labeur juste et nécessaire loin des superflus et d’une ostentation qui détruit les visions d’avenir.

Parmis les défis à plus ou moins long terme pour l’humanité, la gestion du bien commun concerne principalement les cadres de vie des uns et des autres, entre urbanité et ruralité où, les nouveaux aménagements sociétaux dans le contexte d’une croissance maîtrisée devront sans doute pouvoir se régenter par une politique de planification fondée sur les valeurs d’universalité et de poésie de lumières dans un nouveau millénaire d’humanoïdes associés et contentés. L’expérience comme l’intelligence collective seront les atouts de changements profonds et visionnaires. Se dégage l’idée pour de nombreuses personnes à travers de nombreuses sociétés et associations à missions, que le progrès authentique tiendra dans la conscience assimilée d’une réalisation commune plus que dans la matérialisation croissante des sociétés.

♾️ Quoi ? L’éternité. La rédemption par la pitié que nous enseignent nos tares, la nausée du bonheur, l’impératif absolu d’être en conformité avec la plus exigeante idée de soi et l’honneur de servir.

























